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La faillite des élites

21 juin 2010

Cette semaine se prête admirablement à une petite rétrospective des cinquante années d’indépendance, à l’aube du 26 juin 2010. La publication par la Banque mondiale de son recueil « Vers un agenda de politique économique » donne des chiffres qui font froid dans le dos. De 1980 à 2008, le rapport entre les revenus par habitant de Madagascar et de Maurice est passé de 2,7 à plus de 15.

On pourra écrire des encyclopédies entières pour expliquer pourquoi on rampe si bas quand d’autres peuvent voler si haut. On pourra chercher des excuses dans la colonisation puis la décolonisation, la Françafrique, les aléas climatiques, le manque de chance ou un mauvais karma. Il faudrait cependant admettre qu’après cinquante ans de retour à l’indépendance (1), l’actuelle crise et le terreau qui l’a peu à peu favorisé depuis des décennies résultent de la faillite des élites. Le terme est ici utilisé dans le sens que lui prêtent souvent les sciences politiques (« gens de pouvoir »), et non dans le sens de « gens de qualité ».

De manière générale à Madagascar, les personnes dont le cursus académique, l’expérience professionnelle ou la qualité de la personnalité pourraient en faire des politiciens dignes et valables, refusent de s’impliquer dans la vie politique malgache. Celle-ci est jugée trop dangereuse, pas assez stable, insuffisamment rémunératrice, et surtout, avec des règles qui tiennent moins de l’éthique que de pratiques mafieuses. Dans ce milieu, ce n’est donc pas le plus intelligent ou celui qui a les idées les plus pertinentes qui a le plus de chances, mais celui qui a le moins de scrupules et le plus d’argent pour acheter les voix, financer les gros bras et les grandes gueules, soudoyer des mutins. Résultat : sauf à de très rares exceptions près, les « gens bien » hésitent à faire de la politique à Madagascar, et laissent le champ libre aux incompétents, à la racaille, aux bonimenteurs, aux nageurs en eau trouble, à ceux à la loyauté à géométrie variable, à ceux pour qui retourner la veste est un acte normal, et ceux qui ont identifié « les astuces » pour rentabiliser une activité politique. Avec ce casting d’enfer, comment alors s’étonner de la situation actuelle ?

Le politicien malgache recherche l’apparat avant même de chercher à la mériter par l’efficacité et la réussite. C’est à qui montrera la plus belle voiture, le plus grand nombre de gardes de corps et autres signes extérieurs pour montrer qu’on est devenu quelqu’un d’important. L’autre jour, un ami me racontait avoir vu à Ampefiloha un des dinosaures membres de la Haute autorité de la transition (HAT) garer sa voiture en plein milieu d’une rue, juste parce qu’il allait dans une épicerie. Ainsi, la classe politique malgache est surtout une classe de parvenus. Et je note, en particulier dans ce régime hâtif, que la qualité du politicien est inversement proportionnelle au nombre de gardes de corps, surtout en dehors des chefs d’institution.  

Après le départ de Herizo Razafimahaleo, qui est un des rares à avoir tenté de placer la politique à un niveau de pratique digne et éthique, il semble que ce soit le désert, y compris dans son propre parti. Nous avons environ 180 partis politiques enregistrés actuellement, mais nous n’avons pas 180 projets de société. Nous n’en avons même pas un. Le projet de société hâtif était de virer Marc Ravalomanana. Normal qu’une fois ceci effectué, cela devienne le règne de l’improvisation, de l’amateurisme et de l’inefficacité. Comme disait Sénèque, « il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va ». C’est donc ce mépris mérité de la population envers la classe politique qui explique la fameuse majorité silencieuse, dont un des ministres de l’actuel gouvernement aime pourtant se gausser ainsi : « majorité silencieuse ? Toa ny vatolampy, ngezabe fa angerezan’ny vorona fotsiny ». On voit le niveau de respect du peuple, mais surtout le niveau de la mentalité de nos élites, si élites il y a..

