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Revin-gadra de bonne année

1 janvier 2011

« Nous aurions bien voulu commencer cette année sur une note positive, sur la lancée de l’air joyeux des chants de Noël et la frénésie insouciante des bals de fin d’année. (…). Nous aurions bien voulu ne plus crier notre indignation, ne plus dénoncer les volontés de nuisances, ne plus relever les incohérences, mais les faits sont têtus. Il faut nous rendre à l’évidence, il n’y avait pas et il n’y a aucune raison de nous réjouir en cette période de fêtes, il y a peu de raison de faire la fête, hélas ! (…).  Nous aurions été heureux de retrouver l’optimisme, l’enthousiasme et la foi en l’avenir (…). Le jour se lève, peut-il faire autrement ? (…) ».

En hommage à Elie Rajaonarison, j’ai choisi de débuter (et de finir) mon premier éditorial de l’année 2011 par des extraits d’un texte à lui, publié en janvier 2010 dans la Revue de l’Océan indien. J’aurais pu également copier-coller un autre texte d’il y a un an, mais d’une qualité plus humble que celui d’Elie : mon premier édito de l’année dernière, que je me permets de vous inviter à relire. Car depuis que DJ-cratie, an II : bonané ??!! a été publié le 4 janvier 2010, rien n’a fondamentalement changé dans ce pays.

Les esprits délibérément optimistes, comme Mpitily, argueront cependant qu’entre janvier 2010 et janvier 2011, le référendum du 17 novembre 2011 aura été un fait majeur. D’autres, tentant de chercher un brin de lumière dans les ténèbres environnantes, tel le forumiste Parole, se baseront sur une nouvelle approche de la médiation, avec l’ouverture d’un bureau de liaison de l’ONU ; mais aussi sur la volonté affichée par les quatre mouvances pour reprendre le dialogue. Soulignons cependant que cette volonté de dialogue n’est pas nouvelle : cela fait deux ans qu’elles nous bassinent avec ça.

Sans doute pessimiste de nature dès qu’il s’agit de placer le moindre espoir sur la classe politique malgache, je ne partagerai ni l’adhésion de Mpitily, ni l’optimisme de Parole. Je ne vais pas revenir ici sur tous les mensonges et les défaillances que je reproche à ce régime hâtif : on risquerait, à raison, de m’accuser de radoter. Mais le problème est le suivant : les acteurs sont les mêmes, les problèmes sont les mêmes, la crise est la même, le pays est le même, alors sur la base de quoi pourrais-je innover ?

Début 2010, j’écrivais les prévisions suivantes : « la répression sera de plus en plus féroce (…) ; les accusations bidon (…) vont fleurir pour dénigrer l’opposition ; (…) l’armée va se diviser ; le chômage va croître ; et les Dadis Camara de l’Océan Indien vont faire le forcing vers des élections législatives à la mauritanienne, qui apporteront plus de problèmes que de solutions. (…) Rien n’autorise à être optimiste pour l’année à venir : je donne rendez-vous aux lecteurs dans 12 mois pour le bilan de ces lignes ».

Début 2011, j’invite alors le lecteur à faire le bilan de ce qui s’est avéré vraiment faux dans ces prévisions. Que ce soit les accusations bidon pour intimider et tenter de réduire au silence Fetison Rakoto-Andrianirina ou Raymond Ranjeva ; les affaires du FIGN ou du BANI ; le chômage et ses effets pervers qui s’appellent délinquance, marchands de rue et prostitution etc. La seule différence, c’est que les élections à la mauritanienne ne furent pas les législatives, mais le référendum constitutionnel.

Pesanteurs sur la médiation

Force est de reconnaitre que tous les efforts de sortie de crise ont lamentablement échoué jusqu’à ce jour. A mon avis, il y a eu cinq raisons précises, et en filigrane des deux derniers points, des intérêts de la ration qui priment de plus en plus sur ceux de la Nation.

