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Il y a un an : les moutons et l’abattoir…

6 février 2010

Il y a un an eurent lieu les évènements d’Ambohitsorohitra, juste une semaine après qu’Andry Rajoelina eut proclamé qu’il était prêt « à prendre la tête d’un régime de transition » (31 janvier 2009). Continuant dans la logique insurrectionnelle de son coup d’Etat, il annonce le samedi 7 février la nomination de Monja Roindefo comme Premier ministre. Dans la foulée, il « accorde » à ce Chef de gouvernement intronisé sur les trottoirs de la Place du 13 mai la jouissance du Palais d’Ambohitsirohitra. Et au moment de lui laisser le micro, Andry Rajoelina lui ordonne de demander à la foule si elle souhaitait aller immédiatement prendre possession dudit Palais, alors encore occupé par le régime Ravalomanana.

Le fils de Monja Jaona ne vit pas le piège géant. Primo, la foule, chauffée à blanc depuis des jours, ne demandait qu’à scander « oui » à ce genre de question. En poussant Monja Roindefo à la poser, Andry Rajoelina connaissait déjà la réponse. Secundo, il savait très bien ce qui allait se passer, et s’est donc bien gardé de se joindre à la marche vers Ambohitsirohitra, laissant Monja Roindefo mener la foule au Q.I. inopérationnel comme un mouton vers l’abattoir, pendant que lui restait bien au chaud dans son salon. On connait la suite. Et en guise de conclusion, on entendit 30 minutes après à la radio les inoubliables larmes de crocodile, envoyées par téléphone : « mitomany aho ry vahoaka malagasy ». Comme disaient les adolescents mal élevés du temps de ma jeunesse : Odoyé !

Les enquêtes annoncées à grand renfort de bla-bla n’ont jamais vu le jour jusqu’à présent. Dans un éditorial de décembre sur la problématique de la réconciliation, je me posais certaines questions sur la réconciliation après le 7 février, car de toutes manières les arrestations qui ont eu lieu tiennent plus du règlement de comptes et des écrans de fumée, que du désir sincère de chercher la vérité. Peu après le 17 mars, un bidasse avait convoqué la presse à Ambohitsorohitra pour annoncer que le garde de corps de Lala Rasendrahasina avait été arrêté lors des évènements à l’Episcopat d’Antanimena, du fait de sa responsabilité dans la tuerie du 7 février. Question d’un journaliste : « vous avez des preuves ? ». Réponse du boutonneux en treillis : « mais c’est vous autres journalistes qui avez ces preuves ». A entendre cela, on peut se demander si seuls les dieux sont tombés sur la tête. Et jusqu’à maintenant, Ralitera, le mari du leader légaliste Ihanta Randriamandranto, croupit également à Tsiafahy pour la même accusation.

Mais les victimes innocentes du 7 février ne se comptent pas seulement parmi les cibles d’accusations hâtives. Il y a ce jour-là un décès pour lequel nous éprouvons une profonde et sincère compassion : celui de Ando, le caméraman de la RTA, qui a payé de sa mort la passion d’un métier qui n’est pas sans risque pour offrir l’information au public. Et respect à la famille de ce journaliste mort en service : de plusieurs sources oculaires, Andry Rajoelina et sa délégation se sont faits renvoyer vertement et à juste titre lorsqu’ils étaient venus présenter leurs condoléances. Autre témoin de ces évènements, le blogueur Solofo qui nous propose un reportage photo exceptionnel. Contrairement à Ando, Solofo est heureusement encore en vie, mais il a payé cher la mise en place de son blog après le 7 février (lire son témoignage ici). Avis à ceux qui croient encore que ce coup d’Etat a été mené au nom de la liberté et de la démocratie : quand les gros bras règnent, toute vérité n’est pas bonne à dire.

Au royaume de Baroa, la Justice vit au rythme des humeurs de la mère Michel qui a perdu son Droit et de son compère gendarme qui veut se faire un prénom, le nom ayant déjà été rendu célèbre par autrui. Nos enquêteurs d’élite ont donc avancé à la vitesse du TGV pour deviner en quelques heures (si ce n’est minutes ou secondes, à moins que ce ne soit d’avance) le nom des commanditaires des bombinettes artisanales. Mais ils avancent à la vitesse du train à vapeur concernant le 7 février, car en cas de vraie enquête, surtout internationale, les leaders du coup d’Etat ne pourront éviter les vraies questions. Alors, qui est responsable du carnage du 7 février ? Marc Ravalomanana, qui en tant que Président, a fait protéger un Palais d’Etat ? La garde présidentielle, qui a rempli la mission difficile et pénible qui lui était assignée ? La foule, qui n’a pas eu la jugeote nécessaire pour comprendre qu’il ne fallait pas suivre n’importe quel pseudo-leader pour s’attaquer à une zone rouge ? Les leaders de la Révolution orange, qui n’ont eu aucun scrupule pour envoyer au sacrifice  une foule bête et hypnotisée ? L’Emmo-Nat, qui n’a pas su mettre en place à temps des cordons suffisamment efficaces pour empêcher que la foule ne s’approche du Palais ?

En tant qu’éditorialiste d’un journal en ligne qui revendique son sérieux, mon rôle n’est pas de me mettre à la place des juges pour donner une réponse à ce qui précède. Car sans doute quelque part, la responsabilité de tels évènements ne peut être que partagée, même à parts inégales. En tant que citoyen, mon humble conviction personnelle est celle-ci : sans meneurs, pas de foule en zone rouge ; sans foule en zone rouge, pas de tirs ; et sans tirs, pas de victimes. Point barre. Si ces soi-disant victimes avaient donc eu le bon sens de ne pas se hasarder à Ambohitsorohitra, ils seraient encore en bonne santé. Et ce, malgré l’opinion des pseudos experts militaires qui ont étalé leurs thèses et surtout leurs foutaises sur le 7 février dans les médias. Sur la video ci-après(placer le curseur à 1:53), on voit nettement le général Dolin Rasolosoa s’adresser aux journalistes, plusieurs minutes avant les premiers tirs : « ceci est une ligne rouge… si vous la dépassez, vous vous ferez tirer dessus et vous allez mourir inutilement». Très intéressant, car cela montre que les responsables du mouvement savaient qu’il y avait une ligne à ne pas franchir, et que ceux qui passeraient outre s’exposeraient à des tirs. Alors qu’on ne vienne pas raconter que ces tirs étaient une surprise. Et s’ils n’étaient une surprise, faut-il donc déduire qu’ils étaient recherchés ?