Le problème de la formation

Le francophone que je suis est loin d’être francophile, mais au moins je reconnais que la présence de l’ENA en France a le mérite de former une ossature solide à l’administration publique. Et quand les énarques qui le souhaitent deviennent politiciens, au moins ils ont été formés à connaitre et comprendre domaine qu’ils prétendent investir. Même remarque pour les diplomates occidentaux, qui suivent un cursus idoine avant de devenir un jour ambassadeur. Combien de diplomates malgaches ont-ils fait l’ENAM, et combien d’ambassadeurs malgaches peuvent-ils se targuer d’une carrière préalable de grand commis de l’Etat ? Comme dans tout pays du tiers-monde, les nominations se font à la tête du client, et sont souvent le fait du prince, pour récompense de services rendus, aussi tordus qu’ils soient. Ou pour éloigner quelqu’un qui risque de devenir gênant.

Sans doute seule la Première République a su véritablement s’attacher à former correctement ses futures élites, et à essayer de mettre aux postes techniques the right man at the right place dans les rouages de l’administration. Quant à Didier Ratsiraka a pollué la Seconde République avec ses idées foireuses à la sauce Djoutché. Marc Ravalomanana a fait quelques efforts (boursiers aux Etats-unis, création du National leadership institute etc…), dont il aurait dû essayer de profiter au lieu de penser qu’il était le centre du système solaire. Il faudrait donc profiter de cette crise pour renforcer l’ENAM, et également à donner plus de poids à ses diplômés dans les structures de l’administration publique. Et ce, au lieu de laisser des formations (qui cachent leur absence d’être par beaucoup de paraitre) battre le haut du pavé par un marketing talentueux.

Mais finalement, on peut aussi se poser la question suivante : à quoi ça sert de mettre des efforts sur la formation, quand des gens pensent sans rire qu’avoir été DJ a préparé à diriger correctement un pays, à comprendre l’économie et à assimiler la diplomatie. Comment alors s’étonner du chômage croissant actuel et du manque de reconnaissance internationale actuels ? Je répète ici un exemple donné dans un édito précédent : si on obligeait Air Madagascar à accepter un éditorialiste de Tribune.com ou un professeur d’EPS comme pilote, faudrait-il s’étonner qu’un crash survienne ?

En tous cas, on a vu les efforts de Monsieur Andry Rajoelina pour organiser les festivités du 26 juin. Organisation de concerts avec de grosses pointures nationales et des vedettes internationales même un peu périmées, podium géant à Anosy, installation d’un écran géant à Mahamasina. On ne l’a jamais vu bouger le petit doigt pour aller à la rencontre des ouvriers qui ont perdu leurs emplois à cause de son coup d’Etat, ou de ceux qui ont du fermer leurs entreprises du fait des effets de la crise. Mais dès qu’il y a une fête à organiser, des artistes à produire, des gens à faire danser et l’installation d’un grand écran à superviser, le locataire d’Ambohitsirohitra retrouve un semblant de dynamisme, hérité de son cursus académique d’organisateur de spectacle.

Cependant, derrière les efforts actuels tape-à-l’œil du régime hâtif pour amuser le peuple avec ces concerts, et surtout ces artistes vazaha payés faramineusement pour célébrer l’Indépendance de Madagascar, on note qu’il y a au moins un minimum de culture historique au sein de l’équipe de la transition. Depuis le temps des Romains, on sait que quand le peuple n’a pas de pain, il faut l’amuser avec des jeux de cirque pour qu’il oublie sa frustration, et ne songe pas à se révolter. Finalement, l’élite n’est donc pas en faillite dans tous les domaines. Dommage que ce ne soit pas dans un domaine vital, mais juste divertissant. Quoique quelquefois, les deux mots soient synonymes.

____________________

 (1) Petite remarque : contrairement à ce que la phraséologie du colon français et du PADESM tente de faire croire, Madagascar n’a pas découvert l’indépendance en 1960. Car bien avant que la France ne fasse main basse sur le pays en 1896, le Royaume de Madagascar était déjà une nation reconnue comme souveraine par la Grande-Bretagne depuis 1817.