Primo, le choix des médiateurs. Depuis le début de la crise, certains diplomates basés à l’étranger ou même à Antananarivo, me font l’honneur de requérir assez régulièrement des éclairages complémentaires à mes éditos. Et dès le premier semestre 2009, je leur avais expliqué que malgré toutes leurs qualités et bonne volonté, le choix de médiateurs africains n’était pas la meilleure option, à cause de la personnalité insulaire des Malgaches qui les fait porter un certain regard sur l’Afrique, et surtout à cause du lourd historique qui hante le passé commun de la Grande Ile et du Continent noir (tirailleurs sénégalais etc). Je m’étais à l’époque fait taxer de raciste rétrograde. Or, il y a quelques semaines, l’historien Jean Fremigacci a également dit la même chose sur RFI, et tout le monde a applaudi le grand blanc avec des chaussures noires. Heureusement que depuis le Christ, on sait que nul n’est prophète en son pays.

Secundo, le comportement des médiateurs. Malgré toutes ses qualités, Joaquim Chissano s’est fourvoyé dans le forcing des résolutions de Maputo 3, qui ont créé une cassure irrémédiable entre les médiateurs et la mouvance Rajoelina, et offert inutilement le flanc de l’équipe conjointe de médiation à des critiques de partialité. Depuis Maputo 1, on savait que la bonne foi et le sens de la parole de Andry Rajoelina étaient très discutables. Lui offrir les résolutions de Maputo 3 sur un plateau d’argent comme prétexte pour envoyer valser la médiation était donc une grossière erreur de la part des médiateurs et des trois mouvances.

Tertio, le comportement de certaines grandes puissances. En privilégiant la sauvegarde de leurs propres intérêts, elles ont neutralisé les efforts du Groupe international de contact (GIC) et des organismes internationaux représentées au sein de l’Equipe conjointe de médiation (ONU, OIF, SADC, UA). Ainsi, le soutien à peine caché de la France au pouvoir hâtif, et surtout l’afflux d’argent des sociétés chinoises (dont certaines sont d’Etat) ont tourné en ridicule le poids des sanctions internationales. Il y a aussi une petite phrase que je trouve très intéressante dans une note de bas de page du rapport de l’International crisis group publié en mars 2010 sur Madagascar. En bas de la page 40 de ce document, un diplomate basé à Paris déclare sans ambages : « On ne veut plus être complexé, on a des intérêts, on les assume ». C’est clair, c’est net, c’est choquant. Mais c’est le réalisme de la science politique telle qu’elle se pratique, bien loin des gnagna moralistes de ceux qui, comme moi, espèrent que l’oeuvre civilisatrice passe par le Droit et l’éthique. On ne peut pas reprocher aux Français de rechercher l’intérêt de la France. Ce qu’on peut reprocher, c’est qu’au nom de l’ignoble tradition  des collabos, des Malgaches se dévergondent sans scrupules à travailler pour l’intérêt d’autres Nations contre celui de leur propre pays.

Quarto, les trois mouvances n’ont pas été capables de trouver une parade au totalitarisme insidieux qui s’installe, et à la politisation des forces de sécurité et de la justice. Elles doivent donc se contenter d’être forces d’obstruction sans pouvoir se muer en force de proposition ou en force d’attraction pour une opinion publique visible. Elles ont perdu trop de temps et de terrain à s’arc-bouter sur des sujets tels que l’amnistie des Présidents Ravalomanana et Ratsiraka. Maintenant, elles doivent quand même s’approcher de la table de négociations en n’étant plus en position de force.

Cinque, enhardi par la déroute des trois mouvances, le clan Rajoelina s’enferme dans son unilatéralisme, d’autant plus que les réseaux mafieux qui pullulent en son sein vont tout faire pour maintenir le statu quo : ces réseaux n’ont pas intérêt à laisser le Président de la transition quitter ou partager le pouvoir. Comment croire un seul instant que ceux qui, non seulement ont peur d’un retour de Ravalomanana, mais aussi ont largement tiré profit de la présence de Rajoelina au pouvoir, vont se dire que maintenant il est temps d’arrêter la Grande braderie de Madagascar ? Alors qu’il y a encore tant de stocks disponibles : forêts de bois de rose, terres, rivières, sable, air, et autres ressources naturelles et minières etc.

