Sauter au contenu

Elections : petit bémol sur un sujet majeur

9 juin 2011

La solution du problème actuel est l’organisation d’élections. C’est sans doute le seul point sur lequel tout le monde est d’accord de façon consensuelle et inclusive. Je dirai même plus : on aurait évité le problème actuel si, au lieu de faire un coup d’Etat, Andry Rajoelina avait eu la sagesse et la maturité d’attendre les élections pour lesquelles il aurait eu l’âge. Car ce qui m’étonne le plus, ce sont les tartines actuellement faites par le Président de la transition (PT) pour glorifier le principe des élections, alors que lui-même ne s’est pas embarrassé de scrupules pour s’asseoir dessus en 2009. Et non seulement il n’a pas considéré les élections indispensables pour arriver au pouvoir, mais en plus, une de ses premières décisions fut la suspension de l’Assemblée nationale et le Sénat, pourtant composés d’élus (1). Alors, sincèrement, quand j’entend le PT parler de démocratie ou faire l’éloge du vote comme mode d’expression du peuple, c’est comme si j’entendais Adolf Hitler parler de l’égalité des races.

Ceci étant dit, il est vrai que les élections sont la seule porte de sortie. Le régime de transition l’a d’ailleurs très bien compris en organisant en novembre 2010 un référendum constitutionnel pour lequel il espérait une élection à la façon mauritanienne de juillet 2009. Entendre par là un scrutin ala-safay organisé par un putschiste, juste pour obtenir la reconnaissance de la communauté internationale, quelles que soient les récriminations de l’opposition (2). Malheureusement pour Rajoelina, le petit calcul n’a pas donné les effets escomptés à Madagascar. La raison en est simple : la source de la crise actuelle n’est pas la Constitution, dont le texte de novembre n’aura d’ailleurs pas apporté de changement majeur par rapport au texte précédent, mais la personne à la tête de l’Etat, et surtout son mode d’accès à cette fonction. Penser que le peuple malgache a validé la présence d’Andry Rajoelina par le biais de ce référendum-bidon n’est donc qu’une gigantesque galéjade. Un référendum constitutionnel, des législatives, des communales ou des élections de président de fokontany ne seront donc que des artifices dans le présent contexte, car au final seule la présidentielle est le véritable enjeu.

Pour assurer une véritable sortie de crise pérenne et aux effets durables, il ne s’agira donc pas de faire des élections pour le plaisir de faire des élections, mais de les organiser dans des conditions optimales de transparence, de liberté et d’égalité de chances entre tous les candidats. L’objectif est d’avoir des résultats qui puissent être considérés fiables, et s’imposer à tous comme indiscutables une fois proclamés officiellement. Al Gore a accepté cette règle en 2000, alors que dans le même contexte de polémique, un Africain comme Messieurs Rajoelina, Gbagbo ou Khadafy se seraient empressés d’appeler les gens à descendre dans la rue, et à prendre les armes pour défendre l’assise de son fondement sur un fauteuil présidentiel.

“Elections, piège à cons” disaient les manifestants français en 1968. Pour que des élections soient fiables, il faut que les institutions soient suffisamment fortes pour dépasser les questions d’individu. Qu’il s’agisse du Ministère de l’intérieur chargé de l’organisation ou de la Haute cour constitutionnelle chargée de la validation. La suspicion légitime qui pèse sur tous ces acteurs fait que les résultats sont systématiquement contestés par l’opposition à Madagascar, à l’exception de ceux de 1992/1993. Des élections truquées entrainent donc automatiquement abstention et révolutions. Cela explique d’ailleurs pourquoi les élections n’ont jamais été un bon baromètre de la stabilité à Madagascar. Philibert Tsiranana, élu en janvier 1972 par 99,78% des voix, est balayé par la rue en mai de la même année, avant de l’être par les urnes en octobre 1972. Didier Ratsiraka, réélu pour un troisième mandat par 63% des voix au premier tour des élections de mars 1989, doit subir une fronde majeure deux ans plus tard. Albert Zafy, élu par 66% des voix en février 1993, subit une procédure d’empêchement en 1996. Marc Ravalomanana, réélu par 53% en 2006, est balayé par une poignée de vociférants de place publique en 2009. Sans oublier qu’il avait réussi à faire passer par 75% des votes une révision constitutionnelle en 2007, soit deux ans avant le début des mouvements de rue qui allaient l’emporter.