30 Commentaires laisser un →
  1. COLONCON permalien
    21 juin 2010 7:33

    Mais , mon cher ami, Il fallait rester SOUVERAIN

    Pourquoi cela n a pas ete POSSIBLE ?…………Par ce que le MALGACHE ne sait pas se defendre d abord contre lui meme
    C est un arriviste , un pleutre , un assiste , et j arrete la

    On vous connait l ami
    Madagascar a decouvert la DEPENDANCE en 1896 , lorsque GALLIENI a fait fusiller les deux PRINCES Andriana qui ne voulaient rien savoir apres la defaite de l armee de la Reine ………………………BRAVO a ce CHEF , …….car cela a calme les ESPRITS,…………une bonne fois pour toute

    Vous autres………… les planques de Metropole ,vous n etes plus des GASY mais de fauxFRANTSAY avec tous leurs defauts . Par ailleurs , on a bien vu et entendu la DISCORDE totale entre les Gens de TANA et ceux d ailleurs , depuis 16 mois ……………….JAMAIS , JAMAIS , entendez vous , L ILE ROUGE , ne retrouvera la PAIX sans l autorite SEVERE d un ETRANGER COLONIALISTE ……votre choix aujourdh ui est simple ……la CHINE ; L INDE ; L ARABIE SEOUDITE ,………..BRAVO !!!!!!!!!!!
    HONTE a vous !!!!!!!!!

    • Ndimby A. permalien
      21 juin 2010 10:41

      Il faut toujours approuver ce genre de posts pour illustrer ce qu’est la bêtise humaine.

    • racynt permalien
      21 juin 2010 12:33  

      Bétise humaine c’est peu dire, il faut être complètement timbré pour dire des choses pareilles. Ce sont plutôt les colonialistes qui font tout pour foutre la merde afin pouvoir se présenter comme des sauveurs

    • Alidera A.R. permalien
      22 juin 2010 9:39

      Drack, coloncon ou etc. c’est la même personne.

      Depuis qu’il est là, je comprends sa frustration de voir ce pays évoluer en yoyo en côtoyant plus souvent l’amplitude basse que l’amplitude haute.

      Ses provocations montrent à quel point on a été incapable de réagir devant notre propre histoire. Là, on est vraiment dans le cadre de la faillite des élites…

  2. 21 juin 2010 12:26  

    Introduction à la publication de “La faillite des élites” sur rovahiga:

    A la veille de la fête de l’Indépendance et à l’heure ou d’autres comptent combien d’immeubles se parent du drapeau national, il est temps de bien connaitre qui fait quoi dans ce pays classé parmi les plus pauvres du monde, et faire la part des choses ! Elections obligent, il faudrait savoir séparer le bon grain de l’ivraie et choisir en son âme et conscience…s’il en reste. En tout cas, nous vous livrons cet article cruel de vérité et de bon sens qui n’a d’égal que le talent de son auteur.

    Vous ne m’en voulez pas j’espère. Grand merci et bonne continuation.

  3. Bakary permalien
    21 juin 2010 12:45  

    Note du modérateur : le commentaire suivant a été approuvé pour que l’on puisse apprécier à sa juste valeur la qualité de son auteur, à qui nous avons par ailleurs rendu hommage en remplaçant tous les gros mots par son nom.
    =====================

    Renforcer-na BAKARY hono ny ENAM BAKARY ! Aza mampihomehy BAKARY !

    Jereo BAKARY fotsiny hoe aiza BAKARY marina moa izany izao ny tena fahaizan’ny ENAM BAKARY ? fa toa tena tsy hita taratra BAKARY mihitsy izay fahaizany na dia kely BAKARY fotsiny aza hamaha izao olona BAKARY izao. Ny tena mampihomehy BAKARY aza dia azo antoka BAKARY mihitsy fa ny fahaizana ny fahaizan-dry BAKARY ‘ireo mananokana BAKARY mihitsy no nahatonga BAKARY an’izao olana rehetra BAKARY izao.