L’omelette diabolique

Il est vrai que toute révolution a besoin de martyrs. L’objectif de tout bolchevik est donc de pousser le régime en place à la faute impardonnable, afin de pouvoir lui mettre ensuite sur le dos l’opprobre de la répression. Certains proches de Andry Rajoelina, d’ailleurs déjà proches de Albert Zafy en août 1991, aiment à dire dans leurs cercles privés qu’en politique, « on ne fait pas d’omelettes sans casser les œufs ». Bon appétit aux griots de la révolution orange ! Quant à moi, qui déjà n’aime pas les omelettes, une telle déclaration qui se veut lumineuse de sens tactique me ferait plutôt vomir. Entre parenthèses, on se souviendra que dans les jours qui suivirent, Andry Rajoelina déclarait lui aussi dans ses interviews que « c’en était fini de Marc Ravalomanana, car à Madagascar, aucun dirigeant qui avait fait verser le sang de manifestants n’était resté au pouvoir ». Effectivement, le calcul a réussi. 39 jours après le 7 février, l’ex-DJ put commencer à entendre son fan-club lui susurrer ce titre qui sonne comme une douce musique à ses oreilles : « Monsieur le Président ».

Ceci étant dit, je trouve particulièrement intéressant le comportement d’un homme en costume sombre, ce jour du 7 février. Première phase : aussi bien sur le podium de la Place du 13 mai (avant le début de la marche), qu’à Ambohitsorohitra pendant les négociations avec les cordons de sécurité, on voit cet individu faire l’intéressant et l’important (voir également la première vidéo, plus haut dans le texte). Question : comment et pourquoi cet inconnu avait-il ce jour-là obtenu une chaise au premier rang parmi les officiels du 13 mai ? Avait-il déjà reçu pour mission de se rendre bien visible pour assurer un leadership de faucon (le faux étant une éventualité) dans les minutes qui allaient suivre ? Puis, seconde phase : sur certaines vidéos, alors que le Général Dolin Rasolosoa commençait à demander à la foule de ne pas franchir le barrage car il avait été averti que la garde du Palais allait tirer, on voit et on entend très distinctement cet énergumène costumé faire avancer la foule en disant « alefaso ». Enfin, troisième phase : quelques secondes plus tard, les images vidéos montrent ce type ramper comiquement mais à vitesse TGV après la première salve. Mais ce qui m’étonne également, c’est de voir une photo de ce personnage brandissant fièrement une kalachnikov dans le livre « Regards sur la crise » publié par l’Express de Madagascar. En fait, ce pseudo Rambo est loin d’être un enfant de cœur : en août 2009, il fut condamné à un an de prison avec sursis pour violences et détention illégale d’arme à feu.

Voilà donc le genre de piliers de cette révolution orange. Alors à mon avis, il faut voir de quel(s) politicien(s) cet énergumène est-il proche, et on y verra plus clair sur les vraies responsabilités du 7 février. Car quand une révolution s’appuie sur des individus louches, on se doit pas s’étonner que les problèmes se ramassent ensuite à la cuillère.

____________

Post-scriptum :

Ceux qui auraient envie de lire des réflexions intéressantes sur le 7 février ont à leur disposition (entre autres) de superbes textes de Reflexiums (élu de façon méritée Best of Malagasy Blogs 2010 – bravo Achille), Citoyenne malgache et de NJ.

48 Commentaires laisser un →
  1. neil permalien
    7 février 2010 4:01

    Hey Ndimby,

    basically, I did not mean to post here. As usual, I read your article then switch to some other links dealing with malagasy political turmoil. Unfortunately, at the end, I caught up your post scriptum and I will be honest while writing what follows: it is like you are feeling some “injustice” or “unfairness” related to BOMBS ’10. I hope to be completely wrong….though I understand how you must feel given the amazing datas and statistics you have been providing us on your “Fijery one year annniversary” article.

    ” A Madagascar, on n’écoute pas les intellectuels, on préfère écouter les gros bras ” you have written in.

    My former professor in philosophy used to tell ” Les intellectuels seront écoutés et respectés, le jour où ils daigneront parler le langage de la masse et sortir de leur tour d’ivoire “.

    At the time, I was not capable of a thorough understanding on what he told us….. It is way clearer now.

    Anyway, my great deal of thanking to all of you bloggers, blogging over our beloved country. You are part of the country’s history. A coutry still in the making. Keep up the good work.

    • Ndimby A. permalien
      7 février 2010 7:13  

      Dear Neil

      You are totally wrong about what you think are my feelings about the Bombs, I promise you. Maybe you have missed the explanations of Lova, one of the organizers (http://fijery.wordpress.com/2010/01/29/le-blog-fijery-a-un-an/#comment-2846).

      I fully agree with him. Please, don’t be part of the suspicious people who always think that there is always something not very clear behind a remark.

      I was happy to mention Reflexiums’s victory as Achille is a frequent visitor and provider of comments on FJ.

      • neil permalien
        7 février 2010 8:48  

        I am glad I was wrong then Ndimby

        I just don’t understand why then Achille won BOMBS’10 if the aim of the competition is to promote new bloggers/comers. Reflexiums has almost two years of existence right?

  2. 7 février 2010 7:41

    J’ai tellement vu et revu et scruté à la loupe ces images et vidéos du 7 février qu’un an après, je ne peux les revoir sans éprouver de la nausée.

    La question que je me pose depuis, et à laquelle je voudrais bien avoir une réponse, concerne la protection d’un palais présidentiel. En cas d’attaque, les procédures ne sont-elles pas établies depuis le temps de la République, ou a-t-on besoin que le Président appuie sur un bouton rouge pour que la garde présidentielle fasse son rôle ?

    Ndimby a raison de s’intéresser à cet homme en gris car il semble être un élément clé de cette journée et apparaît comme étant le “maître-mouton”. Quand il a rampé, il semble qu’il a été touché à l’épaule. Est-ce qu’on aurait déjà essayé de l’éliminer ce jour là ? Ou du moins l’intimider…

    Il présidera par la suite l’association des victimes du 7 février (AV7), mais on devrait plutôt dire : l’association des victimes et organisateurs du 7 février.

