Sauter au contenu

Eviter l’amnésie sur le 29 mars 1947

28 mars 2010

Pour les amnésiques volontaires ou involontaires qui ont la malheureuse tendance à dire qu’il ne faut plus se soucier des évènements de 1947 “parce que c’est du passé et que ce n’est pas constructif de ressasser tout ça”, ou encore parce “qu’ils n’étaient pas nés à cette époque”, voici un excellent papier de la LDH de Toulon, quoique les …comptes d’apothicaires sur le nombre de malgaches assassinés par les français me laissent un peu perplexe. Pour le texte original cliquer ici.

———————————-

Une insurrection de 21 mois noyée dans le sang. La répression coloniale française fera plusieurs dizaines de milliers de victimes – une des pages les plus noires de l’histoire de la Grande Île.

L’île (plus vaste que la France) était unifiée depuis le début du XIXe siècle, avant d’être conquise, non sans mal, par la France en 1895.

JPEG - 16.6 ko
Le petit journal – 2 juin 1895

Le général Galliéni (gouverneur général de 1896 à 1903) déporte la reine Ranavalona et entreprend la “pacification” de l’île avec le colonel Lyautey.

Dans son désir d’accélérer le développement de l’île, il instaure le travail forcé et encourage la venue de colons européens. En réaction, les Malgaches rebelles forment des sociétés secrètes.

En mars 1946, deux jeunes députés malgaches, membres du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM), Joseph Raseta et Joseph Ravoahangy, déposent sur le bureau de l’Assemblée Nationale à Paris, un projet de loi demandant l’indépendance de l’île dans le cadre de l’Union française. Vincent Auriol, alors président de l’Assemblée, refuse de faire imprimer ce texte car « c’était un acte d’accusation contre la France et, en somme, un appel à la révolte ». Le projet de loi est repoussé.

Aux élections législatives suivantes de novembre 1946, les trois sièges du second collège (réservés aux « indigènes »), sont remportés par les dirigeants du MDRM, Joseph Ravoahangy, Joseph Raseta et Jacques Rabemananjara.

En 1947, la Grande Île compte 4 millions d’habitants dont 35 000 Européens. C’est une colonie française dotée d’une assemblée élue, aux pouvoirs limités. Le refus obstiné des autorités françaises de modifier un tant soit peu le joug pesant sur les populations provoqua une révolte nationaliste.

L’insurrection de 1947

Le 29 mars 1947, l’île se soulève. L’administration n’est pas prise au dépourvu mais elle n’a rien fait pour empêcher l’insurrection.

A Diego-Suarez, Fianarantsoa et Tananarive, les insurgés sont tenus en échec. Ailleurs ils remportent des succès avant d’être refoulés. Des plantations européennes isolées sont attaquées.

La répression est impitoyable. Dès le mois d’avril, les autorités envoient à Madagascar un corps expéditionnaire de 18 000 hommes – essentiellement des troupes coloniales ; il sera porté à 30 000 hommes. L’armée française opère une répression aveugle : exécutions sommaires, torture, regroupements forcés, incendies de villages. Elle expérimente une nouvelle technique de guerre “psychologique” : des suspects sont jetés vivants d’un avion afin de terroriser les villageois de leur région.

JPEG - 19.1 ko
Convoi militaire français, à Madagascar, le 25 septembre 1947 (AFP).

La lutte va se poursuivre dans l’Est du pays, où deux zones de guérilla résistent dans la forêt pendant plus de 20 mois.

En métropole, quelques journaux parlent du soulèvement mais le gouvernement et l’ensemble des organes de presse minimisent son importance et ne disent rien de la répression.

En vingt mois, selon les comptes officiels de l’état-major français, la « pacification » a fait 89 000 victimes chez les Malgaches. Les forces coloniales perdent quant à elles 1 900 hommes. On relève aussi la mort de 550 Européens, dont 350 militaires.

Dès le début, le gouvernement de Paul Ramadier avait fait porter la responsabilité de l’insurrection sur les trois parlementaires malgaches du MDRM.  Les trois jeunes parlementaires, informés du projet d’insurrection, avaient diffusé dans les villages un télégramme demandant instamment à chacun d’éviter les violences. Leur appel était resté sans effet, mais pour gouvernement français ce télégramme était en fait un texte codé qui signait leur « crime ». Leur immunité parlementaire ayant été levée, ils sont arrêtés et torturés. La justice française les jugera coupables, retenant la thèse du complot du MDRM. Deux d’entre-eux seront condamnés à mort, avant d’être finalement grâciés.