La recherche de la sortie de crise doit donc prendre en compte tous ces problèmes. L’arrivée de Peter Metcalf comme facilitateur d’un bureau de liaison de l’ONU pour la crise malgache ne peut cependant qu’être un plus. Ayant été en poste à Madagascar pendant de nombreuses années, il connait le pays, la classe politique, et surtout la mentalité de gens qui se sentiront plus honorés, et donc plus attentifs, en parlant avec un Anglais plutôt qu’avec un Mozambicain, un Burkinabé ou un Malien. C’est triste, mais c’est comme ca. De plus, vu l’échec de la communauté internationale à faire appliquer les Accords de Maputo, il faut savoir prendre acte et changer une équipe qui ne gagne pas, ne serait-ce que pour effacer la rancœur de Maputo 3. Par contre, question : comment l’ONU va-t-elle faire avaler à la SADC la cohabitation d’une structure de médiation parallèle ? 

Réalisme ou défaitisme ?

(Photo RAPHDB – Flickr)

Un de mes récents éditos appelait à faire preuve de réalisme, même si la réalité n’était pas forcément plaisante. Certains ont vertement critiqué ce réalisme au nom de la morale, qui interdirait de baisser les bras devant un coup d’Etat. Je rappelle que j’ai été un des rares éditorialistes basé à Madagascar, sinon le seul, à avoir osé élever la voix au plus fort de la crise, quand les sinistres gardes prétoriens de la CNME puis du FIS faisaient la loi pour asseoir le postérieur du Grand hâtif à Ambohitsorohitra. Je n’ai donc de leçon à recevoir de qui que ce soit en matière de courage ou de patriotisme. Mais après deux ans de crise, je constate que les trois mouvances ont atteint leurs limites, et qu’elles n’ont malheureusement pas su entretenir et développer la dynamique de révolte ou de rancoeur que le coup d’Etat avait fait naitre en 2009. Et si mes éditoriaux à la sauce légaliste avaient pour objet de tenter d’animer la flamme manichéenne de ce qui était selon moi le Bien contre le Mal, ils sont devenus inutiles à cause de l’incapacité des politiciens de l’opposition et de la fameuse majorité silencieuse à capitaliser la volonté de résistance au sein de la population.

Selon la psychologue Elisabeth Kübler-Ross, on observe « cinq phases du mourir » dans toute forme de perte catastrophique (emploi, revenu, liberté, être cher …), ou en cas d’échec (divorce, infertilité…) : le déni, la colère, le marchandage, la dépression, l’acceptation. Mais ce qui est le plus important, c’est qu’après l’acceptation, deux voies sont possibles : la performance par le choix d’être acteur et pro-actif, en procédant par exemple aux réajustements nécessaires ; et la chute qui est un comportement de laisser-faire et de laisser-aller.

A quelle phase correspond le réalisme que je prônais : dépression, acceptation, performance, chute ? Je ne sais pas. Mais pour paraphraser Jacques Audiberti, “Un con qui marche va plus loin que dix intellectuels assis”. Après avoir fait l’intellectuel pendant deux ans, nous faut-il alors faire le con ? Toutefois, réalisme ou pas, je ne puis tomber d’accord avec Mpitily lorsqu’il plaide que, puisque Rajoelina a réussi la prouesse de renverser Ravalomanana, il faut donc le laisser jouir tranquillement “de son trophée”, sans lui mettre des bâtons dans les roues à coups de sanctions internationales, de suspension de l’AGOA ou de boycott national. Ce serait trop facile de récompenser et faciliter un tel acte de piraterie politique, sans réaction. Alors, réalisme, peut-être, mais on ne va quand même pas obliger le peuple malgache à se déculotter, et en plus à fournir la vaseline avec un grand sourire. Lorsqu’Al Capone règnait sur Chicago ou Hitler sur l’Europe, leur pouvoir obtenu et maintenu par la force et la violence en faisait-il des personnages ayant une quelconque légitimité ?

Mission impossible ?