  3. 7 février 2010 8:06

    Merci pour le lien, je pense également que les responsabilités sont partagées. Mais qui en est le principal, cela reste une question difficile. J’aimerais bien qu’on pose la question de la présence au 7 février directement à Andry Rajoelina pour voir ce qu’il nous invente.

    • 8 février 2010 10:03

      Cet homme en complet sombre, cet “énergumène qui a rampé comiquement”, ce c… qui courait en tenant étrangement un kalack à la main c bien la preuve que c’ est dans la foule aussi qu’ on avait tiré et pas uniquement les Gardes Présidentielles . Après tout,c’ est bien leur devoir.Quand le FIS de Alain Ramaroson et les Gendarmes du colonel Richard poursuivent ces derniers temps – et, malheureusement encore,pour quelques temps encore! – des manifestants sans armes avec des militaires armés jusqu’aux dents lances-roquettes?!! bazzokas???? kalack????!!!Gaz lacrymogènes ???!!! Grenades? C’ EST AU NOM DE QOUI ET POURQUOI?

      Incendies et pillages de Tiko et Magro? Passe si cela leur fait plaisir.Mais, le Palais d’ Ambohitsorohitra saccagé comme l’ avait fait Organès en direct s’ il vous plaît sous les yeux des telespectateurs. Rien que cela suffit à dénoncer la carrière de putschiste de TGV,Roland Ratsiraka , Roindefo et les autres

      • 8 février 2010 10:12

        ADDITIF

        Cet “énergumène” était , dimanche, lors de la commémoration du 7 février, au premier plan, Son nom serait Etienne … président de l’ AV7, pleurnichant comme un gamin,dans la rue même où il se prenait une année auparavant, pour Rambo.Il pleurait “car, dit-il au sein de l’ AVC, certains commencent à n’ être pas d’ accord sur le déroulement de ce ” samedi noir du 7 février 2009″

        Comme quoi ,la division commence aussi à ronger à la base et non pas seulement dans les hautes sphères de la Transition

      • Ndimby A. permalien
        8 février 2010 1:07  

        Rakotoson

        Petite note : la fameuse photo de cet homme tenant un kalak’ n’était pas prise lors des évènements du 7 février

    • Kitana etc...... permalien
      9 février 2010 8:36

      Bonjour,

      Oui, il a “deS responsabiliteS” (ou deS responsableS) dans cette barbarie commise le 07/02/2009.

      Neanmoins, lorsqu’on les dit partageeS, essayons d’aller un peu plus loin.

      Un fait, un evenement est toujours inscrit dans une histoire dans laquelle des acteurs identifiables y ont pris part. Ils peuvent y avoir ete actifs ou passifs, beneficiaires ou leses, promoteurs et facilitateurs ou obstacles et resistants…….chefs d’institutions, d’ONG, d’eglises, d’entreprises, de famille….des elus, des militaires, ……des Razily, Ihanta, Haja, parents d’ ecoliers d’EPP ……des journalistes (hehe!), etc….

      Tous sont “responsables” et puisque ce mot contient “respond” et “able” ( a capacite de repondre), faisons en sorte que ce mot “responsable” ne designe pas uniquement d’un “doigt inquisiteur” les coupables (et ceux-la le sont du fait d’actes delictueux et criminels premedites et intentionnels), mais aussi tous ceux qui avaient la charge de prendre des decisions, a n’importe quel titre , pour , soit que le “carnage ” n’ait pas eu lieu, soit que les dommages et prejudices soient limites.

      Il n’y a pas de verite absolue dans ce “bas monde” , mais faisons en sorte que chaque “responsabilite” ( non seulement dans le sens d’obligation de reparation ) en raison de la qualite qui lui est propre soit reconnue devant la justice , le vahoaka marina malagasy et l’histoire.

      Ne laissons plus “les autres” guider notre conscience, notre jugement , intellect, ecrire notre histoire. Car c’est cette derniere qui forge une Nation. Elle forgera alors desormais la notre!

      Bonne journee

      Kitana

  4. Rado permalien
    7 février 2010 2:29  

    Pourquoi le Général Dolin n’est pas inquiété des rafales et des tirs sur son champ de manoeuvre?

  5. Vitagasy permalien
    7 février 2010 4:40  

    D’autres questions egalement ici, et des réponses

    http://bit.ly/by3l8z

  6. Thomas Rakoto permalien
    7 février 2010 5:48  

    Que les enquetes commencent! On a vu aujourd’hui quelques centaines de personnes seulement venues pour commemorer le 7 Fevrier 2009 devant le palais. Ou est la foule derriere TGV maintenant?

  7. RADERA permalien
    7 février 2010 7:29  

    Une femme en mini-jupe se fait agressée par un violeur devient coupable ??? La responsabilité est-elle partagée ?? J’en ai marre de la mauvaise foi de certaines personnes sur cette affaire !
    Les manifestants étaient pacifiques, les forces de l’ordre digne de ce nom, ne sont pas équipées d’armes de guerre !

    • Ndimby A. permalien
      8 février 2010 12:34

      Merci pour cette blague Radera. Elle nous a bien fait rire.

    • Kitana etc...... permalien
      9 février 2010 10:04

      Salut !

      On a pu visionner une video de la scene les montrant , dans un apart a Ambatobe, discuter et decider d’un montage d’elements sur lesquels ils fonderaient des chefs d’accusation chargeant l’”ennemi” : traitrise a la nation (l’avion), des crimes de sang .

      S’en suivit alors le 7/02/2009 avec le programme etabli par des pros deja a l’oeuvre le 10/08/1991 et le “tempo” a la DJ affiche avec fierté sur les ondes francophones .

      L’instinct animal avait alors deja pris le pas sur la conscience humaine. Et pris en flagrant delit d’atteinte a l’honneur (comme viol d’une petite fille, d’une jeune femme, d’une Nation) ils evoquent alors “le partage des responsabilites” . Les charognards, eux, s’ils se jettent a corps perdu, sans retenue aucune, sur leurs victimes , c’est parcequ’ils ne disposent pas de “raison humaine” , ils sont affames. C’est leur mode de “survie”. Ils semblent bien accepter leurs conditions sans chercher a se decharger des responsabilites sur d’autres.

