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Mourir pour des idées…

25 novembre 2010

Un proverbe arabe dit : « Il vaut mieux être un lion mort qu’un chien vivant ». Mais cela en vaut-il toujours la peine ? Faut-il, selon l’expression consacrée par Georges Brassens, « Mourir pour des idées » ? Si l’on considère que la mort n’est pas seulement le décès, mais tout ce qui peut atteindre l’intégrité physique et morale d’une personne, le Panthéon de ceux qui ont payé de leur vie, de leurs biens ou de leur liberté le fait d’exprimer des idées contraires à celle du régime en place n’est pas près de fermer ses portes, surtout à Madagascar. Selon la presse, une soixantaine de personnes croupit actuellement en prison pour des raisons politiques : à part les tramways et les stades, un fonja mora est-il prévu dans les investissements chinois pour caser tous les opposants, les journalistes, la société civile, et sans doute prochainement, les ambassadeurs de la communauté internationale ? (*)

L'homme de Tien'anmen (http://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_de_Tian'anmen)

La géométrie variable imprimée à l’application de la Loi à Madagascar est extraordinaire. Les personnes qui ont grimpé au pouvoir par le biais d’un coup d’Etat appuyé par une mutinerie, accusent maintenant à tour de bras leurs adversaires de « déstabilisation, atteinte à la sécurité publique, mutinerie, tentative de coup d’Etat, organisation de rassemblement interdit, destructions de biens, trouble de l’ordre public, atteinte à la sureté de l’Etat, diffusion de fausses nouvelles etc ». Thèmes sur lesquels ils se sont assis sans scrupule de janvier à mars 2009, et même après. Il faudrait que le corps humain confonde le cerveau avec l’anus pour oser dire que les mêmes catégories de faits sont méritoires quand ils sont perpétrés par certains en 2009, et détestables lorsqu’ils sont par d’autres en 2010. Surtout que certains sont devenus les autres : comprenne qui pourra.

Le pouvoir ne peut qu’être sujet à une lutte dans toute démocratie, mais je continue à garder l’illusion que le terrain du jeu politique devrait prendre l’allure d’une partie d’échecs entre gens futés et bien élevés, et non obligatoirement à un ring de boxe pour sauvages tel qu’on le voit depuis un certain temps. La doctrine de la brute épaisse ne peut donc recueillir mon adhésion, quelle que soit son efficacité.

Selon Wikipedia, « le totalitarisme est le système politique (…) n’admettant aucune opposition organisée, (…), imposant à tous les citoyens l’adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis de la communauté ». Et selon le RMDH 2002 du PNUD, la démocratie se caractérise par :

« (i) Un système de représentation, avec des partis politiques et des groupes de défense d’intérêts qui soient opérationnels ; (ii) Un système électoral garantissant des élections libres et non entachées d’irrégularités, ainsi que le suffrage universel ; (iii) Un système d’équilibre reposant sur la séparation des pouvoirs, avec une branche judiciaire et une branche législative indépendantes ; (iv)Une société civile active, à même de contrôler les actions du gouvernement et des entreprises privées, et de proposer des modes différents de participation politique ; (v) Des médias libres et indépendants ; et (vi) Un contrôle effectif des civils sur l’armée et les autres forces de sécurité ».

A chacun de voir en l’objectivité de sa conscience intérieure la définition qui correspond le mieux à Madagascar. Mais pour ma part, je ne crois pas qu’on devienne démocrate juste parce qu’on a mis « démocratique » dans le nom de la République, ou qu’on a inauguré une pseudo-Place de la démocratie.

La crème et la gadoue

Après cette approche un peu théorique, revenons-en aux cotés pratiques, même si, malgré le titre, on ne souhaite la mort de personne. L’affaire du BANI nous a permis de découvrir deux nouveaux mots. Le premier est pronunciamiento. Le second est celui de « crème » : c’est en effet de ce vocable que certains griots hâtifs ont baptisé les intellectuels qui se refusent à courber l’échine. C’est un peu comme les cancres d’une classe qui jouissent et se réjouissent de surnommer Babar le premier de la classe, sous prétexte qu’il a des oreilles proéminentes. Mais bon, il est normal que la crème et la gadoue ne fassent pas bon ménage : quand leur esprit est tordu et peu porté sur la philosophie, les moches rêvent toujours de prendre leur revanche sur les beaux, les pauvres sur les riches, les ignares sur les intellectuels, les malingres sur les musclés, les impuissants sur les Don Juan etc. Toutefois, là où ça en devient émétique (1),  c’est quand la mesquinerie va jusqu’à l’utilisation des prérogatives de la force publique pour monter des dossiers de toute pièce, juste pour rabattre le caquet de ceux qui les survolent. En première ligne de la « crème » honnie par les évangélistes de la secte des hâtifs, il y a donc Raymond Ranjeva et Sahondra Rabenarivo.