La mise en place de la fameuse Commission électorale nationale indépendante (CENI) est-elle en passe de changer la donne ? Déjà, la nomination de ses membres autorise un légitime questionnement, et sa prestation concernant le référendum de novembre 2010 a été qualifiée par la très respectable Commission nationale pour l’observation des élections (CNOE) comme étant « la pire élection qu’elle ait eu à observer ». Notons d’ailleurs que le principe de commission électorale indépendante laisse perplexe en Afrique (3), car dans la plupart des pays où elle a été mise en place, elle n’y a eu d’indépendance que dans le nom, tout comme la démocratie dans la République démocratique de Didier Ratsiraka. De notre point de vue, la mise en place et la composition actuelle du CENI par le régime de transition est donc à l’image de sa spécialité : ala-safay. Comme les Places de la démocratie et autres activités servant plus d’alibi qu’autre chose.

A bonne école ?

Encore une fois, il est regrettable qu’Andry Rajoelina ait choisi de faire un coup d’Etat, qu’il a maquillé derrière de nobles motivations pour tenter d’occulter que sa véritable raison était la vengeance contre les tracasseries injustifiées dont il était victime. Les frustrations post-2002 et l’accumulation des bourdes du Président Ravalomanana ont juste créé un terreau favorable à la Révolution orange. Cependant, même si l’option prise par Andry Rajoelina est extrêmement détestable eu égard aux motifs, aux méthodes et aux conséquences, force est de constater que l’ex-DJ et ses partisans n’ont fait que se mouler dans la pratique des moeurs politiques du pays depuis 40 ans. Incendies, pillages et saccages de bâtiments publics et privés ? N’oublions ni l’incendie de l’Hôtel de ville (1972), ni celui de la Radio tsioka vao (2002), ni (entre autres) le pillage de la maison de Guy Willy Razanamasy (2002). Utilisation de forces armées pour asseoir une prise de pouvoir ? N’oublions pas les réservistes de sinistre mémoire en 2002. Naissance d’un mouvement insurrectionnel dans la rue sous la houlette d’un groupe de leaders ? N’oublions ni Albert Zafy en 1991, ni Marc Ravalomanana en 2002. Utilisation de gros bras civils contre les opposants ? N’oublions pas les antandroy amenés par Didier Ratsiraka pour lapider les manifestants devant le Palais d’Iavoloha le 10 août 1991, ou les casseurs téléguidés par le régime Ravalomanana durant les meetings du KMMR en 2003.  Coup d’Etat au sens de s’arroger le pouvoir en usant de voie extraconstitutionnelle ? N’oublions pas l’auto-proclamation de Marc Ravalomanana du 22 février 2002. Le griot illuminé qui annonce que c’est la volonté du peuple qui a placé Andry Rajoelina au pouvoir en mars 2009 est tout aussi ridicule que celui qui va soutenir mordicus que Marc Ravalomanana n’avait pas fait de coup d’Etat en février 2002, ou qu’il avait gagné au premier tour.

La conclusion est donc la suivante. Le plus important dans un pays comme Madagascar n’est pas le changement de Constitution, de Président ou l’incrémentation du numéro de la République, car les facteurs structurels sont profondément enracinés dans la tête des hommes et femmes de la classe politique qui forment les dirigeants et leurs entourages. Certains malfaisants étaient déjà proches d’Albert Zafy en 1991, puis proches de Marc Ravalomanana en 2002, et à présent proches d’Andry Rajoelina en 2009. Avant d’être certainement dans les coulisses du prochain sale coup qui se préparera, trop cancres pour prendre les devants ou se soumettre au verdict des urnes, mais trop heureux de s’imaginer faiseurs et défaiseurs de roi dans les coulisses.