      Alors, quand on est “incapable” ( ici intellectuellement du fait de l’age ou de maladies mentales) de repondre de la totalite de ses actes, on est alors qualifie d’”irresponsable juridique” , par consequent , et pour preserver la societe , on ne merite que l’isolement et/ou l’elimination (enfermement psychiatrique/geole/deportation/peine de mort).

      Kitana

  8. Holim permalien
    7 février 2010 10:16  

    Bravo pour ce rappel, Ndimby A., Achile 52, Citoyenne malgache et les autres.

    Le travail de mémoire commence par le ressassement et les indices qui font tilt avec ce que l’on croyait être de petites choses insignifiantes dans les premières analyses (d’événements et d’images).

    Il n’y a pas de tour d’ivoire, surtout pas à Madagascar, il y a des “alphabètes” par insuffisance de l’environnement.

    Ce dont j’ai peur toutefois, c’est que l’enquête sur le 7 février n’aboutisse jamais. Qu’a-t-on de concret à propos de 1947 ? Ni chiffres définitifs, ni revendication claire depuis plus de 60 ans maintenant.

    Rendons malgré tout hommage aux morts de 1895-1897, 1947, 1972, 1991, 2009 (sans oublier les individus comme Joël Rakotomalala ou Richard Ratsimandrava ou encore Hubert Andrianasolo et j’en oublie). Même s’ils ont été pour la plupart manipulés pour faire monter les politiques aux vestes réversibles.

    Plus jamais ça, en effet. Voeu pieux, mais au point où nous en sommes…

    PS C’est intéressan, j’ai eu à préciser trois siècles dan sl’avnat-dernier paragraphe (XIX, XX, XXI).

  9. Alcofridas permalien
    8 février 2010 9:13

    Franchement, je vois vraiment pas comment on peut imputer un minimum de responsabilité à Marc Ravalomanana pour ce massacre.
    Qui a tiré sur la foule ? Les Gardes Présidentiels ? Si c’est le cas, ils n’ont fait que leur travail, qui ne correspond même pas à un ordre, mais à une consigne (réaction immédiate à suivre sans attendre d’ordre).
    Les militaires, à fortiori le général Dolin le savent.

    • 7 février 2011 1:58

      Entièrement ad’accord avec toi, Alcofridas!
      J’aime bien ton article, Ndimby, mais quelquefois, j’éprouve un certain gêne à l’analyser car quelquefois, tu voudrais faire endosser quelque chose à Paul, pour ne pas froisser Pierre!… A moins que les responsabilités que tu annonces comme “partagées” soient toutes du côté de Andry RADOMELINA et de ses sbires?.. Si tel est le cas, je n’ai rien contre!
      Mais si ce n’est pas ton idée, alors, essaies d’être plus plus détaillé dans tes analyses à propos de ces termes de “responsabilités partagées”!

  10. maminah permalien
    8 février 2010 12:31  

    Le putsch n’a pas fait que détruire le pays. Il a eu raison aussi de détails plus intimes encore, les liens familiaux.
    Un an après les événements, des proches s’évitent prudemment pour ne pas envenimer définitivement les rapports. J’ai eu, pour ma part, la surprise d’être gratifiée d’éclairs de haine dans le regard d’un neveu, au cours d’un dîner au restaurant entre amis, quand j’ai exprimé ma perplexité envers le “pouvoir actuel” pour répondre à la question d’un vis-à-vis qui voulait savoir au juste ce qui se passait dans notre pays.
    La bestialité triomphante et la laideur assumée de certains intervenants sur le forum de tribune.com, reflètent bien le cynisme qui sous-tend ce mouvement. La “démocratie” étant alors l’alibi attrape-nigauds pour légitimer tout et n’importe quoi, y compris la monstruosité.
    Les révélations de Solofo R. sur l’origine des tirs sont accablantes, et donnent un éclairage nouveau sur les responsabilités dans ce massacre du 7 février 2009. Quand bien même on s’était douté que ceux qui ont envoyé sciemment les moutons à l’abbatoir ne devaient pas avoir des mains très propres…
    Les politiciens malgaches ont-ils donc renoncé à tout honneur? Comment peuvent-ils cautionner des forfaits aussi sanguinaires? Quand L’EXPRESS de Madagascar, l’organe de Herizo Razafimahaleo puis de l’actuel maire de Tanà, exhibe sans fausse honte la photo d’un sombre individu qui s’est illustré sinistrement dans l’exécution de ce massacre programmé, on peut tout simplement se perdre en conjectures…
    Sous d’autres cieux, les hommes politiques sont plus jaloux de leur image et ne tolèreraient rien qui puisse flétrir leur nom. Comme dans ce procès Clearstream où le nom de Sarkozy a été indûment mêlé: il est normal que ce dernier persiste à faire appel jusqu’à ce que son honneur soit lavé de tout soupçon.
    Mais, une fois de plus, il faut faire la distinction entre les vrais hommes politiques et les politiciens fantoches…

  11. Holim permalien
    8 février 2010 2:55  

    Bizarre la comparaison l’affaire Clearstream et Sarkozy.
    Ce n’est sûrement pas de faire appel qui fait de ce dernier un grand homme politique.
    Vraiment bizarre.

    • maminah permalien
      8 février 2010 4:01  

      Je parlais très exactement du refus de se compromettre dans des affaires glauques, ne serait-ce que de laisser y associer son nom. C’est un minimum syndical pour un homme politique, j’imagine. Laisser planer le doute sur son intégrité, c’est un suicide politique.
      Ce qui n’est visiblement pas le cas à Madagascar, où l’on fait plus dans l’auto-complaisance et où l’on se rassure facilement en sortant des formules de sagesse du type: “On ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs”, l’omelette étant donc Ambohitsorohitra, et les oeufs cassés, les pauvres bougres qui sont allés servir de chair à fusil le 7 février 2009, ou encore de méchouis dans les incendies de magasins, voire ceux qui ont perdu leurs emplois? Il y a quelque chose de contestable dans cette désinvolture-là.
      Quant à juger de la grandeur de Sarkozy en tant qu’homme politique, les avis sont de toute évidence partagés. Pour ma part, je n’ai jamais eu à voter pour lui, si c’est ce que vous trouvez suspect.