Premier cas, Raymond Ranjeva. Sous prétexte que le putsch d’Ivato avait pour objectif de remettre le pouvoir à quelqu’un, et que le Professeur Ranjeva n’avait eu de cesse depuis quelques mois de réclamer la tête de la Transition avec son projet Vonjy Aina, le Professeur est dans l’œil du cyclone. Dommage collatéral : sa fille fut aussi séquestrée au nom de la Loi pendant plusieurs heures, parait-il pour les raisons de l’enquête. Il faut vraiment avoir une imagination fertile nourrie au NPK pour envisager un seul instant que cette famille d’intellectuels racés puisse être associée de près ou de loin à une initiative aussi foireuse que celle du BANI.

Deuxième cas, Sahondra Rabenarivo. Autre intellectuelle brillante, son nom a été associé hâtivement aux commanditaires de l’affaire du BANI par une certaine presse. La “preuve” évoquée par le journaliste est tout de même curieuse : Sahondra Rabenarivo serait liée à cette affaire  car elle ferait partie de la mailing-list de Vonjy Aina, qui était (dixit l’article) « l’outil principal ayant été utilisé tant pour mobiliser l’intelligentsia nationale que pour servir de liaison communicative entre Raymond Ranjeva et certains ténors du groupe militaire ayant concocté la tentative de coup d’Etat à Ivato ».

Il vaut mieux entendre ce genre d’argument que d’être sourd : depuis le début de la crise, les mailing-list sont la grande mode pour diffuser des informations et discuter entre citoyens. Si le fait d’être destinataire de mails ou de faire partie d’une mailing-list qui véhicule des idées anti-HAT signifiait qu’on était susceptible de jouer à l’écrevisse et se déshonorer par un coup d’Etat, alors dans ce cas, il faudrait enquêter la moitié des internautes malgaches. Moi-même, je fais partie d’une demi-douzaine de mailing-lists, y compris même une liste de discussion pro-HAT : je ne sais quel crétin y a placé mon adresse, mais finalement, cela me permet de rigoler en regardant les échanges qui sentent toujours le foin et le purin. Autre exemple, certains forumistes pro-HAT et même des politiciens de la Transition font partie de la mailing-list qui reçoit mes éditos : sont-ils pour autant alignés à mon point de vue affiché de « légaliste anti-coup d’Etat sans être zanak’i dada »  ? Faire partie d’une mailing-list, c’est comme écouter la radio : ceux qui écoutent Radio Viva, pour une raison ou une autre,  sont-ils tous des adorateurs du gourou orangé ? Mais bon, le ridicule ne tue pas le penseur hâtif, aussi tenté déjà que cette expression ne porte pas en elle-même les germes de la contradiction.

A chaque fois que j’entend une calomnie, je me souviens de la fameuse phrase de François Mitterrand après le suicide de Pierre Bérégovoy, et ce à cause d’accusations mensongères colportées par certains journalistes : « Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie, au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous ». No comment. Mais bon, François Mitterrand était juriste, il vivait dans une démocratie, et il avait gagné sa place par des élections. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

Malheureusement, dans l’ambiance actuelle à Madagascar, la Force a pris le pas sur le Droit, faisant ainsi mentir la fameuse injonction de Cicéron qui disait « Cedant arma togae » (Que les armes cèdent à la toge [du pouvoir civil]). A l’ombre protectrice (et bienfaitrice) d’un régime qui prétend user de la Foi tout en s’asseyant sur la Loi, certains se sentent le pouvoir de dire tout ce qu’ils veulent sans être inquiétés. Tout le monde doit donc se méfier, car n’importe qui peut être accusé de n’importe quoi : d’avoir assassiné Ratsimandrava, commandité les attentats du 11 septembre, financé les bombes artisanales, pratiqué la pédophilie, ou je ne sais trop quoi encore.  Que personne ne s’étonne d’apprendre un jour dans la presse des 12 collines que Ndimby est en fait Oussama ben Laden, réfugié à Madagascar après avoir coupé sa barbe et lavé son turban (ou vice-versa).

