Journée mondiale de l’environnement (5 juin) oblige, quittons un temps les sables mouvants de la politique malgache pour un sujet plus digne : l’environnement dans la Grande Ile. Quand on parle d’environnement à Madagascar, deux mots s’imposent depuis des décennies : doro-tanety (feu de brousse) et babakoto (lémurien). Pour l’étranger et le touriste, Madagascar est donc le pays dans lequel on vient contempler les lémuriens avant qu’ils ne brûlent dans les forêts. Ce serait sans doute aller bien vite en besogne : Madagascar est d’abord le pays dans lequel vit le (ou la) Malgache, espèce certainement en danger (surtout depuis la crise), mais sans être encore en voie de disparition. Du moins, espérons-le physiquement, car culturellement on ne sait plus trop si le Malgache authentique n’est pas déjà en train de disparaitre de manière irréversible.
« Nous n’avons pas de palace mais notre nature est cinq étoiles » proclamait fièrement le slogan commercial d’Air Madagascar il y a quelques années. Dans une ile connue pour sa faune et sa flore endémiques, il est vrai que tout peut être ramené à l’environnement : même la classe politique se caractérise par ces drôles de zèbres que sont les dinosaures, les rapaces, les crabes dans un panier, ainsi que les faucons (sans oublier les vrais). Et surtout, les fameuses écrevisses marbrées « foza orana », spécificité de la crise 2009, et dont la sociologie est étudiée de mani`re succulente par le blogueur Nj.
L’objectif d’une approche de développement durable est de faciliter l’intégration des activités économiques dans un cadre respectueux de l’environnement. Objectif : une exploitation rationnelle des ressources naturelles par les générations actuelles, afin qu’elle n’hypothèque pas la possibilité pour les générations futures de le faire également. Considéré cela, il est peut être au moins tout aussi pertinent de s’occuper de la sauvegarde du Malgache, que de celle de l’Adansonia digitata (baobab), du Furcifer pardalis (caméléon), de l’Eulemur fulvus (lémurien), du Tachybaptus rufolavatus (Vivin’Alaotra) ou du Xylocarpus granatum (arbre de mangrove). Ne nous privons pas du plaisir de citer ces délicieuses paroles chantées par Samoela (Hihira indray) :
Jereo Zanahary, ’reto dimby sy fara
Mba ahita ny sahaza sy anjara
Fa tsy sanatrian’izany ’reto gidro sy ny ala
’Reo ndray no tsara karakara (1)
MADE IN VAZAHA
Depuis plusieurs années, les scientifiques et les bonnes consciences de l’humanité ne cessent d’alerter sur la dégradation de l’environnement. Après le film de Al Gore « la vérité qui dérange » sorti en 2006 et qui lui a valu le prix Nobel de la Paix en 2007, l’évènement médiatique mondial de la fin de semaine dernière a été le lancement du superbe film « Home » par Yann Arthus-Bertrand. Produit par Luc Besson et soutenu financièrement par l’industriel François-Henri Pinault (qui a mis 13 millions d’euros dans le projet), ce film alerte sur les conséquences irréversibles qui risquent d’arriver à la planète si des actions drastiques ne sont pas prises. Sont interpellés les Gouvernements, les agriculteurs, les industriels, mais aussi les citoyens. Comment nourrir la planète et faire face à la croissance démographique, en se passant des engrais chimiques pourtant nécessaires à une agriculture intensive ? Comment limiter les besoins en pétrole, produit qui se raréfie alors que le modèle économique de notre société contemporaine est fortement basé dessus ? Quels gestes quotidiens pouvons-nous faire pour contribuer à sauvegarder la planète ? Mais aussi, comment concilier la réponse aux besoins de l’humanité avec les préoccupations de santé publique ?