  12. andriantsimbazovina permalien
    8 février 2010 2:56  

    Allons! Allons!
    Je retiendrai “responsabilité partagée” car tout le reste n’est que spéculations et que la vérité est peut-être au milieu ou ailleurs!

    Mais pour le reste, à nouveau, on retrouve ici les mêmes stratagèmes depuis 1972.

    A part Andry Rajoelina et Monja Roindefo, ce sont toujours les mêmes acteurs qui interviennent dans des mouvements violents en 1972, en 1991, en 2002 et en 2009.

    Ne faisons pas semblant d’être surpris et d’être retournés!

    Je parierai que la même chose risque de se reproduire dans les mois et les années à venir quand d’autres personnalités seront poussées par les mêmes acteurs qui se divisent un jour et s’unissent un autre jour…

    • maminah permalien
      8 février 2010 4:32  

      “Responsablité partagée” est déjà un grand pas en avant. Car le manichéisme était plutôt la règle il n’y a pas si longtemps: d’une part les détenteurs de la légitimité populaire, d’autre part le diable personnifié en la personne de Marc Ravalomanana, qui a laissé tirer sur la foule. Que des balles autres que celles de la Garde présidentielle aient pu faire des victimes, change complètement la donne.
      Quant à cette relativisation ou banalisation de la violence “programmée” de l’année dernière, l’équation n’a pas lieu d’être car le mouvement de 2002 n’a pas envoyé sciemment des moutons à l’abattoir. Mieux, il s’est toujours gardé de toute violence. L’idéal gandhien, en somme?

      • andriantsimbazovina permalien
        8 février 2010 7:08  

        “Moutons à l’abattoir”, la formule elle-même n’est pas neutre et prend parti sur des événements complexes et obscurs.

        Prétendre affirmer certaines pseudo-vérités avec des témoignages eux-mêmes contradictoires, c’est absurde!

        Je ne rentrerai donc pas dans ce débat absurde car je ne soutiens aucun camp à part celui de Madagascar dans cette histoire.

        Chaque camp essaie de tirer la couverture à lui.

        Les faits sont là! Il y a eu de morts et des blessés parce que 2 hommes se battent pour le pouvoir sous la houlette des mêmes “commanditaires” et des “mêmes manipulateurs” depuis 1972.

        Et comme on le sait, cela aussi fait partie d’une culture politique dont il faudra se débarrasser.

        Quant à 2002, cela s’est passé autrement mais prendre des bâtiments publics et officiels par la force (sans résistance) c’est aussi une forme de violence et de coup d’Etat.

        Tous les politiques dans le même sac pour ce qui me concerne.

        • maminah permalien
          9 février 2010 11:42

          Par “moutons à l’abattoir”, Ndimby n’évoquait peut-être pas forcément l’innocence des brebis du Christ, mais l’instinct grégaire d’une foule dépossédée de sa perspicacité.
          Prendre un palais présidentiel, où se trouve justement le président élu, n’a pas de commune mesure avec la prise d’un autre bâtiment, quoique ce ne soit pas non plus excusable. Cela a un tout autre sens, vous en conviendrez. Je vous ferai donc l’économie des comparaisons consacrées du type: envoyez une foule en furie prendre le palais de l’Elysée ou la Maison Blanche, etc. Les gardes présidentielles feront ce pour quoi elles sont prévues par la loi.

    • Alidera A.R. permalien
      8 février 2010 6:20  

      Cher Jolami,

      La même chose se reproduira indéfiniment quand lesdits hommes du droit et/ou de loi verra toujours dans ces évènements une ou des responsabilités partagées.

      • andriantsimbazovina permalien
        9 février 2010 4:57  

        Vous y voyez quoi? et quelle responsabilité? de qui?

        • stéph permalien
          10 février 2010 11:58

          Si vous ne pouvez, ou ne savez, ou ne voulez pas dénouer le noeud et retrouver l’origine des responsabilités, prenez tout simplement l’autre bout et trouvez celui à qui ce massacre a profité.

          Ce jeu devient très facile avec le recul que nous avons désormais.

      • Kitana etc...... permalien
        7 février 2011 10:05

        Bonjour,

        Et si l’on parlait plutot d’imputabilite, car l’acte ( envoi sur Ambohitsirohitra) contenait un element moral, l’intentionalite , et l’objectif etait de “trouver un chef d’accusation” contre le President Ravalomanana (video de France24) et ensuite de s’appuyer sur les medias pour attirer l’opinion a son avantage?

        Les tenants du pouvoir de fait actuel avaient en quelque sorte fait le pari aussi bien de l’ignorance de l’opinion que de l’absence du gout d’investigations dans la presse. C’etait comme s’ils pratiquaient cette theorie de jeux ( “le dilemne du prisonnier”) dans laquelle ils ont mise sur le cas “envoi a l’abattoir-mediatisation/tetanisation de l’opinion “. On connait tous les consequences.

        Bonne journee

        Ktana

    • Kitana etc...... permalien
      10 février 2010 9:42

      Bonjour,

      L’eclat de la “verite” apparaitra dans la 1/1 000 et moins de seconde suivant l’accord sur le sens du mot “RESPONSABILITE” !

      N’a-t-on pas vu et entendu Rajoelina declarer qu’il est desormais le “CHEF NECESSAIRE” puisque son pouvoir est “effectif” du fait de sa maitrise et du systeme judiciaire et de l’armee?

      N’est-ce pas la traduction politique et diplomatique de l’effectivite du pouvoir en legitimite que l’on vise depuis les preparations du coup?

      N’assiste-t-on pas a l’utilisation de “bras armes de kalachs et autres ” pour faire taire toute velleite d’associer le DJ et Roindefo a la naissance de cette “laideur” ?