Fitiavana de mes 1 + 1 …

Dans une de ses dernières chroniques, VANF protestait contre les intimidations perpétrées contre Raymond Ranjeva , évoquait  « la supériorité morale qui refuse et condamne la délation institutionnalisée, la détention arbitraire, le terrorisme journalistique », condamnait « un star-system qui nivelle par le bas de l’Entertainment la culture pluriséculaire du mérite par le savoir », et soulignait que « l’intelligentsia ne doit pas avoir honte de savoir parce que les cancres se seraient emparés des médias ». J’ose espérer qu’il ne parle pas de moi, mais de manière générale, j’adhère entièrement à ces trois points. Et je suis admiratif de son courage à défendre Raymond Ranjeva publiquement, quand la plupart se tait prudemment, la queue entre les jambes.

Car de nos jours, un mot de travers, un article de trop ou un éternuement trop dissonant peuvent vous amener très rapidement aux trois voyages qui ne seront pas sur la banquise : première étape, la rumeur : les colonnes ou les ondes des médias hâtifs ; deuxième étape, la terreur : les bureaux de la gendarmerie ; troisième étape, la douleur : une cellule à Antanimora. Et tout ceci, sans que qui que ce soit ne lève le petit doigt. Et là, je pose la question à tous les va-t-en-guerre de salon, qui d’Antananarivo ou de 10.000 kms, appelaient des politiciens ou des membres de la société civile à oser se lever pour se dresser contre l’injustice : où sont-ils et que font-ils devant de telles tentatives d’intimidation contre ceux qui refusent la pensée unique des gros bras et grandes gueules ? En politique comme ailleurs, les conseillers ne sont jamais les payeurs, et comme disait Brassens,

Les Saint Jean bouche d’or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d’ailleurs, s’attardent ici-bas.

Laissons cependant les enquêtes sur le Professeur Ranjeva et son entourage se faire sereinement pour clarifier les choses, en espérant que ses responsables aient la volonté, la capacité et surtout la décence de les mener honnêtement, loin de la pression des griots qui veulent jouer au procureur ou à l’officier de police judiciaire du dimanche. Toutefois l’expérience des deux ans passés n’invite pas forcément à l’optimiste : rappelons que même le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) a pointé du doigt dans ses communiqués la politisation actuelle de la Justice.

Depuis que les rédacteurs de la Constitution ont niaisement obtempéré et mis le Fitiavana (Amour) dans la devise de la République (2), jamais ce mot n’a eu aussi peu de sens depuis le retour à l’Indépendance en 1960, tout comme celui de Démocratie. Enhardi par le silence complice de la Communauté internationale, le régime multiplie les violations de plus en plus fréquentes des droits de l’homme les plus élémentaires. Certains pays se permettent même d’envoyer des observateurs pour valider un référendum bancal, prélude sans doute d’actions de lobbying pour encourager la communauté internationale à se déculotter à court terme. « Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants; c’est l’indifférence des bons »  disait Martin Luther King. Encore un qui est mort pour ses idées. L’exemple des dinosaures politiques malgaches montre au moins une chose : pour vivre heureux et longtemps, il faut soit se taire, soit se fondre dans la meute dirigeante du moment, quite à retourner la veste après.

Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J’en conclus qu’ils doivent se dire, en aparté
“Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
D’accord, mais de mort lente”

 

_____________ 

(*) Mon excellent confrère Sylvain Ranjalahy (Express de Madagascar) parle aujourd’hui dans son édito de “An-tany mora”. Brillant.
(1) Zou sur le dictionnaire ?
(2) Heureusement qu’ils n’ont pas pensé à mettre “Fitiavana – Fahafinaretana – Tosam-pifaliana “. Et même s’ils avaient rajouté “Viva – Oh la la”, le ENY l’aurait toujours remporté.

23 Commentaires laisser un →
  1. balita permalien
    25 novembre 2010 5:13  

    Initié un geste citoyen (TOUS ENSEMBLE) pour dénoncer cette situation, est il possible?si oui comment?

    • Ndimby A. permalien*
      25 novembre 2010 6:01  

      Il faudrait d’abord que tous ceux qui ont soutenu (par défaut, par intéret ou par conviction) ce putsch se rendent compte qu’ils ont fait fausse route et admettent qu’ils ont entrainé le pays dans un fossé.