En date du 10 juillet 1947, le président de la République, Vincent Auriol, écrivait : « Il y a eu évidemment des sévices et on a pris des sanctions. Il y a eu également des excès dans la répression. On a fusillé un peu à tort et à travers ».

Ils ont sauvé l’honneur

Albert Camus avait protesté dans un article de Combat du 10 mai 1947 [1]. Constatant que “nous faisons ce que nous avons reproché aux Allemands de faire“, il poursuivait :

si, aujourd’hui, des Français apprennent sans révolte les méthodes que d’autres Français utilisent parfois envers des Algériens ou des Malgaches, c’est qu’ils vivent, de manière inconsciente, sur la certitude que nous sommes supérieurs en quelque manière à ces peuples et que le choix des moyens propres à illustrer cette supériorité importe peu.

Cette même année 1947, Paul Ricoeur écrivit un texte essentiel intitulé “La question coloniale“ [2]. On y lit notamment :

L’appétit forcené et souvent prématuré de liberté qui anime les mouvements séparatistes est la même passion qui est à l’origine de notre histoire de 1789 et de Valmy, de 1848 et de juin 1940.“,

Il faut relire le résumé que Paul Ricoeur a donné de son argumentation :

 
 

• la colonisation a pour fin la liberté des indigènes ;
• la faute originelle de la colonisation précède toutes les agressions unilatérales des indigènes ;
• l’exigence, même prématurée de liberté, a plus de poids moral que toute l’œuvre civilisatrice des pays colonisateurs ;
• le racisme est le vice des Français aux colonies ;
• ce sont des minorités qui représentent la conscience naissante des peuples colonisés.

 

Quel a été le nombre des victimes de la répression ? [3]

Les chiffres cités à l’époque devant l’Assemblée nationale parlaient de 80 000 morts, une estimation qui sera reprise par les spécialistes comme Jacques Tronchon. Encore récemment, l’écrivain Claude Simon évoquait “Madagascar, dont on a longtemps caché qu’on y a tué, en 1947, 100 000 indigènes en trois jours“.

Le problème est que ces chiffres seraient faux, selon les dernières estimations de certains historiens. Maître de conférences à Paris-I- Sorbonne, Jean Fremigacci affirme, comme d’autres historiens, que le nombre de personnes tuées lors de l’insurrection n’a pas dépassé les 10 000 (dont 140 Blancs), auquel il convient d’ajouter le nombre de Malgaches morts de malnutrition ou de maladie dans les zones tenues par les insurgés.

Cette surmortalité reste encore très difficile à évaluer, l’hypothèse la plus vraisemblable tournant autour de 20 000 à 30 000 morts” , écrit M. Fremigacci. Il n’y a pas eu de “génocide oublié” à Madagascar, conclut l’historien, mais une faute des dirigeants politiques qui, à Paris, se sont révélés incapables d’éviter un drame annoncé.

“40 000 ou 89 000 morts, cela change peu la force du traumatisme”

par Françoise Raison-Jourde, professeur émérite d’histoire à l’université Paris-VII [4]
[Le Monde du 29 septembre 2007]
  • Nous nous apprêtons à célébrer le 60e anniversaire de l’insurrection malgache de 1947. Comment expliquez-vous la dureté avec laquelle la France a écrasé l’insurrection malgache ?

La crise indochinoise qui éclate en décembre 1946 a joué un rôle. S’y ajoute le fait que Madagascar, où vivaient des milliers de créoles “petits Blancs”, fonctionnait comme soupape pour la Réunion. Enfin cette île immense était pauvre mais prestigieuse.

La répression n’a pas été aussi impitoyable que celle d’Algérie, qui fut autrement organisée et terrible. Les Malgaches de l’Est ont d’abord été poussés à bout. En réaction, ils ont monté l’équivalent d’un maquis. La réaction française s’est faite en plusieurs temps, d’abord avec trop peu de troupes au moment de l’insurrection, puis avec des troupes mal armées et mal disposées, enfin avec une “guerre de fantassins”, comme en 14. A Madagascar, c’est le nombre des morts de civils réfugiés en forêt, frappés par la faim et les maladies, qui est le pire.

  • Il existe une polémique à propos du nombre de morts lors de l’insurrection et de la répression qui s’en est suivie. Combien y a-t-il eu de victimes ?