Par conséquent, la lecture des événements récents ou passés dans l’histoire de notre pays depuis le retour à l’Indépendance en 1960 démontre ce que j’écrivais en juin 2010 : c’est la faillite des élites, si élites il y a. Dans cet éditorial, je pointais du doigt l’indigence de la mentalité de nos politiciens (4) et leur manque de culture politique à cause des lacunes en formation. On pourrait y rajouter leur rapacité dès qu’il s’agit d’avantages, comme ces membres de ces assemblées de non-élus de la Transition. Mais au-delà, ce qui est vraiment déplorable, c’est que ceux sur lesquels on aurait pu poser un espoir de changement (même minime) répondent au bout du compte aux abonnés absents. Sans jamais avoir voté Ravalomanana de ma vie ni être un zanak’i Dada, je trouvais pertinent sa volonté de renouveler le personnel des hauts commis de l’Etat à travers des injections de Tiko Boys, ou encore la mise en place du National Leadership Institute of Madagascar (NLIM). Et à la rigueur, on aurait également pu penser en l’écoutant en 2009 qu’Andry Rajoelina allait apporter du sang neuf et des idées nouvelles, au nom du changement dont il s’était fait le héraut. Sur ce point, il faut toutefois reconnaitre qu’Andry Rajoelina a vraiment apporté de grands changements dans le pays. Mais en pire.

Et ce ne sont pas les dinosaures ou fils de tyrannosaures qui l’entourent qui ont un potentiel de faire changer les choses. Il est donc ridicule d’espérer que le PT soit capable d’organiser des élections propres. Non seulement l’expérience du référendum de novembre 2010 montre son manque de capacité, mais les faits démontrent depuis deux ans qu’il ne sait même pas ce qu’est cette démocratie dont il prétendait pourtant se faire le champion national (5). En tous cas, les pratiques de ce régime de transition sont une encyclopédie vivante de contre-exemples démocratiques, de l’intimidation de journalistes à l’emprisonnement d’opposants, en passant par les places de la démocratie aussi bidon que leur parrain. Ses actuelles manigances pour écarter Marc Ravalomanana de la course présidentielle pour de pseudo-prétextes pénaux sont pitoyables. Mais on ne peut que se dire aussi que sur ce dossier, Rajoelina est à bonne école, celle de l’épisode Pierrot Rajaonarivelo en 2006.

« L’homme d’Etat pense à la prochaine génération, l’homme politique à la prochaine élection » disait James Freeman Clarke. Sans doute serait-il utile à Madagascar de mettre en place un mandat présidentiel long mais unique (7 ou 8 ans), et donc qui ne soit pas renouvelable. Cela enlèverait à la fois de la tête du titulaire du poste l’obsession d’une réélection à n’importe quel prix, et permettrait aux opposants d’espérer sereinement le prochain scrutin. L’esprit de l’un sera alors assez libre pour penser à la prochaine génération, et celui des autres serait assez dégagé pour ne pas passer leur temps à monter une révolution de fosse qui me rend sceptique. Comme celle de 2009.

______________ 

 (1)   Le Sénat comportait toutefois une part de personnes nommées par le Président.

(2)   Ala-safay : « fanaovan-javatra tsizarizary mba hisehoana ho nanao fotsiny ka hahafa-tsiny eo imason’ny olona ». acte bâclé, pour montrer qu’on a agi pour la forme, afin d’éviter les critiques d’une opinion qui n’aurait pas admis l’inaction (Traduction libre de la définition donnée par l’académicien Régis Rajemisa-Raoilison dans son dictionnaire Rakibolana malagasy).

(3)   Au sujet des CENA, CENI, CEI, ONEL ou ELECAM en Afrique, lire l’excellent article du juriste Stéphane Bolle.