      • balita permalien
        25 novembre 2010 6:38  

        NOUS sommes tous responsables car nous n’avons pas su (par conviction,par peur ou par lachete) defendre le choix d’un president elu lorsqu’il a demissione et transmis le plein pouvoir à un directoire militaire.Si seulement les defenseurs de la democratie etaient tous venus defendre ce choix à l’episcopat le 17 mars 2009 peut etre que le pays ne serait pas la ou il est à ce jour…si seulement…

        • Ndimby A. permalien*
          26 novembre 2010 11:18

          C’est vrai, nous sommes tous responsables, mais pas au même degré. Entre ceux qui laissent faire et ceux qui encouragent, entre ceux qui ne s’opposent pas (“par conviction, par peur ou par lacheté”) et ceux qui participent, il y a une grande différence.

          Mettre le début de la crise au 17 mars serait faire l’impasse sur tout ce qui s’est passé depuis le début (Place de la démocratie, lundi noir, samedi rouge, mutinerie du Capsat etc).

          Le 17 mars était d’abord une histoire entre militaires. C’était d’abord aux militaires de régler cela. Si seulement si…

          • balita permalien
            26 novembre 2010 1:06  

            pourquoi attendre toujours des autres? le 17 mars ce n’était pas uniquement une histoire entre les militaires car si j’ai bien regardé la vidéo il n’y avait que les partisans de TGV dehors…mais ou étaient donc passé les partisans de Ravalo et les intellectuels gasy à ce moment là??ils n’ont pas osé s’opposer à ces comment dites vous déjà des “foza” qu’ils ont préféré rester cloitrer chez eux.Ou tout simplement ce sont tous des “sages” et qu’ils n’ont pas voulu se salir les mains sur des écrevisse marbrées (zay moa)??
            Le pays va mal et on a besoin de tout le monde. Je ne partage ni l’opinion politique de Mr Ranjeva ni celle de TGV mais j’avoue que Ranjev mérite mon estime le fait de dire et de proposer à VOIX HAUTE ce qu’il pense pour résoudre ce problème de ce pays…si seulement j’avais cette qualité là…si seulement…

          • Joba permalien
            26 novembre 2010 4:40  

            Ndimby,
            L’attaque d’Ambohitsirohitra s’est passée le soir du 16 Mars, la chronologie est très importante.

  2. 25 novembre 2010 5:58  

    “Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente”, chantait Brassens – ce que la mise en images du clip ci-dessus déforme un peu. Brassens, artiste “dégagé”, comme dirait l’autre? (Et je sais à qui je pense…)

  3. itoss permalien
    25 novembre 2010 6:16  

    Ndimby, les idées, ça va, ça vient hein! (comme toute chose de la vie d’ailleurs ;-) )… tandis que la mort est à sens unique.

    Je dirais plutôt, mourrons INTELLIGEMENT pour des idées, …. de mort très très très lente.
    :)

  4. racynt permalien
    25 novembre 2010 7:52  

    Je crois que leur cerveau sont nourri carrément de champignon halucinogène pour accuser à tord ainsi Ranjeva

  5. Lucie permalien
    26 novembre 2010 1:20

    Vivre pour des idées .

    1)La martyrologie victimère
    n’est pas une idéologie qui tenterait un grand nombre.En tout cas, Razily aurait pu être celui-là, brandissant devant les caméras le drapeau malagasy et son exigence de démocratie.Malgré leurs instincts de violence , les brutes armées ont dû le relâcher sain et sauf en 2009 car un martyr mort est un symbole dangeureux . Donc exit les modèles Mandela et Gandhi à Madagascar pour cette crise-ci.

    2)Que pouvons-nous faire ?
    Travailler en réseaux pour ube synergie effective de toutes les compétences , vigilance , solidarité , alerte de l’opinion nationale et internationale à chaque manquement au respect de nos libertés .Recueillir les témoignages et tenir un décompte de tous les évènements même les plus anodins …

  6. Kitana etc...... permalien
    26 novembre 2010 9:34

    Bonjour,

    Merci Ndimby A.! C’est du grand Ndimby !

    Maintenant, qu’aurais-je fait a la place de M. le Professeur Raymond RANJEVA? Aurais-je sacrifie ma fille entre les mains d’individus connus surtout par leur manque surtout de savoir-etre, leur promptitude a s’acharner sauvagement sur la non violence genante?

    Je n’ai pas de reponse, je l’avoue.

    Je constate, seulement, que sa presentation en personne a la gendarmerie, suite a une convocation, est une demonstration d’humanite, de Noblesse de coeur.

    Maintenant, a la place de M. le Professeur Raymod RANJEVA, irais-je detruire tous les documents relatifs au VONJY AINA, ces fruits de mon idee sur un plan de sortie de cette crise profonde dans laquelle mon Tanindrazana a ete entraine depuis voici presque dex ans?