Depuis des années, les méfaits de l’industrie chinoise dans les jouets, les meubles, les dentifrices contrefaits, les chaussures cancérigènes ou le lait toxique défrayent la chronique. Les autorités sanitaires malgaches ont-elles pris des dispositions pour s’assurer que les produits (contrefaits ou non) qui transitent par les douanes sont exempts de danger, vu le pourcentage de produits chinois sur le marché ? Car on craint que les autorités laissent faire, faute d’information, de formation, de moyens, et de lassitude face aux amitiés entre importateurs et douaniers. Chaussures cancérigènes ? « Zara aza izy mikiraro… » Lait contaminé ? « Zara aza izy misotro ronono… » Jouets toxiques ? « Zara aza izy afaka milalao ». Et ainsi de suite. De quoi devrait-on se plaindre, alors que grâce à ces braves chinois qui inondent le monde de leurs produits, les classes moyennes et défavorisées peuvent se chausser, se nourrir, se brosser les dents et s’amuser à bon marché ? Nous recommandons fortement la lecture de cet excellent dossier de Geoges Dupuy (l’Express) intitulé « Les ratés du made in China ».
Au-delà de ses contraintes, le sous-développement de Madagascar devrait être saisi comme une chance et une opportunité dans certains domaines. Nous avons un retard technologique à rattraper, et nous avons le privilège de pouvoir apprendre des échecs ou des erreurs des autres pays. On peut donc éviter de passer par les étapes progressives qui sont autant d’errements, et aller directement à la solution qui est à l’heure actuelle connue comme celle présentant le moins d’inconvénients. Qu’est-ce qui empêcherait Madagascar de protéger les générations actuelles et futures en décidant d’interdire les produits prouvés néfastes ailleurs, au lieu de toujours considérer que ce qui est made in vazaha est toujours du pain béni. Que ce soit (exemples parmi tant d’autres) les téléphones bon marché à radiations supérieures aux normes, ou le chocolat utilisant de l’huile de palme saturée. On peut utiliser les technologies modernes du web 2.0 pour partager les bons tuyaux, comme le font les occidentaux pour leur consommation alimentaire. Mais il est vrai qu’apprendre des erreurs des autres est un vœu pieu, quand déjà nous ne savons même pas apprendre de nos propres erreurs à nous Malgaches.
Alors que les multinationales et les médias s’associent ailleurs pour des campagnes d’éducation, à Madagascar il n’y a pas de campagne pour apprendre aux ménages à avoir les bons gestes écologiques. Alors que le solaire présente de plus en plus d’avantage, la JIRAMA se complait encore fièrement (et stupidement) dans l’implantation de centrales au fuel lourd. Alors que le monde entier se lance dans l’organisation du tri des ordures et de leur recyclage, nous continuons à tout jeter dans le même sac. Quelques timides actions de recyclage sont cependant en cours (souvent rien que pour du compost), mais sans aucune mesure avec la quantité à traiter. D’ailleurs, selon un expert, il serait inutile de transformer toutes les ordures en compost, dont la production deviendrait alors excédentaire par rapport aux besoins. Pendant ce temps donc, batteries, composants électroniques, piles usagées, sachets, bouteilles, boites de conserves, papiers et autres détritus s’emmêlent en héritage pour les générations futures. D’ailleurs, à quoi cela servirait-il de trier les déchets ménagers, quand par exemple à Antananarivo, la municipalité n’arrive même pas à ramasser régulièrement les ordures et les laisse souvent en amas puants plusieurs jours avant de se décider, et ce depuis que le TGV a été élu à sa tête en 2008.
Prenons l’exemple d’un déchet classique, le sac en plastique. Il est rageant de voir ces milliers de sachets qui jonchent les terrains vagues dans certains endroits des environs d’Antananarivo. Le Rwanda est souvent cité en exemple dans sa politique volontariste pour s’attaquer à ce fléau. Ainsi, le touriste qui arrive aux frontières rwandaises doit systématiquement abandonner ses sachets. Les supermarchés ne servent plus que dans des cartons ou des sacs en papiers etc. Faute de conscience de la population, faute de volonté de la part des dirigeants, mais aussi faute de solution alternative, Madagascar en est encore à user et abuser des sacs plastiques. Un sac plastique met entre 100 et 1000 ans pour se dégrader, une canette en aluminium 100 ans, une carte téléphonique 1000 ans, une bouteille en verre 4000 ans : ces chiffres (et bien d’autres encore) sont effrayants.