Ceci étant dit, certains demanderont des solutions au lieu de critiques : notons que cela a déjà été fait à plusieurs reprises, mais sans résultats (relire sur mon blog la page consacrée aux propositions de solutions). Toutefois, pour ne pas laisser l’image d’un éternel grognon, voici donc une synthèse des points qui me semblent être les plus importants dans l’immédiat pour une sortie de crise sereine :

-          Apaisement réel, avec libération de tous les prisonniers politiques, et arrêt de toutes ces intimidations folkloriques : certains ont maintenant obtenu leurs étoiles, plus besoin de continuer de faire du zèle à tort et à travers. Et Antanimora doit cesser d’être ce camp de (forte) concentration d’opposants qu’il est depuis le coup d’Etat du 17 mars 2009. 

-          Inclusivité et consensualité réelles : reformatage de la Transition sur le modèle de 1991, avec un Président honorifique, et le pouvoir exécutif concentré aux mains du Premier ministre. Cela ne devrait pas frustrer  Andry Rajoelina, dont la seule compétence consiste à s’agiter pour tout ce qui est honneur, apparat et lumières qui clignotent, mais qui n’a ni l’envergure, ni la sagesse et encore moins l’expérience pour gérer un pays qui a d’aussi graves problèmes à résoudre.

-          Ouverture réelle : il faut recomposer les institutions de la Transition avec une ouverture aux forces politiques d’opposition. Cela passe par un agrandissement du gâteau pour que tous les crocodiles et vautours affamés en aient une part sous forme de sièges. Ce n’est pas moral, mais c’est comme ça que se paye la paix. Par contre, Camille Vital doit impérativement céder la place comme Premier ministre à quelqu’un d’une autre mouvance. De préférence, pour une question d’équilibre, à proposer par la mouvance Ravalomanana pour calmer les rancoeurs des zanak’i dada qui ne se reconnaissent plus en Raharinaivo.

Une fois ceci fait, on pourra parler des gros chantiers techniques ou philosophiques : retour de l’Etat de droit, lutte contre la corruption, éducation citoyenne, fiabilité des élections etc.

Alors, de telles conditions de sortie de crise sont-elles un revin-gadra d’éditorialiste ? L’Histoire du monde s’est cependant faite grâce à des gens qui ont fait des rêves positifs : abolir l’esclavage, marcher sur la Lune, voler comme les oiseaux, créer le Droit pour mettre fin à la Loi de la Jungle etc. Et cela, même si d’autres ne rêvent que de Hummer, de se faire appeler Président, ou de se proclamer empereur comme Bokassa. Il y a donc rêveur et rêveur. Permettez-moi alors de vous citer ces vers de Charles Baudelaire :

Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S’éprenant d’un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l’amour mêler l’honnêteté! (1)

Cependant, pour toutes les raisons qui précèdent, espérer que 2011 sera une bonne année tient a priori plus du voeu pieu que du réalisme. Je réitère alors les mots de mon édito de l’année dernière : « C’est donc plus par tradition que par conviction que je vous souhaite une bonne année, tout en remerciant tous ceux qui m’ont adressé leurs vœux sur le forum ou par mail. On est pessimiste, mais pas mal élevé, que diable ! ».

Bonne année alors à ceux qui le veulent, et surtout à ceux qui le peuvent. Et pour boucler la boucle, laissons de nouveau la place à la plume d’Elie Rajaonarison, avec la superbe chute de son texte de début janvier 2010 et cité ci-dessus : “Iny lalana iny… lalan-tsarotra e… Soava dia daholo e !”.

____________

(1) La IVème République de Rajoelina se focalise déjà sur l’amour. Il ne manque plus que le reste…

23 Commentaires laisser un →
  1. Za tsy kivy lien permanent
    1 janvier 2011 8:31

    Bonne année alors à ceux qui le peuvent, et à ceux qui le peuvent.
    Il doit y avoir une erreur …

    Ce que vous dites est tellement vrai qu’on se demande si parmi ceux qui nous gouvernent, quelqu’un pense ou a pensé réellement à Madagascar? Et si la sortie de crise fait parti au moins de “leur” horizon.