    Non, je ne le ferais pas. Et je suis convaincue que telle est aussi la position de M. le Professeur Raymond RANJEVA depuis l’elaboration de son plan. Car son offre se fonde sur la LOI , s’appuie sur des Principes Fondamentaux de Droit et propose a la Nation une methode de gouvernance transitoire breve et solide, en vue d’un retablissement d’Etat defini par la norme superieure de droit qu’est la Constitution voulue et votee par la population.

    En effet, comme l’a exprime M. Jean-Claude Boidin des Mai 2009 , “Lorsqu’on émet des mandats sans arrestation, et qu’on procède à des arrestations sans mandat, lorsque les élus cèdent la place à des autorités de circonstance, lorsque les ordonnances remplacent les lois, lorsque les fonctionnaires ne savent plus à quel ministre répondre, et que chaque camp rêve de confisquer les moyens de communication de l’autre, il n’existe plus d’ordre social ni de repère auquel les citoyens puissent se référer ; il n’y a plus d’état de droit, et plus beaucoup d’Etat tout court. ”

    VONJY AINA est tout simplement l’expression de la Noblesse d’esprit.

    Et est-ce que tous les hommes et toutes les femmes Nobles de coeur et d’esprit sont morts pour leurs idees? Non, je ne le pense pas! Je dirais plutot qu’il y en a qui les ont portees et soutenues/ les portent et les soutiendront jusqu’a leur mort .

    Je me permets de citer quelques uns qui ont fait l’Histoire :

    - Gandhi : un avocat forme en UK et ayant excerce en Afrique du Sud avant de rentrer dans son pays

    - Nelson Mandela : approfondissement du droit par correspondance lui ayant permis de constater les aberrations du regime de l’apartheid

    - Laszlo TÖKES : pasteur protestant de l’Eglise Reformee de Timisoara, critique du regime de Ceausescu , devenu depute europeen

    - La population de Leipzig : extrait du Figaro du 09/10/2009.

    «La Stasi (la police secrète est-allemande) avait tout prévu, se souvient Christian Führer, pasteur de l’église Saint-Nicolas. Sauf les bougies et les prières.»

    L’Église protestante (BEK) a joué un rôle majeur dans la «révolution pacifique» de 1989. Depuis 1982, le pasteur Führer accueillait dans sa paroisse des services de prière pour la paix, tous les lundis. Au milieu des années 1980, ils étaient six ou sept à participer. «Au début, les gens venaient me voir parce qu’ils voulaient voyager librement. Cette privation les rendait malades, raconte le pasteur. Puis ils venaient parler librement de tous les problèmes que l’on ne pouvait évoquer en public : visas, logements vétustes, aspiration à la liberté. Les espions de la Stasi nous surveillaient de très près. Les gens avaient peur de nous. Mais ça ne changeait rien. Renoncer, c’était perdre tout espoir.»

    - enfin et plus proche de nous dans l’histoire: notre RAZILY national!

    Il faut donc que M. le Professeur Raymond RANJEVA “vive pour ses NOBLES idees’. Et je considere, comme etant un devoir envers notre Nation, le soutien sincere et ferme aux ambitions et au projet exprimes pour elle dans VONJY AINA ainsi, bien evidemment , qu’a son auteur.

    Bonne journee

    Kitana

  7. Lekivy permalien
    26 novembre 2010 10:59

    Mourir pour ses idées dans les conjonctures actuelles ? A d’autres ! Mourir pour quoi ? Pour Qui ? We don’t need another hero disait la chanson de Tina Turner.
    En effet, avec l’image peu reluisant que nous offre les pseudo-politiciens depuis cette crise, cela vaut-il vraiment la peine de risquer sa vie ? Vous pouvez suivre aujourd’hui un leader politique pour ses idées ou pour son charisme, mais vous aurez vite déchanté après car vous vous rendrez compte plus tard qu’il vous a tout simplement tourné en bourrique. Tout ce qu’il disait, il n’y croyait pas lui-même car il a adopté exactement le contraire par opportunisme.
    Jusqu’ici, j’ai été convaincu qu’il était du devoir de chaque citoyen de s’acquitter de ses obligations civiques, mais quand on s’aperçoit de quelle manière vos choix sont détournés par des politiciens véreux, je me suis mis à adopter l’abstention. Tout simplement pour ne pas regretter d’avoir perdu mon temps.
    Tant que l’on n’apportera pas de l’ordre dans tout ce bazar, il en sera ainsi, et je crains que je ne sois pas le seul à penser ainsi. S’il y a une chose à laquelle je crois encore, c’est de ne pas me laisser corrompre (accepter l’inacceptable) malgré tous les efforts fournis par les dictateurs. Je suis de ceux qui résistent passivement pour l’instant, car je ne suis pas encore fou !