(4) Il faudrait bien que quelqu’un finisse par sortir les images de ce chef de parti pro-Rajoelina, qui s’est empressé de s’asseoir sur un fauteuil de la classe affaires dans l’avion au départ pour Gaborone, et qui a refusé d’en bouger (“Tsy hiala eto aho”) malgré son siège en classe économique et les demandes du personnel de bord, telle une vache sacrée en Inde ou une bourrique en Italie.

(5) Et même régional, en fanfaronnant à tort et à travers être le père spirituel des révolutions en Afrique.

17 Commentaires laisser un →
  1. 9 juin 2011 11:30  

    Mitombona ny ankabeazan’ny voalazanao fa kosa na dia hoe tsy TIM aza aho dia hitako hoe tsy mifandanja ny zavatra vitan’i Ra-8 sy Ratsiraka sns..
    Tena nahavita Ra-8 amin’ny saina tsy miangatra.
    Nisy toetrany tsy dia nahomby loatra ( efa voalaza matetika) ary novidiany lafo izany fa raha atambatra ny zavabitany , izy no mbola voalohany.
    Ny tsapako dia mahay serasera ny FAT sy ny manodidina azy hany ka hainy mihitsy ny nanarona ny lafitsaran’i Ra-8!
    Manohana tanteraka ny voalazanao mikasika ny tokony hiovan’ny toe-tsaina sy ny zavatra tsy mety miverimberina. na tamin’ny Fitondran’iza na t@ ny fitondran’iza .

    • Ndimby A. lien permanent*
      10 juin 2011 9:26

      Roso

      Miombon-kevitra tanteraka aminao aho. Nahavita zavatra betsaka i Ra8, satria izy irery no hita h@ izao fa manana jery lavitra (vision) sy finiavana. Indrisy fa voatakona tao ambadiky ny hadisoana nataony. Efa voasoratro matetika teto izany.

  2. 10 juin 2011 9:39

    Excellente analyse (comme toujours !); l’idée du mandat unique plus long est à méditer

  3. 11 juin 2011 12:13

    Analyse sans concession.
    Sur 2 editos j”aurai aimé que pour une fois tu te trompes, mais non…Quand on raisonne avec la recherche de la vérité en toile de fond c’est qu’on se trompe rarement.
    Des sans qualités à fond, à tombeau ouvert dans la seule logique du appelez moi président . Cette vanité, cette légèreté justifient aisément le grand n’importe quoi inexplicable et honteux qui se joue au sein d’une nation lentement mais surement à la dérive. Aucune élection ne peut s’avérer crédible dans ce contexte. Je garde encore l’espoir pour demain que la SADC tape du poing pour clarifier une fois pour toute le point de vue de la communauté internationale. C’est quand même pas compliqué b…!
    Bien à toi vaillant homme.

  4. 11 juin 2011 11:16  

    Miarahaba an’i Ndimby,

    Iarahamahalala fa ny fifidianana REHETRA izay natao teto Madagasikara dia sarintsarina daholo !

    Ny HCC no manao izay tiany hatao, ary mametraka izay tiany hapetraka ho filoha na référendum après directoire militaire izany (1975) na après manifestation publique (19991) na fifidianana lazaina fa tokony hisy fihodinana faha-2 arahina auto proclamation (2002).

    Ny tsy fanajana ny lalampanorenana no tena olana eto Madagasiakar mahatonga ny korontana hiverimberina.

    Tsy hajaina ny lalampanorenana isaky ny misy antony manokana tsy ahafahan’ny filoha manao ny asany fa dia amoronana situation extra-constitutionnelle foana.

    Na hatao aza io fifidianana io ka tsy ho hajaina indray ny lalampanoenana ary mbola hanao toy ny fanaony ny HCC ka mbola ho sahy hamono ny fifidianana amin’izay bureau de vote rehetra ahazoan’ny olona tsy tiany hitondra ny tany sy ny fanjakana mba hampivadika ny safidin’ny vahoaka dia hiverina foana ny toedraharaha toy izao.