    Aucun n’a surement jamais rêvé à un Madagascar meilleur …ou bien une fois à leur place, l’intérêt de leur ration prime sur le reste…Apparemment et malheureusement la réponse est plutôt et mille fois OUI… même “un étoilé” (supposé être un homme d’honneur) arrive à trahir ses compagnons au nom de l’intérêt de sa ration) alors qu’est-ce qu’il y a attendre d’eux…RIEN.

    Pourtant étant optimiste de nature (ce qu’on me reproche d’ailleurs), je rêve et espère qu’il reste une once de sagesse et de bonne volonté en eux et qu’ils adhèrent à votre proposition pour une sortie de crise réelle et pérenne (mon plus grand souhait pour cette année et les autres à venir).

    Bonne année à vous!

    • Ndimby A. lien permanent*
      1 janvier 2011 6:28  

      Bonne année à vous Za tsy kivy.

      Erreur corrigée, merci de l’avoir signalée

  2. 2 janvier 2011 7:47  

    Que cette année 2011 soit encore plus riche en éditos et analyses, j’en redemande.
    Et que nos principaux acteurs s’en inspirent davantage pour qu’enfin on entrevoie la porte de sortie de cette crise.
    Ouverture réélle, apaisement réél ou inclusivité et consensualité réélle, ce sont des mots que je souhaiterais suivis des faits…

    Bonne année Ndimby A.

    • Ndimby A. lien permanent*
      3 janvier 2011 1:58  

      Bonne année à vous Nono. Espèrons que vos souhaits soient lus par qui de droit :-)

  3. réveille-toi jeune Malagasy lien permanent
    3 janvier 2011 5:37

    Bonne année et surtout bonne santé à vous Ndimby A. et à vos proches.
    Bonne année pleine d’espoir aussi à Madagascar et aux Malagasy : sortie de crise ……

    • Ndimby A. lien permanent*
      3 janvier 2011 1:59  

      Bonne année à vous réveille-toi jeune Malagasy. Que vos voeux soient exaucés

  4. 3 janvier 2011 12:30  

    Tratry ny taona daholo,

    Misaotra an’i Ndimby amin’ny lahatsoratra, izay nankasitrahako manokana ilay andianteny manokana momba ny tombotsoa’ny Frantsay. (“On ne peut pas reprocher aux Français de rechercher l’intérêt de la France”)

    Ny faniriako, amin’ity taona ity sy ny taona ho avy rehetra, dia mba ho tonga saina (na hanana saina mireitreritra kely) daholo isika rehetra, fa tsy soa ho an’ny firenena sy ny fiaraha-monia izao ataontsika izao.

    “Il nous faut apprendre à nous aimer comme des frères, ou nous préparer à périr comme des imbéciles” – Martin Luther King

    • Ndimby A. lien permanent*
      3 janvier 2011 2:00  

      Bonne année à vous Itoss. Puissiez vous et Martin Luther King être entendus

  5. maminah lien permanent
    3 janvier 2011 3:50  

    Vous êtes bien sévère avec vous-même, Ndimby!
    Mais faut-il s’en étonner, quand vous poussez l’auto-flagellation à ériger les “pensées” d’un Mpitily en références quasi philosophiques, quand bien même ce ne serait que du second degré? Cependant, se justifier par deux fois devant un butor triomphant, sous prétexte qu’il incarnerait le politiquement correct du moment, c’est un peu imbuvable. D’accord, c’est davantage une opportunité de marteler des évidences que la tournure actuelle risque d’occulter avec le temps. Mais comme disait le forumiste Da fily, il ne faut pas croire que la messe est dite…

    Vous ne radotez pas. Ce sont les faits qui radotent, à la mesure des efforts des acteurs du coup d’Etat pour faire tenir l’inertie et asseoir de force le statu quo. C’est toujours un mystère pour nous, forumistes lambda, de savoir où vous pouvez puiser toutes ces ressources pour vous renouveler au fil des jours, des semaines, des années, sur des bases aussi immobiles, traversées par moments d’illusions d’issue vite reniées…

    Vous nous avez embarqués dans une belle aventure passionnante, qui a permis à certains de se révéler à eux-mêmes, et qui dans tous les cas, nous a grandis. Avec regrets, beaucoup ont résolu de tourner la page. D’autres optent obstinément pour ne pas quitter le navire. Toutes options respectables.