Le nombre donné par l’historien Jean Fremigacci dans un numéro récent du magazine L’Histoire paraît correct à notre milieu de spécialistes : 30 000 à 40 000 morts au lieu des 89 000 annoncés à l’époque par le haut commissaire de Madagascar. Ce chiffre avait l’avantage de terroriser les Malgaches. Aujourd’hui, les vieilles élites bourgeoises des Hautes Terres s’accrochent à ces chiffres. Mais que ce soit 40 000 ou 89 000, cela change peu la force du traumatisme…

  • On a parfois évoqué un “complot des parlementaires” (députés malgaches et élus au Conseil de la République), partisans de l’indépendance de l’île sous l’impulsion du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM). Quel est votre sentiment ?

On s’accorde aujourd’hui pour dire qu’il n’y a eu complot ni de l’administration ni des parlementaires malgaches. Ceux-ci ont été chargés au maximum à leur procès, en juillet 1948. Ils ont nié avoir eu une responsabilité dans ces violences qui les ont horrifiés, et ont donc accusé la base. Ils se sont aussi soupçonnés entre eux, après avoir subi interrogatoires et violences. Une large partie du traumatisme vient de ce divorce entre tête du MDRM (citadine, lettrée) et la base.

[Propos recueillis par Gaïdz Minassian]

P.-S.

Bibliographie :
L’insurrection malgache de 1947, Jacques Tronchon, éditions Karthala, 1974.
Massacres coloniaux, Yves Benot, La Découverte/Poche, 2001.

Notes

[1] Article repris dans Actuelles I.

[2] Article publié dans Réforme le 20 septembre 1947.

[3] Extrait de l’article de Jean-Pierre Tuquoi, dans Le Monde du 23 juillet 2005.

[4] Françoise Raison-Jourde est professeur émérite d’histoire à l’université Paris-VII, auteure avec Pierrot Men de “Madagascar, la grande île secrète”, éd. Autrement.

13 Commentaires laisser un →
  1. Anonyme permalien
    28 mars 2010 2:40  

    Bonjour Ndimby . Merci pour ce rappel de l’histoire.

    Malheureusement, la France pense reprendre son pré-carré pour ne pas dire sa colonie en nous imposant le plus novice ( pour rester poli ) des politiciens. Ce n’est pas son problème si les Malgaches vont finir par s’entretuer. “Combien de crimes ont été commis et combien d’autres la France va t-elle encore commettre pour ne pas reconnaître qu’elle a toujours eu tort dans sa gestion de Madagascar? » Pour paraphraser Camus.On finira un jour par s’entretuer à nouveau si le scénario congolais est réitéré à Madagascar.2, 2 millions d’électeurs pour 3,8 millions d’électeurs. Les enfants et même les bébés ont certainement voté.

    Et on peut compter sur la douteuse COFA de Mancel ou Fourgous ou autre Bourgui pour s’empresser de reconnaître d’aussi scandaleuses élections. M ‘enfin c’est l’Afrique, voyons “les cadenas sont plus difficiles à trouver en Afrique qu’à la samaritaine.” Il parait que ces problèmes vont disparaître comme par enchantement avec les urnes transparentes malgaches
    Que ces élections seront transparentes et patati et patata ?
    N’importe quel président élu voudra travailler avec la France qui reste le premier partenaire de Madagascar à condition que ce soit dans le respect et la prospérité mutuels et non en infantilisant l’autre comme ce qui se passe maintenant.
    Ce que doit faire la France pour Madagascar, c’est apporter son appui pour que ce soit un vrai patriote, qui a un vrai projet de société qui sorte des urnes. Ce futur président(e) démocratiquement élu doit apporter la vraie démocratie, la liberté de pensée et d’expression. qui est un droit universel.
    “Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique la liberté de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit” déclaration universelle des droits de l’homme.
    La France oublie que 50ans après l’indépendance elle a formé des citoyens qui ont compris et qui ont épousé ses propres valeurs et qui sont prêts à tout pour que ces valeurs de liberté et de démocratie soient aussi adoptées dans leurs propre pays. Ce sont ces gens là qui doivent être leurs partenaires. Les personnes qui partagent les même valeurs se comprennent mieux. Ils sont nombreux et sont prêts à relever tous les défis pour mener leurs pays dans la prospérité et la modernisation à condition de leur laisser une petite chance pour s’exprimer. La majorité silencieuse restera muette pour longtemps aussi longtemps que par exemple être en simple possession de tracts d’opposants ou discuter sur un forum conduisent en prison.
    L’Intérêt de la France n’est pas d’avoir un partenaire assujetti, pauvre et analphabète à vie mais au contraire un vrai partenaire suffisamment responsable et patriote pour conduire le pays dans la prospérité et la modernisation durable. La démocratie ne doit plus être “la protection de la minorité mais celle de la majorité.
    Pourquoi la France refuse t’elle cette chance pour Madagascar? Pourquoi un jeune président comme Nicolas Sarkosy persiste t’il à perpétuer la Françafrique de papa ?