    Tsy ENAM, tsy ICM, tsy Ankatso fa toa mamohehitra BAKARY daholo.

    Efa 2 taona BAKARY aho izao no nandalondalo BAKARY tamin’y forum gasy rehetra, fa rehefa mamaky dia soratsoratra vendra-BAKARY daholo no vakiana BAKARY. Olona roa na telo BAKARY fotsiny no mba hita BAKARY mety misaina…

    • Bakary permalien
      22 juin 2010 12:16  

      Mampihomehy BAKARY tsss! J’assume BAKARY ry lery e. Dia soloy BAKARY daholo izay tsy reven’la rehetra.

      Ny contradiction-n’la ao anaty ligne iray dia efa hita. Diniho tsara dia ialahy ihany dia ahita azy : “Après le départ de Herizo Razafimahaleo, qui est un des rares à avoir tenté de placer la politique à un niveau de pratique digne et éthique, il semble que ce soit le désert, y compris dans son propre parti. Nous avons environ 180 partis politiques enregistrés actuellement, mais nous n’avons pas 180 projets de société”.

      Fa alohan’izany zavatra rehetra izany dia izao mampihomehy be ilay métaphore amin’ilay resaka avion. Afaka maka avion ialahy ry tary raha te haka aaa. Rehefa milay ny équipage dia na misy Ndimby ao, na misy TGV, na misy Zefa dia manidina foana ary tsy mianjera io avion io. Asaivo ovain’ny co-pilote ny paramètres de vol dia mandeha io…

      Dia fafao indray fa tsy maninona mihitsy fa efa tody any amin’la aloha izay ny hevitro.

      • Ndimby A. permalien
        22 juin 2010 10:11  

        Tsara rehefa manomboka voataiza BAKARY ialahy hoe tsy hiteny ratsy BAKARY intsony. N’inona n’inona hevitr’ialahy, na mitovy na tsia ny antsika, dia tsy misy olana rehefa ao anaty fifanajana. Fa tsy ny fomba fiteny ny foza orana BAKARY mahazatra an’ialahy no entin’ialahy eto. Isaorana aloha ialahy fa efa mba voataiza tsy hiteniteny foana tamin’ilay resaka farany, ka deraina fa manomboka mahazo loko ny sivilizasiona. Mankahery e

  4. 21 juin 2010 3:34  

    “”" et laissent le champ libre aux incompétents, à la racaille, aux bonimenteurs, aux nageurs en eau trouble, à ceux à la loyauté à géométrie variable, à ceux pour qui retourner la veste est un acte normal, et ceux qui ont identifié « les astuces » pour rentabiliser une activité politique. “”"

    => EXCELLENT !!! (cela se passe de commentaires)

    “”" Avec ce casting d’enfer, comment alors s’étonner de la situation actuelle ?”"”

    => là est la question essentielle de votre post, car beaucoup s’étonne encore. L’éducation est et sera toujours la priorité, c’est ce qu’à fait la Chine il y a 40 ans, et à l’époque elle était plus pauvre que Madagascar. La deuxième chose serait de remettre la machine judiciaire sur les rails, indispensable pour tous les autres rouages.

  5. Saryteny permalien
    21 juin 2010 3:53  

    Merci pour l’article .Neanmoins permettez moi de mentionner que dans Times of Madagascar ce titre a deja paru en 2009 (mais pas le contenu) .Toute vérité est bonne à etre rabachée .
    Petite remarque :ce n’est pas seulement l’ecole de Leadership qui a été mise en place sous R8 ,mais surtout par exemple (parmi d’autre)l’ecole de la magistrature et des greffes ,pourtant nous voyons ce qu’on fait à l’ inititeur de cette Ecole .
    Les gens parlent de l’ouverture prochaine d’une université de Disc-jockey avec la faculté de Masikita et de bonbons cocos ,les professeurs sont deja installés sous le pont de Ambohimananbola (by-pass);l’inscription est ouverte le 26 Juin 2010 au soir .