  8. Ranja Randria permalien
    26 novembre 2010 11:52

    “Mourir pour des idées”? Assurons-nous qu’elles définissent, justifient et sustentent nos vies! Une idée ne justifie que l’on soit prêt à mourir pour elle que si l’on est prêt à lui consacrer sa vie. J’ajouterais cette phrase de Gandhi: “La vérité reste la vérité même si nous sommes une minorité”.

  9. Ikoto permalien
    26 novembre 2010 1:40  

    mahafinaritra ny zavatra vakiako eto amin’ito “blog” ito, voalohany aloha dia hitako fa misy famakafakana ilay lahatsoratra vao nosoratana fa tsy mitovy amin’ireo olona taitaitra manoratsoram-poana hita any amin’ireny “gazety” miseho isan’andro ireny, faharoa toy ny tsapako hatraty ny fofon’ilay fitiava-tanindrazana misy ao aminao, tsy ilay fitiavana fohy tapaka tsy misy tohiny fa ilay fitiavana ampiakatra sy hanatsara ny tany malalantsika.

    Je dirais juste quelques mots à propos de l’affaire Ranjeva, ce monsieur était un juge à la court internationale de justice, pourquoi diable est-il rentré pour offrir une solution afin de nous sortir de ces dédales incommensurables ou nous nous sommes enlisés, serait-ce par “fitiavan-tseza” ou autre vaines motivations? Je ne le pense pas en tout cas, un poste de Juge International ça se troque pas avec un poste de Président mal léché d’un pays instable politiquement. Il y a derrière ce monsieur, une réelle volonté d’aider, mais malheureusement certains y voit un danger vis-à-vis de leur pouvoir…

    “Mourir pour des idées” cela pourrait être une chose qui pourrait mener au Mausolé, mais si on meurt, est-ce que les qui nous suivent vont vraiment continuer à honorer ces idées pour lesquelles on a donné notre vie? A Madagascar, comme vous le dite si bien “La géométrie variable” est de mise, donc on pourrait mourir pour rien.

    C’est triste de le dire mais nos “Mahery fo” sont morts pour des prunes, vu la situation dans laquelle nous vivons actuellement. Pour dire qu’ici mieux vaut être vivant pour défendre ses idées.

  10. 26 novembre 2010 4:49  

    Ne dit-on pas aleo maty rahampitso toy izay maty anio ? Ainsi, on se contente généralement de commenter ou critiquer ceux qui meurent pour leurs idées pour ne pas mourir aujourd’hui. Et on ne se rend pas compte que l’on meurt quand même parce que l’on a pas défendu ses idées, parce que l’on a laissé faire les méchants pour nous enlever notre travail, notre sécurité, notre sérénité etc. C’est juste la forme et le retentissement de la mort qui diffèrent. On pourrait comparer la situation à une corrida : le citoyen a le choix entre être le taureau qui combat ou juste le taureau qu’on mène à l’abattoir.

  11. Saryteny permalien
    26 novembre 2010 7:35  

    Souvent on ne comprend pas la mort ,comme beacoup de choses de la vie .
    Mourrir pour une idée que on comprend parfaitement ,cela vaut-il le coup de le vivre !

  12. RABESON permalien
    26 novembre 2010 10:43  

    Bonjour à tous,

    Cet éditorial est du très grand Ndimby A.

    Toutes mes félicitations. Et je reprendrais une citation dont j’aurais aimé être l’auteur :

    ” LES GRANDS ESPRITS DISCUTENT DES IDEES,

    LES ESPRITS MOYENS DISCUTENT DES EVENEMENTS

    LES SIMPLES ESPRITS DISCUTENTS DES GENS “.

    Quand à ceux qui sont censés être l’élite de ce peuple malgache notamment celle qui a accès à l’Internet en arrivera à faire des débats d’idées et non des débats de personnes avec des invectives à longueur de forums, nous aurons largement progressé.

    Dans mes premières années universitaires, j’avais un ami chinois né dans le Betsileo et qui parlait malgache avec l’accent et le phrasé des gens de cette région. Il avait une formule pour brocarder les idiots et les imbéciles : « Misaina amin’ny vody ».