    Sa ahoana hoy ianao ?

  5. gasy_kely lien permanent
    13 juin 2011 1:29  

    Très bon analyse..

    Je pense que c’est une excellente idée de mettre qu’un seul mandat mais assez long pour vraiment long pour réaliser des travaux. 7 ans me parait juste.

    Ayant lu, le communiqué de la SADC. Je trouve que ce dernier a pris la bonne décision d’imposer le retour de Ra8 et de faire accepter par tous la feuille de route. Je déplore juste qu’il n’aie pas statué sur le CENI. Fortifié la CENI est à mon avis la seule assurance d’avoir une élection digne de ce nom. Par exemple, mettre le Pr Ranjeva comme président du CENI n’est pas une mauvaise idée. Du moins, ça nous permettrai d’avoir un interlocuteur qui discutera directement avec les institutions internationales et d’avoir des financements pour avoir le moins d’argent injecter par la présidence. Comme membre il faut rajouter: 1 représentant de chaque mouvance: pour équilibrer les forces politiques. 1 représentant de la SADC avec un droit de véto: cela permettrait plus d’objectivité dans la prise de décision, et en même temps il représentera la communauté internationale. 1 représentant de CNOE qui représentera en même temps la société civile et enfin un représentant du ministère de l’intérieur. Ces 2 derniers organismes sont essentiels pour prendre des décisions plus adaptés à la situation.

    En tous les cas, espérons que nos “élites politiques” arrivent à enfin s’entendre. Car finalement au lieu de faire un NLIM, Mr Ra8 aurait du faire un National Putch Institute of Madagascar: on est s’y faire avec ça…

    Gasy kely tsy mahay..

  6. olivier lien permanent
    14 juin 2011 2:48  

    Qqs fois Ndimby c’est décevant de voir que dans qqs posts on fait souvent des sorties de routes. Par ex dans le blog Fijery nait à peu près avec cette crise qui a débuté au commencement de 2009, on a parlé de crise cyclique: pourquoi; comment; par qui; pour qui et ensuite de toutes les suggestions et/ou projets pour du PLUS JAMAIS CELA. Alors quand on voit des choses telles que qui n’a pas voté pour qui; qui n’est pas TSD/MAREMA/TIKO BOYS/ Petit TRAIN A PETITE VITESSE/… Ce qu’il ne faut pas oublier c’est que tout le monde est d’accord qu’il faut le retour à la légalité et à l’ordre constitutionnel et qu’il faudrait donc faire des élections fiables et pour le peuple Malagasy et pour la CI. Par conséquent débattre ici pour ou contre le bulletin unique; pour ou contre un mandat unique; pour ou contre ceci et cela peut-il nous emmener: – vers de vrais politiciens qui cesseraient dépenser que la politique ce n’est que du gagne-pain (ou gagne bois de rose); – vers des journalistes qui ne seraient plus des outils de désinformations; – vers les forces armées (militaires-policiers-gendarmes) qui ne seraient plus corruptibles pour jusqu’à devenir des mutins; – vers la magistrature/ministère de la justice qui ne seraient plus des jouets des gros bras et de tout régime en place (légale ou non). En outre il est de plus normal d’entendre les Eurodéputés déclarer qu’ils ne sortiront pas de l’ ACCORD DE COTONOU ./. Resaka mivilivily daholo ny ankohatra izay ! Cela ne m’empêche pas pourtant de dire que je suis très fière de l’existence du beau, du bon Blog Fijery. Lavà andro iainana i Ndimby sy ny forumistes rehetra tsy an-kanavaka, ny hevitra no mety miady fa ny olona tsy miady, ary matezà ny Blog Fijery.
    Farany, ny faniriko ary hevitro izaho samirery dia ny filoha Ra8 sady tokony hamela izay nanenjika sy namadika azy, tahaka an’i Nelson MANDELA izay namela ny Sudaf’ fotsy nanagadra azy roapolo taona, ary tsy tokony misisika hilatsaka ho fidina izany intsony fa na izy aza dia mahafantatra tsara fa na ho lany izy na tsia dia hitondra lonilony foana izany. Ny filazan’ny fikambanan’ireo filoha @ SADC hoe MAHAZO MODY ANKALALAHANA ETO MAAGASIKARA IZY dia efa mamerina azy indray ho miditra sy mivoaka @ varavarambe ka tokony ho raisiny am-panajana izany ary indrindra mba hitsinjovany ny firenena. Ary asa raha mba misy hafaka manambara azy izany rehetra izany ?