  6. Alidera A.R. permalien
    21 juin 2010 6:26  

    Herizo Razafimahaleo “aurait tenté de placer la politique à un niveau de pratique digne et éthique”? Faut-il le rappeler que le Leader Fanilo fait partie de ces partis politiques faisant, à un moment ou à un autre, joue-joue des boycottes par ci et par là pour se présenter au final aux élections présidentielles? Autrement dit, un de plus qui ne pensait qu’accéder à la fonction suprême. Je me demande toujours ce que nous entendons par démocratie? Républicaine?
    D’ailleurs, j’aimerais bien que l’on publie en quoi le Leader Fanilo innovait-il vraiment dans la façon de faire de la politique à Madagascar?

    Il ne suffit pas de dire que l’on soit digne et/ou éthique pour qu’on le soit vraiment.

    En ce qui concerne la faillite des élites, je parle plutôt de faillite intellectuelle généralisée. Il n’y a qu’à voir le décalage entre l’éducation et la société malagasy. Une des conséquences est que tout s’interprète dans tous les sens et dans toutes les directions pour aller finalement vers la médiocrité. J’ai pu apercevoir les commentaires de notre forumiste Bakary, un peu spécial dans son genre, certes, mais qui, pour moi, pointe vraiment le doigt là où ça fait mal. Si l’on ose faire la similitude entre l’ENA et l’ENAM, je serais vraiment ravi de voir que l’on me montre que l’ENAMien inonde nos entreprises et en assurent la prospérité. Le plus malheureux c’est de constater que l’ENAMien est incapable de résoudre un problème auquel il a été formé, l’ADMINISTRATION. Il ne suffit pas de soulever le nombre insuffisant d’ENAMien dans la diplomatie malagasy. Il faut en comprendre l’organisation et le mécanisme.

    Par ailleurs, je ne vois pas en quoi un DJ ne peut pas être Président de la République. Qu’y a-t-il de si différent entre un acteur et un DJ. Arnold S. n’est-il pas un acteur? avait-il une formation pour cela? Et ne dites surtout pas que la dette colossale de la Californie est à cause de lui. Aussi, je doute toujours de notre compréhension de la République et de la démocratie.

    Pour finir, Andry TGV n’est que l’image de notre société. Beaucoup de promesses, rien de concrets. Il n’y a qu’à voir ce qui se fait actuellement dans l’autre maison à deux pas de celle de la HAT.

  7. Baba kool permalien
    21 juin 2010 6:38  

    Eh oui c’est vrai ! Mais la bêtise humaine peut apparaître sous plusieurs formes : la connerie de Coloncon, l’autisme de Ravalomanana et de Ratsiraka, l’avidité de pouvoir de Rajoelina, l’idiotie de Christine Razanamahasoa ( mahasoa dites vous !! ), la mesquinerie de Ratsirahonana….

  8. joba permalien
    21 juin 2010 7:25  

    Avons nous des historiens? Qq1 peut nous informer de la signification du vote de 1958?
    Dans les années 60 et début 70, je me souviens que le 26 Juin était la fête de l’armée et on célébrait la fête national le 14 Octobre. Comment peut-on changer des dates aussi importante dans la vie d’une nation? Est-ce que la question a été posée par feu le Gal Ramanantsoa lors du référendum de 1972?
    Un de nos problèmes actuels vient du fait que la majeure partie des malgaches ne savent rien de leur histoire, nos historiens ont du boulot.

    • Alidera A.R. permalien
      22 juin 2010 9:20

      Connaître l’histoire!!! pourquoi faire? Je suis sceptique car depuis le temps que je l’ai dit ici et ailleurs, tout le monde s’en fout. Le PADESM n’est-il pas encore là aujourd’hui? Si on se rendait compte de l’histoire du “boucher de Moramanga”, ça nous aurait peut-être évité 30 ans de socialisme déduits de la période de Ravalomanana.
      Et puis, quand on voit la manière dont on exploite l’histoire autant dire laissez tomber ne pas la connaître.