    Bien sûr les idées c’est comme l’amour, si vous vous en tenez à l’amour platonique ou manuel ou à l’amour « vaselinée » exclusivement , hors l’amour naturel qui est synonyme de partage , ce sera totalement improductif (vous ne risquez pas de faire des bébés). Alors, il faut aussi et surtout mettre en pratique ces idées.

    Alors « Mourir pour des idées …. ? »

    J’aimerais aussi partager avec vous ce thème d’ excellente facture d’Achille52 dans son blog : http://reflexiums.wordpress.com/2010/11/25/madagascar-linjustice-favorise-lextremisme/

    Meilleures salutations.

    • iarivo permalien
      27 novembre 2010 10:16

      ” LES GRANDS ESPRITS DISCUTENT DES IDEES,

      LES ESPRITS MOYENS DISCUTENT DES EVENEMENTS

      LES SIMPLES ESPRITS DISCUTENTS DES GENS “

      … malheureusement nous sommes encore au premier stade puisque nous passons la plupart de notre temps de raillerie en raillerie, d’insulte en insulte !

      Quand pourrions-nous enfin passer au deuxième stade, au moins, et analyser sérieusement les évènements et l’état des lieux ??? … avant d’avancer, de proposer des solutions sensées ???/b>

      Ce sera dur, je le sais, très dur, mais il faut tenter d’y parvenir si nous voulons sortir de m…de !

      A bon entendeur, salut !

  13. Johnny B good permalien
    28 novembre 2010 9:09  

    Qu’un …(censuré)… comme Rolly Mercia s’en prenne arbitrairement à mme Rabenarivo est totalement scandaleux. Et il est inadmissible que l’ordre des journalistes laisse faire ce genre de comportement. Mais dans un monde où des Lola Rasoamaharo et des Lalatiana Rakotondrazafy sont des stars, on ne peut pas espérer mieux me diriez vous.

    Mais concernant mr Ranjeva, on se demande pourquoi le colonel Ravalomanana a affirmé publiquement que des documents l’impliquerait dans l’affaire du BANI?
    Et le silence du prof me laisse également perplexe de la part d’une personne si prompt à prendre le micro si son implication est une pure allégation.

    Donc wait n C

    • Kitana etc...... permalien
      29 novembre 2010 8:42

      Bonjour,

      A propos du “silence” de M. le Professeur Raymond Ranjeva.

      C’est un homme qui connait ses droits et obligations, qui connait la portee de l’expression rendue celebre par les series US TV ” Vous avez le droit de garder le silence. Dans le cas contraire, tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous devant un tribunal.”

      D’autre part, nous savons tous que l’on a affaire a du “herimpamorentana” et non du maintien de l’ordre; a un systeme servile et non serviteur de la Loi epris de la manifestation de la verite; qu’on n’est plus en Republique dans laquelle lEtat doit realiser le bien commun mais dans un environnement qui tend a la satisfaction d’interets materiels, du gout des honneurs passagers particuliers.

      Voyez seulement la charge d’accusation de Mme Bozy Riana Ratsisalovanina nee Ranjeva motivant sa detention : « raharaha fanevatevana mpitandro filaminana ».

      Quand , mere de famille avec de jeunes enfants, vous voyez debarquer chez vous des “miaramila” aux bottes sales tels ceux que vous avez vus embarquer Razily, empoigner et insulter le Pasteur Lala Rasendrahasina , M. Manandafy Rakotonirina, un Pasteur de la FJKM au FIGN, malmener, menacer, raketter d’autres, alors “manompa” ( encore faudra-t-il definir ce mot, “jiolahimboto/maloto/tsy misasa/maimbo tôka/mpangalatra/mpamono olona/mpanongamanjakana/miaramilampotaka/mercenaire ” sont-ils par exemple de gros mots “mametaveta”?) n’est -il pas une reaction raisonnable, humaine, maternelle?

      La lutte contre le VIH-FATy (et meme contre un simple virus de la grippe) ne doit pas etre entreprise de maniere hasardeuse si l’on vise, non seulement l’endiguement mais et surtout l’eradication! Le “silence qu’on entend” fait partie de la strategie !

      Bonne journee

      Kitana

  14. rakotoson permalien
    30 novembre 2010 8:05  

    Al Djammal ne croit pas si bien dire. Mieux, il voit juste tout comme le Président Marc Ravalomanana a eu la perspicacité et la clairvoyance de mettre – comme condition pour être candidat à l’ élection présidentielle – dans la Constitution de la III République ,celle d’ être « Malgache de père et de mère »

    Le Premier à en être offusqué officiellement fut Jacques Sylla . Pas étonnant que celui-ci a tourné sa veste au TIM et au Président Marc Ravalomanana, qui en a la paternité du texte.