  2. Mmm permalien
    28 mars 2010 4:03  

    Merci pour cet excellent point de départ pour la réflexion et l’approfondissement…
    Ouvrons les yeux, nous avons bel et bien un compte à régler avec l’histoire coloniale dont l’ombre plane sur nos décisions jusqu’au jour d’aujourd’hui.

    Merci encore Ndimby

  3. 28 mars 2010 9:44  

    merci, Ndimby, excellent article qui reveillera, du moins on l’espère, l’amour patriotique des jeunes malgaches à l’heure actuelle.
    Car il est hélas vrai, que andry RADOMELINA veut minimiser ces actes de bravoure que les malgaches ont vaillament entreprises en 1947. Il est donc vraiment fondamental de faire inculquer dans l’esprit de nos jeunes patriotes cette éthique et valeurs morales. espérons que de nombreux jeunes patriotes malgaches liront cet article et comprendront les atrocités commiss par la france envers leurs ancêtres

  4. Menabe permalien
    29 mars 2010 12:39

    Bonsoir Ndimby,

    Un rappel à juste titre de notre histoire en cette fin du mois de Mars, merci.

    Qu’ils aient tué 10.000 au lieu des 100 000 ces colons, cela n’enlève en rien l’atrocité de leurs gestes et pensées, non seulement ils se sont accaparés nos terres, se sont évertués à tuer notre culture, ils ont en plus l’indécence de décrire cela comme un traumatisme et de rajouter une bourgeoisie des hautes terres s’accrocher au chiffre avoisinant les 100 000! Le probleme majeur á faire connaitre au monde est le côté monstre des Francais envers les plus faibles qu’ eux au lieu de palabrer sur la polemique des chiffres, et ce n’est pas en donnant le chiffre de 10 000, 30 000 ou 40 000 Malgaches massacrés que ces Francais colons seraient plus humains ou plus dignes, ou que le Malgache doit être plus clement pour interpreter leur crime! . D’ailleurs en filigrane on peut voir le côté malsain de certaines plumes francaises qui aiment à voir la dichotomie hauts plateaux et côtiers, même apres que la France soit partie de notre territoire officiellement. L’auteur semble ignorer que beaucoup de côtiers suivent aussi l’histoire de Madagascar et on n’a pas besoin d’etre de la bourgeoisie Merina pour croire que les 100 000 Malgaches tués refletent pour nous l’atrocité, l’ignominie et le côté animal des Francais colons ! Ils ont eu la strategie de la division et continuent en quelque sorte en gardant l’oeil de la division à travers les plumes modernes!

    je reprends un des propos de l’interviewée: “Une large partie du traumatisme vient de ce divorce entre tête du MDRM (citadine, lettrée) et la base”. Une des raisons de l’échec de leur mouvement de révolte, comme si nos têtes pensantes ont du mal à coordoner avec le terrain. J’ai l’impression que nous souffrons encore de ce syndrome à en juger les modes d’operation de nos politiques! Comme si nous n’avons toujours rien retenu des erreurs du passé!

    J’ai visité à plusieurs reprises la tombe commune de nos mahery fo à Moramanga, et c’est vraiment désolant que cet endroit ne soit pas entretenu à la hauteur de son importance par rapport á l’histoire de Madagascar. Elle ne reflète pas la grandeur et les efforts des Malgaches qui ont osé se révolter contre l’oppresseur, d’autant plus que nous avons une relation particuliére avec les morts et les ancêtres.

    Menabe

  5. Holim permalien
    29 mars 2010 1:06

    Merci, Ndimby A., pour ce rappel bien ficelé en effet.
    Notre problème est la solitude de l’historien malgache.
    Car c’est à nous avant tout d’écrire notre Histoire.