Le sujet de la forêt est un autre sujet épineux à Madagascar. On empêche les paysans de pratiquer la culture sur brûlis, et de se livrer à des déforestations pour gagner les quelques mètres carrés de terres arables nécessaires pour faire face à la croissance démographique. Soit. Mais que leur offre-t-on comme solutions alternatives pour le bois de chauffe, ou comme incitation à la reforestation ? Quelle valeur lointaine peut avoir la couche d’ozone dans l’esprit d’un habitant du monde rural, quand sa préoccupation vitale et immédiate est de trouver un arbre pour construire sa case et des branches pour cuire son repas ? Ou pour un artisan du pays zafimaniry qui n’a que ses sculptures pour vivre. « Resaka foana, izany couche d’ozone, ho an’ny olona noana » chantait il y a quelques années Rossy, artiste de génie avant qu’il ne se fourvoye à jouer les Che Guevara des bas-quartiers d’Antananarivo.
Enfin, dans le monde développé, les hommes se préoccupent de nutrition et de l’impact des produits chimiques de la vie quotidienne sur notre santé. On essaie de « manger bio », on fait attention à la composition des produits que l’on mange, on traque le paraben dans les produits cosmétiques, on refuse de manger des produits avec des graisses saturées, on privilégie l’huile de pépin de raisin. Les stabilisateurs, conservateurs, colorants alimentaires, émulsifiants, épaississants ont permis de grandes avancées économiques pour les entreprises : produire plus, conserver plus longtemps, donner un goût et des couleurs plus attirantes. Mais pour le consommateur, tout ceci a un prix : ces progrès techniques donnent souvent un cancer. Nous vous suggérons la lecture de ces conseils pour apprendre à lire une étiquette. Car ce n’est pas demain la veille qu’à Madagascar le pouvoir public se préoccupera d’informer la population de la qualité de son assiette, ce qui est d’ailleurs une gageure quand l’assiette elle-même n’est pas toujours régulière. Pour beaucoup de Malgaches, on mange d’abord ce qu’on trouve, et manger sain devient un luxe. La question des additifs alimentaires ne concerne donc pas vraiment les populations défavorisées, mais plutôt les clients des grandes surfaces et des grosses épiceries. Pour une fois, le mieux est l’ennemi du bien.
LE SCANDALE DU KERE
Concernant l’eau potable et l’irrigation, le drame des kere (famines) cycliques dans le Sud devrait être porté au passif de tous les Gouvernements qui se sont succédés depuis 1960, et qui ne se sont pas donnés les moyens d’une solution. Les 60 millions de dollars investis dans un avion présidentiel qui servait les intérêts de 25 passagers auraient sans doute pu trouver une meilleure utilisation dans la recherche d’une solution à ce problème récurrent. Combien de puits aurait-on pu construire ? Combien de pipe-lines aurait-on pu mettre en place ? Une usine de dessalement de l’eau de mer n’aurait-elle pas pu être envisagée, comme ce qui se fait dans le Maghreb et le Moyen-Orient ? Il est déplorable qu’on ne parle de l’Androy que pour son kere, ses voleurs de zébus, ou des Antandroy que Monja Jaona a fait venir par camions entiers pour lapider les manifestants le 10 aout 1991 à coups de frondes.
Alors que le Système d’alerte précoce donnait depuis 2008 des motifs d’inquiétude, certains n’ont rien trouvé de mieux que de provoquer un coup d’État, amenuisant ainsi la capacité de réponse tant du coté malgache que de la communauté internationale. Certes, pour se donner bonne conscience et tenter (en vain) de rétablir une image négative depuis la crise, la France a joué à la Nation grande, riche et généreuse en apportant une aide humanitaire conséquente de deux millions d’euros la semaine dernière, ainsi que le Maroc. Mais combien de temps perdu depuis Janvier, et combien de vies en péril. Cependant l’argent n’est pas perdu pour tout le monde : grâce à cette manne financière qui permettra à son Gouvernement d’agir, Monja Roindefo pourra se présenter comme l’homme providentiel auprès des populations de sa région d’origine. Toujours utile, dans la perspective des élections présidentielles, surtout pour tenter de battre son record de 21 voix en 2006 (2).