      Nos historiens ont sûrement du boulot. Mais que pèsent-ils face à un Fremagacci largement soutenu par qui on sait et qui trouve d’importantes audiences chez les malagasy? D’ailleurs, bon nombre de nos historiens n’ose même pas publier ce qu’ils savent sous peine d’être décapité!!!

      Voilà une autre forme de ce que j’ai toujours appelé faillite intellectuelle généralisée.

    • iarivo permalien
      22 juin 2010 8:22  

      Le 26 juin est la Fête Nationale qui commémore l’Indépendance (décrêtée par la France) de Madagascar en tant qu’Etat (ou Nation) entièrement LIBRE et SOUVERAIN.

      Bien sur, comme dans la plupart des Etats indépendants un défilé des Forces Armées fait partie des festivités.

      Mais moins de 2 ans avant cette Indépendance, Madagascar était passé du statut de Colonie à celui d’Etat Républicain au sein de la Communauté française (je simplifie ici mais il y a eu en réalité plusieurs étapes intermédiares) décidé lors d’un Congrés qui débuta le 14 octobre 1958.

      Comme d’autres Territoires français étaient passé du statut de Colonie à celui de Département (Algérie, La Réunion, etc.)

      Le 14 octobre était donc la Fête de la République intimement liée à la 1ère Constitution (la Première République)

      La disparition de cette dernière entraina donc l’arrêt de la commémoration du 14 octobre.

      Il ne faut pas oublier qu’il y avait aussi en ces temps là les fameuses “kermesses PSD” festoyées avec autant d’enthousiasme et de ferveur (de la part des dirigeants) que les deux autres précitées.

  9. sevane permalien
    21 juin 2010 7:56  

    Elites et partisans de la médiocrité.

    Madagascar n’est pas dépourvu d’intellectuels, d’universitaires, d’hommes et de femmes dotés de savoirs très pointus, bref des sculpteurs potentiels d’un nouveau Madagascar, indispensables à une époque où le peuple est confronté aux pires difficultés économiques, politiques et sociales . Mais qu’en est-il de leur influence et de leur aura dans l’espace politique malgache et même au sein de la population ? Est-ce qu’on leur donne l’espace nécessaire pour s’exprimer et agir ? Pourquoi n’arrivent-ils pas à former un groupe solidaire et homogène (même si je ne nie pas l’existence de personnalités importantes qui, au péril de leur vie, mènent des luttes courageuses) ? Pourquoi ne sortent-ils pas du lot, où sont leurs idées de génie pour dénouer cette crise ? Sont-ils gagnés par la fatalité, la peur, la résignation ? Ou bien, sont-ils partisans de la médiocrité ?

    • Alidera A.R. permalien
      22 juin 2010 9:29

      “…d’hommes et de femmes dotés de savoirs pointus” peut-être mais à la lecture des questions qui suivent, je dirai que ces “savoirs pointus” ne sont pas si affûtés que ça.

      • sevane permalien
        24 juin 2010 12:12

        Hélas, il s’agit bien de la faillite des élites politiques mais des élites intellectuelles aussi.
        Je ne nie pas l’existence d’intelligences, de gens instruits dispersés par ici et par là. Mais tout ça manque d’objectifs sociétaux. Et pourtant, l’intellectuel, au sens Sartrien, existe par sa production. Pour que l’intelligence ait un sens, une réelle existence, elle doit être mise au service de la société. Sans parler des problèmes politiques, combien avons-nous d’élite scientifique ou médicale par exemple ?
        Même, nous autres, nous créons des blogs, nous participons à des forums, nous manipulons des concepts lors de débats plus ou moins complexes mais nos écrits ne sont accessibles et ne sont compris que par une infime partie de la population. Donc quel est notre apport ?

  10. 21 juin 2010 9:15  

    Cher Monsieur Ndimby A.

    Permettez-moi de vous féliciter pour la clarté de vos chroniques mais également pour la grande facilité apparente avec laquelle vous étayez vos idées.
    Je suis le plus souvent agréablement surpris par la pertinence de vos propos. Et je ne suis pas le seul.
    Je reprocherais peut être mais très rarement la longueur de certains articles.
    Bravo enfin pour votre maîtrise de la langue française.