    La croisée des chemins est par définition un temps de réflexion, ce qui n’est pas à proprement parler de la “dépression”, quand bien même l’enjeu serait de taille. Pour ma part, je préfère laisser un peu du temps au temps, et rebondir quand j’en aurai retrouvé le goût, ou l’opportunité. Il n’y a pas d’indignité à prendre un temps de distance avec ce qui n’obtient pas mon adhésion. J’ai dit! (c’est comme ça qu’on dit?)

    • maminah lien permanent
      3 janvier 2011 4:29  

      Et j’en ai oublié l’essentiel, à savoir la courtoisie et la convivialité qui ont toujours marqué ce site.
      J’adresse à tous et à toutes, mes meilleurs voeux de Bonne et Heureuse Année 2011! Qu’elle nous fasse entrevoir d’autres raisons d’espérer pour notre pays et son peuple.

      • Ndimby A. lien permanent*
        4 janvier 2011 11:53

        Bonne année à vous Maminah. Quant à mon estime pour Mpitily, elle vient tout simplement du fait qu’il est tellement rare de voir un pro-HAT (ou un anti-Ndimby lol) le faire avec des arguments.

  6. 3 janvier 2011 7:40  

    Est-ce une bonne ou mauvaise augure d’entrer dans une nouvelle année en disant au revoir ? En tous cas, le texte est impressionnant dans son analyse. Le Ndimby nous étonne à chaque fois.

    Comme vous le dites, la sortie de cette crise relève d’une mission impossible. Pour moi, ce ne sont pas les solutions qui manquent, mais c’est surtout la volonté de les appliquer. Et quelque soit celle qui sera adoptée, elle ne fait que préparer la prochaine crise, j’en ai bien peur…

    Trop de valeurs qui nous guident au quotidien ont été foulées pas seulement par les putschistes, mais aussi dans ces solutions qui nous ont été proposées. Même les Accords de Maputo qui auraient pu nous sortir de là n’étaient-ils pas une forme de consécration d’un coup d’Etat ?

    Il est maintenant difficile de restaurer la confiance envers beaucoup de choses : les institutions nationales et aussi internationales, la réalité d’une démocratie, nos lois et notre justice. Et même on ne peut s’empêcher de regarder son prochain d’un regard suspiscieux : celui-là, va-t-il tenir parole ? Tout est dicté par l’argent maintenant, même quand il a de l’odeur. Il n’est plus question de faire des choses parce qu’on trouve que c’est bien de les faire. Les discussions reposent d’abord sur une seule question : combien (j’y gagne) ? Ceux qui ne suivent pas le courant ou qui n’ont pas la chance de travailler comme fonctionnaire ou dans l’humanitaire sont en train de crever… pas seulement physiquement.

    Que nous reste-t-il ? il n’y a pas que ceux qui sont derrières les barreaux qui sont en prison. Nous sommes comme des prisonniers qui peuvent circuler en ville. Notre prochain Président devra avoir beaucoup de charisme pour pouvoir redonner cette envie de participer et de faire des résultats pour que les actions de développement ne soient pas menées juste pour la forme.

    Souhaitons-nous avec beaucoup de conviction, non pas une bonne année 2011, mais une bonne résistance aux prochaines années qui vont suivre. Surtout pour ceux qui vont les vivre en direct et au quotidien.

    Long édito, long commentaire…
    Dernier édito, dernier commentaire ?

    • Ndimby A. lien permanent*
      4 janvier 2011 1:55

      Bonne année à vous Citoyenne. Réponse à votre question : bientot…

  7. 4 janvier 2011 6:38

    Le rêve et l’espoir peuvent être confondues, sauf que l’espoir – a waking dream according to Aristotle – peut pousser à l’action, donc il ne faut jamais le perdre. Espérons que ces solutions que vous avez maintes fois suggérées tombent sous les yeux de ceux qui peuvent agir. Je vous souhaite quand même sincèrement et non pas seulement par tradition une bonne année 2011.