      “Laideur ” evoquee dans “La bestialité triomphante et la laideur assumée de certains intervenants sur le forum de tribune.com, reflètent bien le cynisme qui sous-tend ce mouvement.” par maminah — 8 février 2010 @ 12:31 |

      “Laideur” decrite par Platon dans Gorgias (Socrate a Polos)comme etant constituee de trois (3) vices , la pauvrete, la maladie et l’injustice, cette derniere ( “le vice de l’ame”) etant la pire , la chose la plus laide puisque , je cite ” elle cause le plus de douleur, de dommage ou de ces deux (2) maux a la fois”

      Si donc ceux qui sont senses transmettre des savoirs ( connaissances/savoir-faire et savoir-etre ) ne saisissent pas le sens de ce qu’ils ont eux- memes recu, la “laideur” , mais sous un aspect “respectable”, s’inscrira a tout jamais comme etant la seule reference a laquelle la societe malgache ne peut echapper. Le “Lahatra” !!!!!

      Y-a-t-il de geneticien ici???????

      Oui, cette “laideur” s’affiche sans complexe, y compris dans les ecrits et declarations de ceux qui, puisqu’ils ont fait des etudes de droit, se proclament detenteurs de la verite. Meme en proclamant quelle est “ailleurs” – X- Files – hihihiiiiiiii!!!!

      On a besoin de “Samy Rasolofo”, de Ndimby A., de NJ, de “Reflexions”, de Jentilisa, de radio Fahazavana, et bien d’autres, pour servir de “lampe a nos pieds” ( les Psaumes), non pas pour servir une certaine “esthetique politique” (telle celle des SS) mais pour la reintroduction d’une “ethique politique” ( commencant par l’organisation des partis politiques)et de l’esprit patriote ( apres les VVS).

      Seules les trois (3) “laideurs”, au premier rang desquelles l’injustice engendrant les deux (2) autres (pauvrete et maladies) justifient les evenements de 20/01/2009, 17/02/2009, 17/03/2009 et l’investiture sous habillage juridique et foulant aux pieds la Constitution en vigueur , est capable de legitimer ce coup d’etat et d’extraire le DJ et Roindefo de leurs responsablilites directes/indirectes, morales et juridiques.

      Kitana

  13. Holim permalien
    8 février 2010 3:09  

    J’ai voulu dire “la comparaison AVEC l’affaire Clearstream et Sarkozy”.
    Cet appel pour moi est une maladresse politique, voire une faute. Voila qui augmente les chances pour la droite française de recevoir une vraie veste aux prochaines élections.

    Plus “sarotim-boninahitra” (attachement au point d’honneur, pour nos amis non malgachophones) que les Malgaches, tu meurs. Mais la perte de repères fait partie de la mouise générale du bas au haut de l’échelle malgache, de la petite sphère privée à la sphère publique, et même dans la sphère physique de gens très liés il n’y a pas si longtemps, vous avez raison, Maminah, quel gâchis.

    • maminah permalien
      8 février 2010 5:10  

      Clearstream et 2009 n’ont en effet rien à voir l’un avec l’autre. C’est l’exemple qui m’est venu le plus vite à l’esprit pour illustrer la nécessité, pour un homme politique, d’être droit dans ses baskets. Ca équivaut même à assurer ses arrières. Est-ce là être outrancièrement pointilleux?
      Il est vrai qu’à la décharge des politiciens malgaches, ils bénéficient, eux, d’une relative impunité sous le nom générique de Fihavanana ou “secret d’Etat”. C’est cette impunité, comme s’ils étaient de facto au-dessus des lois, qui autorise sans doute toutes ces aberrations?

      • Holim permalien
        9 février 2010 12:40  

        Bref, ce n’est pas le problème ici, mais l’exemple pris au hasard est symptomatique (dois-je parler de “symptôme” ou d’”effet”?) de notre affolement. Ce n’est vraiment pas le moment de nous affoler. On a besoin de tout notre sang-froid.
        Il reste que pour les exemples, je pense qu’il faut se garder de rapprocher les faits des pays de non-droit et les pays démocratiquement avancés.

        Pour le fond, je suis tout à fait d’accord avec vous, maminah.

        PS L’attitude de Sarkozy dans cette affaire est outrancière en effet. Le président français n’aura pas été particulièrement sali par le verdict. Mais il veut tuer la rumeur : s’attaquer à la rumeur, c’est se poser en Don Quichotte. Ce comportement donne raison à l’”acharnement” évoqué par Villepin, les Français en sont d’accord. Vous avez pris un cas extrêmement périphérique qui tient à un ego surdimensionné – celui de Sarko. (Je ne vote pas non plus en France mais il est bon de suivre l’actualité mondiale, c’est clair)

        • maminah permalien
          10 février 2010 10:44

          “L’archarnement” a de toute évidence aussi des visées électoralistes, car cette affaire divise la droite, ce qui n’est pas du tout bon. Qui sait, si le procès traîne, Villepin ne pourra peut-être pas présenter à temps sa candidature aux prochaines présidentielles?
          Je vous le concède, l’exemple était bancal. C’était le plus récent, tout juste.

  14. Lila permalien
    8 février 2010 4:01  

    je copie-colle un truc qui reste d’actu,sorti dans l’express de l’année dernière:

    À mauvaise école

    Il semblerait que les notions de prévention ne fassent pas partie du vocabulaire de la garde de Marc Ravalomanana lors de ce samedi macabre. Les choix n’ont certainement pas manqué, pourtant. Sans être un spécialiste de la chose militaire et policière, l’actualité mondiale ne cesse de nous renseigner sur les moyens déployés ailleurs pour contenir ou, pourquoi pas, pour réprimer des mouvements de foule un peu agités. Canons à eau, grenades assourdissantes, aveuglantes ou lacrymogènes, gaz incapacitants, flash balls ou la solution finale avec les balles en caoutchouc, la panoplie du parfait flic anti-émeute devrait être actuellement mieux garnie que celle des années «tsak, tsak, cent, mille…» de rafales de balles de fusils d’assaut israéliens de Philibert Tsiranana.

    Pour un régime qui se veut «être à la pointe des nouvelles technologies pour ne pas rater le train du développement», le choix des armes se limite malheureusement encore au Kalachnikov et à ses performances létales.