    Permettez-moi également de vous remercier pour votre présence sur la toile ainsi que pour vos interventions.
    Vous faites partie de ceux qui enrichissent ma culture quotidienne. Vous provoquez les réflexions ainsi que les réactions.
    Je suis fondamentalement convaincu que la solution à nos soucis actuels passe nécessairement par le développement et le partage des idées ainsi qu’à l’appel au respect des grands principes.
    Vous le faites très bien. Et vous le faites avec une détermination sans faille.
    Merci.
    Au surplus, je prends plaisir, je me délecte en lisant vos articles.

    Je me devais de vous adresser ces mots pour manifester mon soutien et ma gratitude.

    Pour en revenir à votre dernière chronique, « la faillite des élites » :
    Il me semble que vous avez dressé un état des lieux triste mais objectif de la situation.
    Vous avez également entrouvert la porte des solutions mais sans l’enfoncer.

    Il est évident qu’une démocratie républicaine fonctionne si tous les acteurs disposent des compétences nécessaires à commencer par ceux qui dirigent.
    Vous avez précisément souligné nos lacunes dans ce domaine.

    Vous m’obligeriez et vos autres lecteurs vous seront reconnaissants si vous développez une réflexion sur la mise en place et l’organisation d’une structure ou institution de formation vers laquelle ceux qui ont le goût du pouvoir doivent passer.
    L’objectif étant de créer une classe de dirigeants capables et compétents, des dirigeants à qui on enseignerait de manière académique le sens du bien commun.

    Vous avez parfaitement pointé également les faiblesses et égarements de nos politiciens quand justement cette formation ou la déontologie font défaut.
    Mais ne sont-ils pas malgré tout de vrais politiciens dans l’âme ?

    En raison de notre histoire, de notre économie, de nos blocages et faiblesses, seuls les virages institutionnels périodiques leur donnent la possibilité de participer au pouvoir.
    Avec leurs moyens un peu faibles certes.
    Cependant, c’est notre disposition naturelle à vivre l’alternance même si elle est faussée.

    Je ne vous apprends rien en écrivant que les grandes démocraties soutiennent financièrement leurs politiciens fussent-ils très mauvais et généralement tous les porteurs d’idées et d’idéologies.
    Ceci à travers les passerelles entre l’Etat et les grandes sociétés mais également certaines tolérances en matière de financement des partis ainsi que les pots de vin occultes pour ne pas les citer.

    L’idée à s’inspirer sinon à traduire dans notre pays étant de mettre fin à l’angoisse du « hors du pouvoir, point de salut ».
    Cette angoisse réelle expliquant certains nombre pratiques et comportements douteux.
    La solution se concevrait par un soutien financier mais concret aux politiciens maintenant tous bien déterminés.
    Il est envisageable que ce soutien, s’il est institutionnel, coûterait moins cher pour le contribuable et serait plus efficace pour notre apprentissage de la démocratie.

    Il me serait bien agréable d’échanger mes modestes opinions avec vous à ce propos.

    Dans l’attente du plaisir de vous lire bientôt,

    Avec toute ma sympathie.

    andriamanalina

    P.S :
    L’impossibilité de m’authentifier sur le site madagascar-tribune.com malgré de multiples tentatives m’a empêché m’exprimer plus tôt.
    Vous voudriez bien signaler ce détail aux techniciens du site.
    Je ne dois pas être le seul à être dans cette situation. Ce qui expliquerait l’absence de nouveaux intervenants sur votre site ?

    • Ndimby A. permalien
      22 juin 2010 10:12  

      Merci infiniment de vos mots qui me vont droit au coeur. Je prendrai contact avec vous par mail.