La situation du ministère de l’Environnement est d’ailleurs symptomatique de nos errements environnementaux depuis des années. C’est un des plus petits budgets du Gouvernement, et est quelquefois balloté pour être adjoint à un autre ministère jugé plus utile ou important (tel que agriculture ou même tourisme). En fait il sert juste de strapontin dans le partage des sièges et d’attrape-bailleurs de fonds. Notre pays nécessiterait un Ministère d’État au développement durable, qui chapeauterait l’économie, l’industrie, l’éducation, la santé et l’agriculture. Revin-gadra ? Comment alors s’étonner que nous soyons toujours à la traîne (comme souvent partout, sauf quand il s’agit de provoquer des crises politiques) dans notre capacité à développer une vision cohérente et pérenne, qu’il s’agisse de développer une agriculture productive mais biologiquement acceptable, de réfléchir à des solutions alternatives à proposer aux paysans pour concilier culture et forêts, de forcer les industriels à avoir des gestes écologiques, d’engager une politique de tri et de recyclages des déchets, ou encore de tenter de résoudre la question de sécheresse dans le Sud.
En matière de gestion et de protection de l’environnement (entre autres sujets), on ne peut pas attendre grand chose des responsables de ce pouvoir de transition, dont les préoccupations vitales et immédiates sont la sauvegarde de leurs sièges, la diabolisation de Marc Ravalomanana, le « recyclage » des stocks du groupe Tiko par voie de perquisition , et surtout, la victoire aux prochaines élections à n’importe quel prix. Il faut des hommes d’État pour penser à la prochaine génération, et par définition il n’y a pas d’homme d’État qui fait de coup d’État. A priori, les hommes de la transition ne le sont donc pas. CQFD. On espère donc que le prochain pouvoir qui sera élu démocratiquement se penche sérieusement sur la question du développement durable, avec la volonté, la capacité et le budget adéquat pour faire de nous les acteurs de notre avenir, et non plus comme toujours, de simples spectateurs. Mais en attendant, en matière de politique environnementale sérieuse comme dans d’autres domaines, et ainsi que le disait le forumiste Nono, au pays du moramora, les horloges sont arrêtées.
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Notes
(1) Mon Dieu, prenez soin de notre descendance / Qu’ils puissent avoir ce qui leur convient / Pour que ce ne soient pas les singes et les forêts / Qui soient bien mieux préservés
(2) Nous avions écrit 40 dans un précédent article. Il semble que c’était une erreur.
Tout à fait d’accord.
Mais c’est au niveau même de la mentalité gasy qu’il y a un problème.Pauvreté oblige,manque d’éducation ou tout simplement paresse?
Comment par tranogasy — 7 juin 2009 @ 3:26 |
Bonjour Tranogasy.
Il y avait un commentaire la semaine dernière qui disait assez justement qu’à Madagascar, on se réfugie souvent derrière l’argument des caisses vides pour cacher les têtes vides.
Comment par Ndimby A. — 7 juin 2009 @ 4:55 |
Superbe article Ndimby.
Les questions environnementales devraient faire partie des préoccupations quotidiennes des citoyens.
Tu as fait le tour dans ton article, mais j’insisterais peut-être un peu plus sur deux points :
1/ La maîtrise de la filière des déchets ménagers devraient être une priorité pour les responsables communaux, pas seulement pour les grandes villes, mais pour toutes les agglomérations, villages et hameaux, quelque soit leur taille.
2/ La pollution de l’air à Tana, par les véhicules auto. Si ma mémoire est bonne, les mesures faites par l’ISTN il y a quelques années avait montré que Tana serait une des villes les plus polluées du monde. Et pourtant lors des visites techniques, si on devait utiliser l’appareil de contrôle des rejets, il semblerait qu’une grande partie des véhicules de Tana ne sera plus autorisée à circuler.