    On peut déjà compléter la LDH de Toulon.
    Pour la bibliographie, il y a le fonds Ravoajanahary, issu d’une expo-photo de Charles Ravoajanahary en 1981 et repris par le livre de Raharimanana, Madagascar 1947, Antananarivo/La Roque d’Anthéron, Tsipika/Vents d’ailleurs, 2007 ; les textes des précieux témoignages des survivants dans les villages dans l’expo “1947″ par Raharimanana, photos de Pierrot Men, Avignon, 2009 ; les actes du colloque d’histoire (Antananarivo, 2007) où Français et Malgaches ont dégainé à propos des chiffres – les Français plus vite que les Malgaches.
    Certes, les chiffres ne sont pas précis, mais on peut déjà mettre petitement les points sur les i en enlevant l’accent à “Gallieni” (détail qui prouve qu’on prend sérieusement en compte toutes les sources existantes). En étant pointilleux, avec le souci d’exhaustivité et avec de la ténacité, l’on trouve toujours la vérité.

    Je n’ai pas de leçon particulière à donner.
    Mais dans des cas d’histoire aussi sérieux que celui-ci, pour la progéniture, il faut que tous mettent la main à la pâte, surtout extra-muros (hors de l’Université), suivant l’usage de l’oralité et de la transmission des aînés aux cadets.

    Tant pis pour ceux qui n’étaient pas nés et ne veulent rien savoir.
    La posture de la LDH de Toulon est exemplaire : c’est une question morale et de MORALITÉ avant tout.

  6. 29 mars 2010 11:06

    POURQUOI LA FRANCE TOUJOURS EN PREMIERE LIGNE DES QU’IL S’AGIT D’ ELECTION ?

    A propos de la commémoration du jour – 29 mars 1947/29 mars 2010 – beaucoup n’ auront pas avalé comme moi l’ initiative mal placée de la CUA d’ organiser à Antsonjombe un méga-concert où les artistes du show – biz et les chorales évangéliques sont mis dans même panier pour faire oublier, à la population, les problèmes nés de la crise initiée par les politiciens.La musique assourdissante de la Grande Braderie à Mahamasina de Befelatanana et de HJRA est également une insulte aux malades déjà victimes de la grève des médicaux et des paramédicaux

    Ceci étant, pourquoi L’ Organisation Internationale de la Francophonie ( Abdou Diouf ), la France ( Alain Joyandet, depuis août 2009 )et la Françafrique ( Sarkozy ), se présentent-elles comme les partenaires incontournables de Madagascar pour avancer – à tout bout de champ – la solution électorale comme sortie de crise; et, par la même occasion, aider les ” pauvres Malgache dans l’ organisation des élections” ?

    Qu’elles sachent que les Malgaches eux – mêmes sont assez grands pour accepter que l’ issue finale à cette crise – initiée dès le début par la France – reste les élections. Mais, des élections “libres, consensuelles, inclusives et transparentes ” – en tout cas, pas unilatérales comme pense le faire la HAT & Co malgré toutes leur gesticulations et autres déclarations dans ce sens . Quant à leur organisation, de nombreux partenaires internationaux non encore sollicités vont certainement sa manifester en temps opportun.Curieux que la France en fait un leitmotiv comme si – elle seule – a les moyens de le faire.

    Enfin, n’ oublions pas que la France – mieux la Françafrique – s’ est toujours portée volontaire dans l’ organisation des élections en Afrique au Sud du Sahara cad francophone.La plupart du temps, sa participation débouche sur des problèmes; quand elle ne contribue pas à leur report qui s’étale sur plusieurs mois quand ce n’ est pas sur plusieurs années.

  7. Alidera A.R. permalien
    29 mars 2010 11:52

    100 000, moins ou plus, ça n’a aucune importance. Travail et devoir de mémoires? pour quoi faire?

    Sur la cour de notre caveau familiale du coté de ma grand mère paternelle, il y a un stèle où est marqué les noms des membres de la familles les portés disparus en 1947. Ils sont allés au delà d’Antananarivo pour avoir cette fameuse indépendance. Qu’en a-t-on fait? A commencer par nous même, leurs descendants directs? puis nos “fameux” historiens, ceux sensés être nos intellectuels et gardiens de nos patrimoines? Que doit faire un peuple qui veut vraiment que l’on n’oublie pas son histoire?

    On a un oncle dont le père fût un des leaders, voire le leader historique du MDRM. Je sais qu’il oeuvre beaucoup pour cette épisode de l’histoire de Madagascar, mais son travail reste muet au niveau national.

    A quoi sert un devoir de mémoires quand on a laissé le fils d’Albert Ratsiraka, un des “meurtriers” de Moramanga en 1947, diriger Madagasikara? A quoi sert un devoir de mémoires quand c’est Tsiranana, la gloire de la trahison et de la haine, celui même qui a vendu les malagasy à la France, qui est devenu premier Président de la République de Madagascar? A quoi sert le devoir de mémoire quand on occulte une grande partie de la vérité sur l’histoire?