  7. 15 juin 2011 5:47

    Un deficit de formation des gouvernants a ete evoque. Je dirais oui et non.
    Il me semble pertinent de plutot considerer la question autrement: la formation recue par nos dirigeants et plus generalement la sphere dirigeante est elle adequate? Dans sa grande majorite, le peuple d en haut et celui d en bas, a recu une education a la francaise. Heritage de l epoque coloniale.

    J affirmerai que c est un probleme majeur de notre societe. Faut etre clair la dessus: nous accusons un deficit d identite culturelle qui nous empeche fortement a definir clairement a quoi on aspire..

    La culture de l impunite, du carrierisme (oui les mecs entrent en politique, que ce soit chez nous ou en terre francaise, POUR Y FAIRE CARRIERE! Faut pas s etonner et s indigner apres que les gars soient plus sensibles a l ISR qu a l ISN), d une certaine forme d elitisme (a la con je dois dire), de la predominance du statut en lieu et place du savoir faire et la liste est longue. Souvenons nous que c est tellement important chez nos hauts fonctionnaires de l Etat de se faire appeler par leur titre en lieu et place de leur patronyme!!!

    Faut etre profondement complexe pour placer son titre a un niveau superieur a son propre nom!!! Cepedant c est une realite chez nous.

    Ne parlons meme pas de la culture du resultat…. On connait pas, c est tout!

    Tout ceci consitue en grande partie la culture hexagonale et dont nous avons grossierement fait le copier coller. Naturellement, nous n en comprenons ni l histoire qui l a faconnee, encore moins le sens.

    Avec un monde qui n a jamais ete aussi globalise que de nos jours; avec l emergence de puissance comme l Inde, le Bresil, la Chine ou encore l Afrique du Sud, ce serait d un aveuglement fatal que de ne pas de s interesser a ce qui se passe dans le monde, de reperer les bonnes pratiques, d arreter cette culture de la critique envers tout ce qui nous est jusque la inconnu. En un mot de se faire violence et d adopter un etat d esprit nouveau, ouvert aux horizons d ailleurs, de limite se forcer a se detacher de l heritage historique et de donner ainsi un sens nouveau a ce que l on fait, a ce que l on dit et finalement a ce que l on est.

    Seul bemol, ca passera necessairement par la case “elite”, qu elle soit dirigeante et/ou intellectuelle.

  8. FranckRR lien permanent
    15 juin 2011 5:57  

    Très bonne analyse. Très proche probablement de la réalité.

    Néanmoins, je ne pense pas qu’il y ait une quelconque issue dans une élection. Faut-il le rappeler que ce sont des personnes élues qui ont été déboutées par la force. Ne doit-on pas se poser la question de la valeur d’un vote ?

    Ce qui est certain à l’inverse, c’est que les mêmes causes produiront les mêmes effets. Voyant une similitude flagrante entre 2002 et la situation actuelle, et ayant noté l’incapacité de la direction actuelle, je ne peux prédire qu’un éternel recommencement. Seule variable d’ajustement : la situation économique mondiale qui poussera par la famine les moins biens nantis à la révolte. Un nouveau “dynamiseur “de foule passera par là et les “sitting” au 13 mai reviendront.

    Notre pays aura encore perdu quelques années et les 72ard arriveront à la retraite en étant malheureux de ce que leur idéal de combat a accouché. Courage fuyons ?