Et petite touche d’humour zoologique pour terminer. Dans le contexte actuel, avec ce président d’opérette qu’on a avec la HAT, je vous demande : “Le roi des singes, est-il roi ou est-il singe ?”
Comment par Citoyenne Malgache — 7 juin 2009 @ 6:45 |
Tena marina ilay fanadihadinao.NY tena olan’ny malagasy anie dia ny tsy fahalalana e! Io no tena manahirana na amin’ny lafiny politika na ekonomika sns… Ary ny tena mampalahelo dia na dia ireo manana ny ampy entina mandrato fahalalana aza dia tena bado. Haka ohatra aho ilay ramatoa tao anaty 4×4 manary hoditra letchi eo amin’ny arabe. Vao haingana aho no nilazan’ny olona iray fa ao ambadiky ny raharaha politika amin’izao fotoana izao ireo mpanam-bola “Agro alimentaire frantsay” satria manelingelina ny ecoulement an’ireo produit de basse qualite aty amintsika ny firme tiko.Tsy dia mahagaga izany rehefa fantatsika fa saika n’ny frantsay avokoa anie ny entan’ny grande surface rehefa tsy sinoa e!Teo aloha mba nisy Magro mivarotra vita gasy azo antoka fa izao dia tena mihinana ny tsy fihinana mihintsy.Firy amin’ny malagasy no mahazo izay voasoratra amin’ireny boati-mbazaha ireny fa dia mihinana am-bolony fotsiny.Tsy kisendrasendra anie ny nahamay ny magro saika eran’i Madagasikara e! Mody hoe hatezeram-bahoaka fa tena efa nomanina mihintsy ireny mba hanalemena ny herin-dRavalomanana sady hanpotehana izay mety afaka mamboatra produit vita gasy dia miditra ho azy ny an’ny frantsay, mody hoe avy amin’ny arabo e! Maroc e! fa ireo angaha mamboly tsy mivelona amin’ny petrol? Vokatra frantsay ireo fa mody ahodinkodina eo mba tsy ho hita miharihary ilay tena fototry ny olana eto Madagasikara dia i Frantsa izay nanakarama an-dRajoelina. Jereo ange ny fivorian’ny parlemanta frantsay mikasika an’i Madagasikara e! Dia rariny ve raha i Frantsa no hanery ny malagasy hoe tsy mahazo milatsaka i Ravalomanana.Dia rariny ve raha ny frantsay no mitady “3eme homme” atao president eto Madagasikara. Dia rariny ve raha i Frantsa no ndeha hikarakara ny tafika malagasy mba hahatanteraka izany tetik’ady izany.Malahelo anao aho ry Taniko. Malahelo anao aho ry Malagasy fa vidin’ny frantsay amin’izay vola kely ny sasany dia mivarotra ny tanindrazana
Comment par ndrina — 7 juin 2009 @ 8:25 |
@ Citoyenne
Merci.
Quant à votre question sur le roi des singes, je vous répondrai cette maxime populaire en Cote d’Ivoire. Le premier “gaou” n’est pas “gaou”, c’est deuxième “gaou” qui est “gnata”… Le premier des imbéciles n’est pas un imbécile.
Comment par Ndimby A. — 7 juin 2009 @ 9:20 |
A croire que Madagasikara n’est qu’un pays d’oiseaux, il faut alors admettre que le perroquet est le meilleur…
Comment par Alidera A.R — 8 juin 2009 @ 2:19 |
Il faut bien des perroquets pour que les vipères crachent leur venin et les hyènes leur fiel
Comment par Ndimby A. — 8 juin 2009 @ 2:24 |
Bonjour Ndimby,
Un papier tourné vers l’avenir … je ne peux qu’y souscrire.
Pour répondre à certains – mais c’est une idée répandue – non, l’écologie n’est pas une préoccupation de riche. Ce serait se résigner à une certaine facilité etun manque d’ambition qui limiteraient nos enjeux de développement à de seuls enjeux de survie…
Par ailleurs, je voudrais rappeler le thème seul de l’écologie n’est plus le coeur des enjeux de demain. Ndimby a rappelé le concept de développement durable, paradigme qui englobe de manière plus générale à la fois l’écologie, l’entreprise socialement responsable, l’économie sociale, la priorité au développement humain.