    Célébrer le 29 mars 1947 tel que l’on fait depuis 1960 c’est juste glorifier la trahison et la haine. Et d’ailleurs, ni Tsiranana, ni Ratsiraka, ni Zafy, tous des PADESM ou Fils de PADESM n’ont rien fait pour que la vérité soit faite. Pour eux, que l’on veuille ou non, le 26 juin 1960 c’est la concrétisation de leurs revanches sur ceux que les français leurs ont inculqué comme leurs ennemis.
    Pour mémoire, aucun membre et/ou fils de collabos n’ont pu gouverner la France depuis la fin de la 2ème Guerre mobdiale.

  8. 29 mars 2010 12:27  

    Tres interessant, et tres bien illustre, Merci.

  9. Manantena permalien
    29 mars 2010 12:29  

    Excellent article pour cet anniversaire. MERCI, Ndimby!

    Les protestations d’A. Camus, en mai 1947, restent encore vraies en cette annee 2010, dans la crise actuelle, seules les methodes ont varie:
    « si, aujourd’hui, des Français apprennent sans révolte les méthodes que d’autres Français utilisent parfois envers des Algériens ou des Malgaches, c’est qu’ils vivent, de manière inconsciente, sur la certitude que nous sommes supérieurs en quelque manière à ces peuples et que le choix des moyens propres à illustrer cette supériorité importe peu.«

    M. Francafrique, le juriste Bourgi, conseille notre DJ national a fouler aux pieds toutes les lois fondamentales pour faire de Madagascar un pays de non-droit. La France n’agit plus officiellement pour pouvoir dire, comme en Rwanda: .

    Un professeur d’Universite, docteur en droit, nous a dit ceci hier: .

  10. Manantena permalien
    29 mars 2010 12:36  

    Une erreur de manip a du efface les remarques du professeur de droit:

  11. racynth permalien
    29 mars 2010 1:25  

    C’est vrai vous avez raison de nous rappeler cela plutôt que que ne rien dire, moi particulièrement je n’étais pas encore née mais mon arrière grand-père lui était membre du MDRM et nous racontait de son vivant comment chaque soir la peur au ventre il allait dormir habillé comme pour aller sortir avec son manteau attendant de pied ferme les vazaha, mais heureusement pour lui ils ne sont jamais venu , chance que n’a pas eu la plupart de ses amis qui se sont fait massacrés voir tués. Paul Ricoeur a raison de dire que “• le racisme est le vice des Français aux colonies ;” et quand on entend un certain Zemmour dire qu’il n’existe que deux races au monde , la race blanche et la race noir et que comme la race noir est descendant des esclaves, forcément la race blanche est supérieur à la race noir, on se demande si le fait de rappeler l’histoire à des genres de vazaha pareil ne fait que réconforter leur sentiment de supériorité.

  12. Holim permalien
    29 mars 2010 10:05  

    Ce que Zemmour ne prévoit pas, c’est que la souffrance partagée crée une solidarité dans une identité commune – surtout imposée par l’autre. Comme Sartre le disait si bien : c’est l’antisémitisme qui a créé le juif. De même, c’est l’orientalisme des Occidentaux qui a créé l’Orient au XIXe siècle (E. Saïd). Peut-être Zemmour souffre-t-il lui même d’être juif ? Quelles que soient ses motivations, elles ressemblent sinon à une maladie, du moins à une obsession : la même que celle des coloniaux français qui se meurent de nostalgie du passé – signe d’une grande faiblesse.
    Voilà pourquoi je ne m’attache pas aux élucubrations françaises et reviens à l’essentiel : l’urgence d’écrire nous-mêmes notre histoire. Il s’agit avant tout de l’histoire de notre Nation.

    C’est cette urgence que devrait convoquer chaque commémoration du 29 mars.

  13. Alidera A.R. permalien
    30 mars 2010 6:34  

    A quoi sert-il d’écrire l’histoire si l’on n’en peut pas tirer de leçons?

    Ma première remarque est de nous demander comme se fait-il que le fils du “Boucher de Moramanga” ait pu devenir un président de la République de Madagascar?

    Comment se fait-il que sachant que Ndrema, pour sa posture pro-franco-Tsiranana, était une des raisons pour lesquelles l’Hôtel de Ville d’Antananarivo ait été incendié, ait une longivité politique aussi énorme?

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 109 followers