      • Olivier permalien
        24 juin 2010 3:33  

        Salut Ndimby, après qqs jours de pause je voudrai vous demander s’il est pareil de dire faillite des élites et bad men (women) in the right places. Puisqu’on a tellement de bac+10 et même largement au dessus (+15;…) mais ce ne sont que par exemple les “bado women” telles que Ramadinesy; Nathalie Rabe…vava et Rakirisy qui occupent des places actuellement. En effet pour cette dernière (Rakrisy) par exemple comment étant parmis les 109 punis de la SADEC et de l’UA, ne ferait-elle pas mieux d’abord de négocier avec la SADEC et l’UA de l’enlever de cette liste au lieu de négocier pour l’extradition de Ra8 avec la RSA qui est membre de ces mêmes entités ? Izy voasazy indray izany no mba miantso olona ho tsraina sy ho sazina !!! De même pour Litakely, quoique lepluzanciendanslegradelepluzélevé, lery qui est aussi dans la liste des 109 punis mais qui invite pourtant des militaires des pays tjs membres de la SADEC/UA à défiler ici le 26 juin 2010 !!! Sinon s’il y a un domaine où l’on ignore totalement la logique c’est peut-être celui de la politique. So where are the right men/women in the right places.
        Enfin où sont nos Bodo, Njakatiana, Tsiliva, Jerry Marcos, Melky, Jaojoby, Mily Clément, Ambondrona, Raimbla,… & autres meilleurs artistes à éparpiller dans les 22 régions durant cette festivité (n’est ce pas la décentralisation effective l’un des motifs lancés au 13 mai en 2009 pour aboutir au coup d’état ?) au lieu de dépenser des sommes faramineuses pour des Vitaa, Kasavy ou Bigali,… Peut-être parcequ’il y a de bonnes gens bien placées.

  11. Nirina permalien
    22 juin 2010 1:23

    J’ai beaucoup aimé cet article et la façon dont vous présenté vos idées. Bravo!
    Mon opinion sur le sujet est que les malgaches (et les africains d’ailleurs) ont tendance à croire que ce sera la politique qui va résoudre leurs problèmes, avec des dirigeants responsables, démocrates et intelligents. Je pense que ça a peu de chance d’arriver car il y a peu de pays au monde ou dans l’histoire qui peuvent se targuer d’avoir eu de tels dirigeants. La réussite est avant tout économique, et c’est là que l’élite du pays devrait se concentrer et laisser la politique aux médiocres. J’entends par élite les gens qui ont eu la chance de faire de grandes études, ceux qui ont des moyens financiers, ceux qui sont capables par leur niveau académique de s’investir dans un domaine donné pour se donner une renommée à l’échelle internationale. Malheureusement, les malgaches et les africains, le peu qu’ils aient réussi à l’étranger, ils ne pensent plus qu’à rentrer pour faire de la politique.

  12. Bakary permalien
    22 juin 2010 4:54  

    Mampihomehy be ilay tsy mahatanty resaka kanefa be resaka…

    • Ndimby A. permalien
      22 juin 2010 10:22  

      Tsy ny resaka rangaha ‘ty no tsy tanty fa ilay fomba firesaka a. Sa ve rehefa miady hevitra dia tsy maintsy hoe miteny ratsy, raha tsy izay tsy hita hoe tena katraka ?

    • La fusée permalien
      22 juin 2010 10:58  

      Tsy mahagaga fa fomban’ny foza ny manompa rehefa tsy manana raison, dans les discussions les injures sont les raisons de ceux qui ont tort.

  13. 24 juin 2010 7:40  

    J’ai mis du temps pour retenir le sens des “élites” en tant que “gens de pouvoir”, et je trouve assez bizarre de les appeler élites.

    En vous lisant Ndimby, on ne peut qu’être d’accord et se demander que pourrait-on dire de plus sur nos politiciens ? Mais c’est aussi le genre de constat qui vous fait réagir : oui et alors qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

    Est-ce parce que les gens de qualité ne sont pas engagés que des fripouilles sont régulièrement élus députés, quelque soit le numéro de nos républiques ? N’est-ce pas plutôt une question à retourner à l’électeur qui ne fait pas de vote responsable ?

Rétroliens

  1. Commémoration des 50 ans d’indépendance de Madagascar « Reflexiums
  2. Elections : petit bémol sur un sujet majeur « Fijery, le blog de Ndimby A.

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