    Mais au-delà de l’aspect matériel, la question des règles d’engagement en zone rouge envers des civils non-armés peut aussi être évoquée. Apparemment sans sommation, le carton plein a été réalisé sur les manifestants, qui n’ont eu pour arme que leur cri, à une trentaine de mètre du portail du palais d’Ambohitsorohitra. On comprend maintenant ce que vient faire la couleur rouge dans la qualification de ladite zone…

    Sans dégager les meneurs de cette manifestation de toute responsabilité dans ce déluge de sang, ces étoilés de généraux qui sont passés par l’ancienne École de guerre ou le Collège interarmées de défense sauront sans doute apprécier à leur juste valeur le score réalisé par ceux qu’ils ont formés tout au long de ces dernières années, à l’Académie et dans les écoles militaires locales. Ils ont offert en une dizaine de minutes de spectacle triste toute l’étendue de leur réflexion stratégique et de leur action. A défaut d’un champ d’application de gabarit suffisant pour leurs connaissances en géopolitique et en géostratégie, le carré entre le ministère des Finances et le bureau du Trésor a bien suffit !

    Quelque part, à l’école de la haine et du mépris, les professeurs, les élèves et leurs parents en sont encore à réciter les «ils n’avaient qu’à ne pas y aller, ils l’ont bien cherché…» au soir et au lendemain d’un jour qui devraient être de recueillement et de deuil. Décidément, les mauvaises notes ne suscitent jamais de compassion, furent-elles en nombre de morts.

    En extrapolant toutes ces vicissitudes et ces indifférences à l’échelle d’un pays, Madagascar, après avoir été un bon élève de la Banque mondiale et du FMI est devenu un piètre élève de l’humanisme et du fihavanana qu’il se vante tant. En voilà un en (phase) terminale.

    Date : 09-02-2009

  15. Alidera A.R. permalien
    8 février 2010 7:29  

    Devrais-je encore m’émouvoir à chaque fois que je vois et revois ces images?

    J’étais là en 1991, j’y ai participé aussi jeune et petit ai-je été à l’époque. J’ai invité les caïds de la classe, de la promo, qui voulaient juste sécher les cours à fermer les grilles de mon école pour aller au 13 mey en 1991. Et même, si il n’y avait qu’un ou deux, pour que cela aille vite ni vu ni connu juste avant les sonneries, le sage et respectueux des règlements (sans aller jusqu’à cafter) voire peureux que j’allais jusqu’à aider de temps en temps à fermer ladite grille. Les cris des élèves faisaient le reste.
    Je me souviens même, une fois sur la place du 13 Mey, d’une petite virée avec notre vénéré et feu Jeneraly qui avait sacrifié son tube “Ny Taoka” en le parodiant pour la cause.
    Je me souviens aussi de deux messages, l’un de mon prof de français de l’époque, M. Mparany R.R., qui disait : “il s’agit de votre avenir, si vous ne voulez pas faire cours pour cette cause, je ne ferai pas cours à condition que vous y allez vraiment. Mais, je répète, il s’agit de votre avenir et réfléchissez bien”. Le second message était de mon père, justement le jour du 10 août 1991 quand je me préparais à aller sur le 13 Mey qui me conseillait de ne pas y aller :”Tandremo lesy, i Ndrema anie lesy no niaraka taminay tamin’ny 1972 e. Izahay lasa teny Anoslava fa izy nankaiza? sao matimaty fahatany any lesy e!”. J’étais quand même sorti mais constant que j’étais en que de peloton au Ritz alors que la tête était déjà à Ankadimbahoaka voire Tanjombato, je n’avais d’autre choix que de rentrer.

    Je n’étais pas là en 2002. Par contre, là où j’étais, j’ai oeuvré à mon niveau en participant activement à la défense neutre du choix du peuple avant que celle ci ne tourne en la faveur de Marc Ravalomanana. J’ai refusé les images mais pas les interview de la presse.

    Ceci pour dire qu’à chaque fois, nous sommes incapables de tirer les vraies leçons de tous les évènements qui se sont passés depuis même 1895. En 1971-75, on voulait arrêter le néo-colonialisme pour le voir revenir en force dès 1976. On a évincé Ratsiraka, pourtant bien soutenu par la France, en 1991 pour le voir revenir en 1997. Ratsiraka a été rejeté par le peuple par la “voie des urnes” en 2002 pour le voir revenir et blanchi de tout en 2009. A croire que tout tourne à la dérision, à la caricature voire à l’ironie ironie dans tout ce que l’on fait et vit dans ce pays. Le vrai, on ne connaît pas.

    On tapera sur tout le monde, et on continuera à le faire autant de foi que le discernement nous échappe. Identifier Rajoelina, Ravalomanana, la France ou autres comme étant les sources de nos maux suffit-il à expliquer ce cycle d’instabilité socio-politique chez nous?

    Que ce soit Rajoelina, la France ou autres pays/ong ne se sont trompés dans cette histoire. Tous savaient où étaient leurs intérêts respectifs.
    Rajoelina qu’avait-il vraiment à perdre en faisant ce coup d’Etat?
    La France a un projet pour son peuple, et donc elle fera tout pour y arriver. Et, un pays responsable fera pareil qu’elle.
    Les autres pays et ONG avaient aussi intérêts dans cette histoire pour avoir un peu plus de notoriété dans l’échiquier régional voir international.
    Le perdant dans cette histoire, et qui continuera éternellement de perdre, c’est le peuple malagasy à cause de son irresponsabilité et de son inconscience récurrente. Et ces images là, elles se répèteront périodiquement et infiniment tant que nous continuons à faire comme ce que nous avons l’habitude de faire. Alors, habituez vous à ces images.
    A un moment donné, la pauvreté n’est plus du tout une excuse.

  16. demokrasia fotsiny permalien
    8 février 2010 10:05  

    cette journée de deuil n’est pas à célébrer.

    C’est tous les jours qu’il faut se souvenir de tous ces morts pour rappeler au peuple malagasy que la violence du gouvernement ou d’un mouvement qui se dit”révolutionnaire” ne peut que déboucher sur des morts inutiles,sauf pour les politicards,de tous les bords, qui veulent les instrumentaliser à leurs profits et au détrimens de la lutte du peuple malagasy pour la justice et la démocratie.

  17. Mmm permalien
    9 février 2010 1:38

    Marc Ravalomanana aura toujours tort sur cette affaire du 7 février. Tout simplement parce que les morts ont toujours raison quelles que soient les circonstances. Plus encore dans la culture malgache qui donne une dimension particulière aux défunts. Ils sont désormais “protégés” et c’est pas plus mal.