    Convoquer des états généraux avec TOUTES les composantes de la nation serait plus efficace. Sortir de ce conclave non pas une n-ième constitution mais plutôt des grands principes partagées, inviolables et puni de “peine de mort” le cas échéant. Par exemple : l’abjuration de toute intervention militaire dans les affaires de l’Etat, définition claire du rôle de l’armée, acceptation finale du principe d’élection et les conditions pour qu’elle soit la plus fiable possible, en finir une bonne fois pour toutes avec le clivage haut-plateau/côte en décentralisant au niveau région toutes les actions/décisions/financement. Le central ne servant plus que de péréquation, éducation, sécurité, grands projets d’infrastructure. Supprimer la présidence qui crée plus de problèmes (cf. clivage sus-mentionnée) et faire du parlementaire avec renforcement du rôle des partis politiques, définir ce qu’est un parti (constitution, financement etc.). C’est cela une vision et c’est malheureusement ce que n’a pas eu Ra8. S’il avait accepter les doléances de Zafy sur le grand pardon tout en poussant la méritocratie vs tribalisme, on n’en serait plus à dire SI.

    On ne peut enlever à Ra8, sa grande faculté de mise en oeuvre. Une fois qu’une action est décidée, elle va être faite. C’est cette sur-activité que nous voyons tous comme “be zava-bita”, mais pour moi, ce ne sont que de la gestion courante – bien meilleur qu’avec tous les autres – mais pour une vraie vision, il aurait fallu avoir de l’humilité pour la partager, la construire avec d’autres quitte à être intransigeant par la suite lors de sa mise en oeuvre. Les gens ne retiendront de lui que les routes et autres faits alors que c’était la recherche de l’excellence, la recherche de la dignité du vite malagasy, qu’il faudrait louer.

    Ai-je encore de l’espoir ? hum … si je n’étais pas obligé, j’aurai déjà abandonné car sinon ceux qui coulent mon pays auront gagné. Du moins un peu de temps d’ici la nouvelle déferlante !

  9. 16 juin 2011 1:54

    Bonsoir FranckRR,

    “Les gens ne retiendront de lui que les routes et autres faits alors que c’était la recherche de l’excellence, la recherche de la dignité du vite malagasy, qu’il faudrait louer.”

    - A moins que je me trompe sur toute la ligne, Ravalomanana c etait Tiko, VITA MALAGASY….non?
    Un slogan, bien entendu, mais toute une philosophie qui met en avant le made in madagasikara….
    - A ma connaissance, c etait le seul a s etre exprime en Malagasy devant un parterre de journalistes etrangers quand il accordait une conference de presse sur le sol malagasy…non?
    - Si ma memoire ne me trahit pas, le fameux “Miasa, miasa mafy, miasa TSARA”…c etait de lui? Si ce n est pas louer l excellence….je me demande ce que ca pourrait etre…..
    - La “Vitrine de Madagasikara”, en gros ce qui se fait de mieux dans le vita malagasy, c etait sous sa mandature, n est ce pas?

    En matiere de “louange” du vita malagasy, je pense que le personnage n a vraiment de lecon a recevoir de qui que ce soit.

    “mais pour une vraie vision, il aurait fallu avoir de l’humilité pour la partager, la construire avec d’autres quitte à être intransigeant par la suite lors de sa mise en oeuvre”

    C est vrai.

    Sauf qu une vision decoule de convictions. Et des convictions ca se defend parce que tout le monde a raison. Parce que tout le monde detient la verite absolue. Parce que tout le monde est genial.