    Dans la Constitution de la IV République – celle de Rajoelina dont celui – ci vient de fêter au champagne la victoire – Rajoelina donc a barré , supprimé, cette condition pourtant juste aux yeux des Malgaches , des vrais et non des vazaha taratasy . Normal Andry Rajoelina est un vazaha – taratasy ( « double nationalité. ») si vous voyez ce que je veux dire . Tout comme Camille Vital et Tantely Andrianarivo. Et, bien d’ autres encore.

    Comment voulez – vous que Madagascar s’ en sorte avec tous ces vazaha taratasy qui nous gouvernent. Qui a dit que Madagascar est un territoire d’ Outre – Mer? Que le dernier des parlementaires français gen,re Jean François Mancel et Paul Willie de je ne sais quel bled de France et de Navarre et de Belgique peut émettre son avis sur la politique malgache alors que les Malgaches n’ ont rien à émettre sur les immigrés, les sans papiers , le port de burka, les roms , les SDF etc

    Dommage que les journalistes malgaches ne sont pas là pour dénoncer les ingérences de ces parlementaires français et belges dans les problèmes malgacho – malgaches

    Paul Willie est un député belge. Sait-il que dans le conflit séculaire qui oppose – jusqu’ à maintenant – les Wallons et les Flamands ,Vanden Boyenands , premier ministre belge des années 60 avait déjà dit dès cette époque aux Belges:

    ” Comment voulez – vous faire de Bruxelles la capitale de l’ Europe alors que vous n’ arrivez même pas à en faire celle la Belgique ?”

    Pour ceux qui ne le savent pas ce ” problème belgo – belge reste entier jusqu’ à l’ heure actuelle . Paul Willie en question ferait mieux de s’ occuper de ses frites que d’ un référendum que l’ UE ne lui même pas demandé d’ observer

    Et, à la sortie , des courbettes à n’ en plus finir assorties de « merci vazaha be » à ce gros minet de Paul Willie – la – Fritte !!!

  15. rakotoson permalien
    1 décembre 2010 9:58

    Les médecins et paramédicaux – grévistes, comme les enseignants chercheurs – grévistes ( SECES ) et autres devront changer maintenant de stratégie dans leurs revendications infructueuses à ce jour

    Dommage, les victimes restent et demeurent le grand public – les malades, les étudiants, les administrés en général voire et surtout les plus démunis – et non tous ces princes qui nous gouvernent

    Il leur faut descendre désormais dans la rue à coups de banderoles comme cela se fait partout dans le monde . Tout le monde à lu dans la presse écrite et audio – visuelle l’ injustice sociale flagrante qu’ il y a dans ce pays notamment en ce qui concerne la rénumération des CST et des CT

    les membres du CST et du CT – pour ne prendre que leur cas et non ceux des autres institutions comme la présidence et le gouvernement qui sont d’ ailleurs également logés à la même enseigne – d’ après le budget prévisionnel 2011 auront droit à 20 millions de Fmg / mois/ personne à titre d’ indemnité de carburant sans parler de leur salaire mensuel à plus de 30 millions fmg / mois/ personne . Ils sont ainsi près de 400 nouveaux dits « haut » fonctionnaires à Anosy et à Tsimbazaza à vivre à la sueur et au crochet des braves contribuables

    Paradoxalement , ce qu’ on sait c’ est que, à chaque fois, le ministre de la Santé le Général … parle des avantages qu’ il qualifie de “exorbitants” réclamés par les médecins grévistes – celui – ci dans un souci manifeste de grande mesquinerie ne manque pas de publie le montant global de la somme réclamée.

    Soit! Mais, que les grévistes fassent le parallèle entre les crédits octroyés aux CST et aux CT des individus qui ne sont même pas élus ;mais, que les contribuables vont payer uniquement pour leur allégeance sans borne à TGV et à la HAT ; et, ceux alloués à des braves fonctionnaires qui n’ arrivent même pas à boucler leur mois avec leurs salaire et indemnité au bout de nombreuses années de travail dans la Fonction publique!

    A ne pas oublier que les CST et les CT commencent ainsi leur » carrière politique » moyennant plus de 30 millions Fmg mois. Au bas mot car sans les indemnités et autres avantages divers en nature et en espèces sonnantes et trébuchantes.

    Les parlementeurs européens ont certainement omis de porter de telles informations dans leur rapport pour … Bruxelles.

Rétroliens

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