  8. olivier lien permanent
    6 janvier 2011 7:03  

    Tant qu’il y a le Soleil il y a de l’espoir, alors BONNE & HEUREUSE ANNEE 2011 au Blog Fijery de Tribune.com.
    Bravo pour votre très bon résumé et surtout pour les qqs rappels de vos précédents éditos, résumé qui pourrait inciter à dire que vous êtes le Jules Verne malagasy en matière de crises politiques à Madagasikara.
    Cpdt Ndimby en tant que technicien de format°, technicien de carrière et juste un simple citoyen sans connaissance approfondie en socio-politique et autres, je me permets ici de vous résumer aussi ce qu’un simple contribuable pense, souhaite et “rêve” de ce que sera un non utopique dénouement de cette merde de crise.
    D’abord je suis d’accord avec vous que les opposants actuels à ce régime fat à part leur endurance n’ont rien de nouveau à suggérer à leurs sympathisants sinon de pousser le tandem Gal Richard Ra8/Christine Rasoazanamahasoa à grossir sans fin les rangs des pensionnaires d’Antanimora et de Tsiafahy. Mais tout dernièrement Camille Vital comme à l’accoutumé était allé en cachette voir un haut responsable de l’Ambassade (Consulat) d’un pays puissant pour en demander enfin de plaider pour la reconnaissance internationale, et comme motif le pseudo-référendum de novembre 2010. et pour réponse ce haut responsable lui a jeté en pleine figure que sauf le soutien sans arrêt des militaires corrompus il n’y a aucune progression de la part de la hat amenant à cela dans l’ile depuis mars 2009 jusqu’à maintenant et pour preuve flagrante a-t-il souligné vous aviez crié en juillet 2009 que désormais des cartes d’identité biométriques seront établies dans tout Madagasikara afin de réussir à des élections saines et transparentes qui faisaient grand défaut à tous les régimes précédents et qui était la raison majeure de ce coup d’état, et qu’est ce qui se passe 16 mois après, on a constaté que les carnets de fokontany ont eu raisons de ces CIN biométriques. Sur le plan international donc le fat n’est point aussi puissant que beau (le loup et le chien de La Fontaine).
    Tout ceci nous permet à dire qu’il n’y a que le retour à la table de négociation qui nous ferait sortir de cette crise, seulement avec des conditions dont pertsonne ne dit plus haut:
    -que Andry Rajoelina accepte réellement une TRANSITION consensuelle et inclusive tout en restant Président de la HAT.
    -que Ratsiraka et Ravalomanana et tous les exilés soient amnistiés à condition d’accepter de ne point avoir de rancune envers leurs détracteurs, des forces armées et des renverseurs de vgestes.
    -que Zafy puisse traiter normalement la reconciliation nationale.

  9. 7 janvier 2011 1:47  

    Bonne année a toi tout de même et surtout bonne santé . Puisse cette année apporter de bonne choses aux malgaches et a Madagascar .

  10. Andriambavilanitra lien permanent
    9 janvier 2011 5:42  

    Bonne année à tous..”que le meilleur de 2010 soit le pire de 2011″…..alors qu’est-ce qui a été le meilleur dans ce pays en 2010? la construction de l’hôtel de ville ??? je n’arrive pas à trouver..en tout cas , je veux être optimiste ..mais je ne compte pas sur la HAT pour ça.
    Les gens sont tellement naïfs..Mr le DJ les amuse, les fait danser et ça les nourrit…
    Bonne année à tous , et armez vous de courage car la transition va devenir permanent !

Rétroliens

  1. Casting pour Mahazoarivo « Fijery, le blog de Ndimby A.
  2. Beriziky amer ? « Fijery, le blog de Ndimby A.
  3. Vers un modèle nord-coréen ? « Fijery, le blog de Ndimby A.
  4. La liberté de fermer sa gueule ? « Fijery, le blog de Ndimby A.

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