La crise financière actuelle met d’ailleurs en lumière de nouvelles préoccupations des opinions et de fait des pouvoirs politiques (le succès de génération écologie en france, lors des européennes d’hier, va dans ce sens) : les modèles de consommation et de production – et donc de développement – sont profondémment à revoir.
De la même manière, il est frappant de lire sous cet éclairage les orientations stratégiques de la Banque Mondiale et de son programme pour le millénaire (tout comme les nouvelles stratégies des Organismes Internationaux : FAO, PNUD, IIED, etc … ) qui se focalise sur ces enjeux et en font le cadre général de ses interventions… (*)
Le Développement durable est avant tout une attitude : TOUT doit être pensé en perspective de l’avenir et de la préservation de l’intérêt des générations futures … Ce qui est détruit aujourd’hui ne sera pas reconstruit demain …
C’est là le paradoxe de ce coup d’Etat … Détruire pour PRETENDRE reconstruire est une imbécilité … Les révolutions n’ont jamais donné à manger aux gens et n’ont toujours installé que la terreur … Le Cambodge en a été l’exemple le plus dramatique. Et pourtant ceux là avaient une construction idéologique qu’on aura du mal à trouver à la HâTe …
(*) A ce sujet il est rageant de voir que le MAP était strictement aligné et reconnu sur ces stratégies … P… de coup d’Etat !!!
voir à ce sujet : http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?...
Comment par Lalatiana — 8 juin 2009 @ 5:01 |
Le titre m’a interpellée, l’homme fait autant partie de l’écosystème, au même titre que le lémurien ou le baobab, équilibre fragile et interdépendant. L’erreur durant des années a été de culpabiliser les Malgaches sur le devenir de leur nature sans prendre en compte ses propres priorités. Qui est de manger avant tout. Des solutions existent pour ne pas avoir à favoriser une priorité par rapport à une autre, mais les concilier les uns les autres.
Exemples: Tout le sud-ouest de Madagascar repose sur des nappes phréatiques à de faibles profondeurs. Longtemps sujet à main basse par l’état, la production de la spiruline mérite d’être développée (autant) plus que celle du riz pour lutter contre la malnutrition et le kere.
En tout cas, cet article est un régal! Chapeau pour cette analyse globale et complète!
Comment par Tattum — 11 juin 2009 @ 2:09 |
Inona no atao hoe tompony dia inona no atao hoe mpamerin-doha? rehefa hain’ny malagasy angamba izany mety tsy dia tena fahagagana be ireny “reportage” tahaka ny “Home” ireny. Ary raha mba manisy lanjany ny tantarany koa dia angamba tsy ho nisy iny fanonganam-panjakana iny, mba tsy nisy heriny loatra ny tsindry nataon’ny “écolo parallèle”…
Il faut peut-être pas voir des vipères et des hyènes partout… 8)
Comment par Alidera A.R — 11 juin 2009 @ 5:08 |
J’apprécie beaucoup cet article, je suis complètement conquise par l’idée de sensibiliser les malgaches car nous et nos enfants voir nos arrière-petits enfants sommes tout autant menacés mais pas seulement les “babakoto”.
L’Etat devrait libéraliser la concurrence en matière de production d’électricité et favoriser les énergies renouvelables comme le solaire… pourquoi ne pas utiliser ces terrains en friche pour y implanter des éoliennes ou des panneaux solaires? Car tant qu’il n’y aura pas de concurrence, la JIRAMA ne va jamais s’intéresser à la production d’énergie renouvelable. En France EDF rachète l’électricité produite par les panneaux solaires et éoliennes des particuliers, soit environ 30 à 50 centimes d’euros par kWh , du coup cela motive beaucoup de gens à s’y investir sachant qu’au bout de vingt ans leur investissement est amorti et qu’après il ne paye plus d’électricité.
Comment par racynt — 11 juin 2009 @ 12:22 |