    Pour s en convaincre, il suffit de regarder a quel point le president Obama “galere” pour mettre oeuvre tout ce qu il a promis de faire en tant que democrate. Face a des republicains qui se battent becs et ongles pour defendre leurs convictions, et partant leur vision, le “trop humble” et “trop intelligent ” Obama est contraint de faire beaucoup de concessions vis a vis de sa ligne politique et de ceux qui partagaient sa vision……pourtant, ils possedent deja pas mal de longueur d avance en matiere de democratie par rapport a nous malagasy…..
    Donc imaginez un peu la difficulte de faire partager une vision chez nous, avec 180 partis politiques, etc etc

    • FranckRR lien permanent
      17 juin 2011 12:39

      Vous ne m’avez pas bien lu ou je me serai mal exprimé. C’est exactement ce que j’ai dit. On ne se souviendra que des routes et autres faits alors que la vérité était ailleurs. Quand on compare ce qui a été fait sous divers présidence, je ne retiendrai que ce que vous avez cité. C’est l’esprit contraire qui fait enliser notre pays dans la médiocrité et la vite-fait.

      Il était en position de force pour imposer un consensus sur la définition d’un parti politique. Ce n’est pas avec la gabegie actuelle que cela se fera où on voit bien qu’il n’y a de chef que dans la peur de perdre ses avantages.

      Tout cela pour dire que c’est bon en “savoir-faire”, excellent en “faire-faire” mais aurait dû mieux faire en “faire ensemble”. Cette dernière étant la marque des plus grands chefs – dont ne fait probablement pas parti Obama une fois sa particularité raciale écartée. C’est ce pouvoir d’entrainement qu’avait De Gaulle, Tatcher ou Mao dont nous aurons besoin car il est vrai qu’il faut en convaincre beaucoup. Mais convaincre c’est obliger un peu …

  10. 24 juin 2011 4:24  

    Je suis plus que pessimiste sur l avenement de ce “grand chef” dote d un tel leadership chez nous. En d autres termes attendre ce dernier est plutot une strategie ……peu rentable. Pour la simple raison que la recherche du “faire ensemble”, a mes yeux est tout sauf realisable a court et moyen terme dans notre pays. Les esprits sont tortures, traumatises, lessives pour etre capables de privilegier le rationnel au detriment de l emotion.

    Deja si on arrive a faire ancrer dans les esprits qu un decollage economique passe necessairement par la dotation en infrastructures, l emploi salarie, l education…….en gros, un decollage economique digne de ce nom se fera sentir apres seulement deux voire trois mandats, ce serait je pense un “dingana lehibe” de franchi

    En parallele, une democratie serait la cerise sur le gateau pour accompagner voire piloter un tel decollage. Mais la encore, force est de constater que nous ignorons et les droits, et les obligations, et encore plus les devoirs qu exige de revendiquer de vivre au quotidien un tel systeme. Ce n est ni la faute des ignorants ni des incultes. C est la seule et entiere responsabilite des elites intellectuelles incapables d influer sur les esprits et les mentalites.

    Un peu de pragmatisme ne nous ferait point de mal. Regardons la Chine. Ce n est certainement pas la democratie qui a sorti cette population des abimes de la pauvrete. Faut pas se leurrer non plus, ils glisseront tot ou tard vers un systeme democratique.
    Mais j en conviens, vendre un tel argument pour esperer l adhesion des “emotions” et aller dans le sens du “faire ensemble” est, aussi, une strategie, disons le, vouee a l echec.
    Ca a le seul merite d ouvrir les yeux sur des realites et d obliger (convaincre quelque part) les individus a se prendre en main

  11. Mirindra lien permanent
    29 juin 2011 10:35

    Moi je crois au contraire qu’au final les gens retiendront “l’esprit” Ravalomanana plus encore que ses réalisations; je le vois en ce moment sur internet où – par exemple – son “miasa, miasa tsara, miasa mafy” est cité bon nombre de fois.

Rétroliens

  1. Madagascar: Sanctions Result in Economic Decline and Food Insecurity · Global Voices
  2. Madagascar: crisi politica e sanzioni economiche, il Paese resta in ginocchio · Global Voices in Italiano
  3. Global Voices | 马达加斯加:制裁造成经济与粮食危机 | 中国数字时代
  4. Attention à l’électionnisme mora « Fijery, le blog de Ndimby A.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 95 followers