    Je me refuse pourtant à me laisser noyer dans cette ambiance plombée de culpabilité collective qui empêche d’affronter la réalité et peut-être la vérité.
    Je peux par exemple dire en mon nom propre que je n’y serai pas allée en zone rouge fusse mon plus qu’hypothétique amour pour Pt complètement aveugle. Donnez moi une seule raison valable dans le contexte politico économique de l’époque de braver un danger au point d’en MOURIR pour cet énergumène, énergumène pour qui le “je” et le “je décide” étouffaient déjà tout le vocabulaire.

    Car jusque avant que tout cela ne se passe il y avait un choix qui me semblait possible entre tous les autres, celui de ne pas vouloir investir un palais présidentiel et prendre le pouvoir comme ça sans réfléchir.Il me semblait bien que les coups d’état étaient complètement interdits.
    L’occupation des ministères par le forcing atteste bien que c’était le but ultime. Ce n’était pas du bon enfant, c’était crescendo la marche vers un coup d’état en bonne et due forme, et on a mis les civils en avant car c’était du gagnant à tous les coups:
    -Soit la foule entre,sans aucune résistance de la part des forces de l’ordre, résultat: le pouvoir est pris.
    -Soit la foule meurt, on brandit les les martyrs pour tout justifier dans la prise du pouvoir et…il fut pris! C’est bien le deuxième cas de figure qui s’est réalisé.

    Pour ce coup là, le CYNISME était du domaine de l’absolu.

    Nous sommes à an+1 de ce jour funeste, dans une vraie répression,à un moment où la nation malagche est par terre. Personne (et surtout pas moi) ne parle de vouloir sacrifier sa vie pour mettre par terre ce régime. Pourquoi à ce moment là du 7 février??? …Qu’ont valu ces vies sacrifiées?

    Bien tristement je dirai que finalement ce fut une bonne chose que du temps se soit passé depuis le début de cette crise pour que se révèlent les vraies facettes de ces personnages, pas si démocratiques que ça loin s’en faut…On en aurait douté toute notre vie.
    Le temps entre autre pour nous de voir que dame Cécile M, la valeureuse décorée par les bons amis de Madagascar pour sa “bravoure” est du côté complètement obscur de la force car elle est quoi qu’elle fasse responsable avec son chef et toute la clique, du décès d’une femme qui était là pour vendre des journaux, bouquiniste, joli métier…Les zones non rouges ne protègent pas non plus,l’innocence encore moins.
    Hat, arrêtes vraiment ton cinéma macabre! Vous avez tari les oeufs pour l’omelette!

    • 7 février 2011 2:08

      Eh!MMmmm, pourrais-tu être beaucoup plus explicite dans tes commentairs “RAVALOMANANA aura tojours tort dans cette affaire du 07 Février?”… Pourrais-tu m’éclairer en quelque sorte, stp?.. Car en tant que simple personne, et d’après toi, tous les torts reviennent donc à RAVALOMANANA, étant donné que Andry RADOMELINA était l’archange avec ses larmes de crocodiles, et qu’il avait les mains propres dans tous ces massacres?
      Eh, bien che(re) internaute, c’est le monde à l’envers qui existe maintenant à Madagascar!

  18. Holim permalien
    9 février 2010 12:49  

    Tout à fait d’accord avec vous. le travail de mémoire (anamnèse) est un travail de tous les jours et non pas d’une journée.
    Madagascar toutefois restera un pays de stèles : quand il y a 60% d’analphabètes, les pierres levées sont les seuls livres de chevet, y compris pour la postérité, vu la façon dont sont composés les manuels scolaires et vu l’insuffisance de la distribution de la presse.
    Tout est question de priorité.
    Vivement la démocratie en effet.

  19. Zandry permalien
    7 février 2011 1:23

    Un an après les choses sont entrain d’évoluer. Je n’aime pas trop les responsabilités partagées car qui dit partagé, dit que les responsabilités ne sont pas si importants que ca. Si Si justement. Il y a eu manifestement manipulation suivi d’un piège pour les manipulés. On a tiré sur des gens piégés entre deux feux. Les tirs connus et prévisibles qui n’ont pu faire autant de mort et blessés, et les tirs imprévus. Que la vérité s’éclate donc.

  20. Ndimby A. permalien*
    8 février 2012 12:36

    Reblogged this on Fijery, le blog de Ndimby A. and commented:

    Je vous invite à relire un article de 2010 publié à l’occasion du premier anniversaire du 7 février 2009. Le texte n’a pas pris une ride, sauf que le bidasse accusateur cité est maintenant à Tsiafahy.

    • Manantena permalien
      8 février 2012 12:22  

      Hi Ndimby,

      “Le texte n’a pas pris de ride”, c’est vrai.

      Merci pour ce “reblog”.
      Beaucoup de nouveaux forumistes se font des idées de la crise, juste d’après ce qu’ils trouvent dans les sites, au point de fausser l’histoire dans la chronologie des évènements, comme dire que Rajoelina a mené ces “moutons” à l’abattoir en sortant de l’ambassade de France où il s’était abrité après le Lundi Noir (post d’un(e) forumiste très attrayant par la pertinence de ses analyses, souvent étayées par des sources traçables).

  21. Manantena permalien
    8 février 2012 12:54  

    Ndimby, me serait-il possible d’avoir votre 1er édito qui a dû parler du lundi noir?

    J’avoue qu’au 1er clic sur MT.com, (suite au lundi noir, on n’avait plus que RFI et RDB), je n’ai retenu qu’un gros titre: NI RA8 NI TGV et ne suis plus revenue sur le site que lorsqu’un ami m’a envoyé un de tes éditos…Depuis, c’est moi qui ai pris la relève pour mailer tes textes.
    Mon groupe d’amiES (les hommes, peut-être par jalousie? nous voient “émoustillées”, on évite le sujet en leur présence) est devenu ton fan club et toutes, sans exception, aimeraient t’avoir au centre d’un de nos “restos, spécial femmes” ( tu feras l’exception).

    MERCI

Rétroliens

  1. Le 07 Février 2009 vu par tout le monde : TANANEWS
  2. Il y a deux ans : les moutons et l’abattoir… « Fijery, le blog de Ndimby A.
  3. Transitions : les leçons du passé « Fijery, le blog de Ndimby A.
  4. Leçons du passé pour énigme du présent « Fijery, le blog de Ndimby A.

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