Serment d’hypocrite ?
« Critiquer la construction d’hôpitaux neufs au lieu de, soi-disant, remettre en état les anciennes structures, est de la pure démagogie. Un jour, vous serez convaincus ». Ainsi parlait, non pas Zarathoustra, mais le forumiste Vuze parmi les 134 commentaires sur l’éditorial Rajoelina n’est pas décevant. Il m’apostrophait ainsi sur mes critiques au sujet de la superficialité du régime hâtif qui selon moi, « ne trouve rien de mieux à faire que de construire des stades, des salles de concert et des hôpitaux, alors qu’il aurait au moins dû avoir la décence de déjà améliorer les hôpitaux existants et les réseaux de Centres de santé de base (CSB) ».

Hippocrate le Grand ou Hippocrate de Cos (460 av. J.-C - 370 av. J.-C) est un médecin grec du siècle de Périclès, considéré comme le « père de la médecine ». Il est généralement admis qu’il a fait considérablement avancer l'étude systématique de la clinique médicale en compilant la somme des connaissances médicales et en instituant des règles éthiques pour les médecins à travers le serment d'Hippocrate (source : Wikipedia).
En lisant la lettre ouverte publiée la semaine dernière dans les colonnes de Madagascar-Tribune.com par Ando Raobelison, c’est à cette remarque de Vuze que j’ai pensé en premier. En effet, le phénomène décrit par Mme Raobelison illustrait parfaitement ce sur quoi je tentais d’attirer l’attention, et que mon contradicteur systématique mais néanmoins respecté eut l’amabilité de traiter de « pure démagogie ». Rappelons qu’il s’agissait selon les termes même de l’auteur de la lettre ouverte d’un cas « où un nouveau-né n’a pas survécu car le personnel de santé présent sur place n’a pas été en mesure de juger ni de l’urgence ni de la sévérité de la situation, ni de l’importance de la vie – celle de la mère et du bébé ».
Si la question de procéder à des investissements dans le secteur de la santé se pose effectivement de façon pertinente, il est pourtant fondamental de se demander si la meilleure manière d’investir l’argent public est d’améliorer l’existant pour en renforcer les ressources matérielles et financières, ou s’il vaut mieux inventer de nouveaux hôpitaux juste pour le plaisir du bling-bling. Il est vrai que le problème pointé du doigt dans la lettre ouverte traitait plus d’une déficience de mentalité et de capacité professionnelle que de problèmes matériels. La formation continue doit donc aussi être un investissement pour améliorer la qualité des ressources humaines.
Rappelons que le quart des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement définis par l’Assemblée générale des Nations unies en 2000, concernait directement la santé maternelle et infantile. L’objectif 4 “réduire la mortalité infantile” se déclinait ainsi : Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans. L’objectif 5 “Améliorer la santé maternelle” visait entre autres à réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle. Avec ce genre de phénomènes dans le hôpitaux publics, ce n’est pas demain la veille que ces objectifs seront atteints à Madagascar.
Depuis que la lettre ouverte de Mme Raobelison a été publiée, je vais à la pêche aux informations dans les milieux hospitaliers publics. Ce que l’on y apprend dépasse l’entendement. Dans un grand hôpital public d’Antananarivo, la hiérarchie s’efforce d’améliorer l’image de l’établissement par de petits projets. Le budget étant insuffisant, il est demandé aux médecins de contribuer de leur poche. Ils doivent également acheter sur leurs propres deniers certains consommables tels que des piles pour faire fonctionner des appareils de mesure. Le personnel médical étant loin d’être surpayé, la plupart rackette donc les malades. Résultat : la pratique honteuse de faire payer les malades pour des frais en principe supportés par le service public devient monnaie courante, et aboutit à une institutionnalisation de la corruption. Pour en revenir à la lettre ouverte citée ci-dessus, la victime étant de condition modeste, elle n’avait pas de quoi « arroser » qui de droit, et a donc été négligée. Dans le contexte malgache, le nom d’Hippocrate associé au serment que prêtent pourtant tous les médecins (1) mérite souvent un réaménagement au niveau de l’orthographe.
On pourrait encore multiplier les exemples similaires. Mais tous montreront que les hôpitaux publics manquent de ressources. Le matériel est souvent manquant, désuet ou défectueux. L’achat de consommables et fournitures ne bénéficie pas d’un budget suffisant. Le personnel se plaint, sans doute à juste titre, d’être sous-payé. Tous ces problèmes se fondent sur une insuffisance de budget.
Par conséquent, si les fameux 100 millions de dollars de WISCO permettaient un investissement pour améliorer la santé publique, le plus important était-il de pallier aux insuffisances actuelles dans le secteur, ou de se précipiter hâtivement pour construire de prétendus hôpitaux modernes, juste pour le plaisir de les inaugurer, de voir son nom sur une plaque de marbre, et d’en faire à court terme un vulgaire argument électoral ? Faire de la politique et diriger un pays, c’est d’abord et avant tout gérer l’argent public pour que la population accède aux services publics (2). Il ne s’agit donc pas de profiter de l’argent public pour se faire voir, et satisfaire ainsi beaucoup plus le besoin de paraître de son ego que les besoins vitaux de la population. Hélas, là est la lacune d’avoir un DJ de 36 ans au sommet de l’État : ni son expérience professionnelle, ni son parcours académique, et encore moins le niveau de sagesse qu’est censé donné l’âge ne l’ont préparé à avoir la capacité d’une vision à long terme qui aille au-delà de deux mixages. Mba ampianaro ihany ny zaza e !
En attendant qu’une personne éclairée et réellement désireuse d’oeuvrer pour l’intérêt supérieur de la Nation arrive un jour au pouvoir, la situation dans les hôpitaux publics empire chaque jour. La crise économique qui a résulté du coup d’État de 2009 a réduit la part de la population qui pouvait encore se permettre d’aller se soigner dans le secteur privé, ce qui provoque une augmentation d’usagers dans les hôpitaux publics, alors que les moyens de ces derniers sont déjà réduits à une portion congrue (3). Résultat : pour les plus défavorisés qui n’ont pas les moyens de filer des billets doux pour le portefeuille du personnel soignant (de l’homme de peine au médecin, en passant par les infirmiers), les hôpitaux publics risquent juste de devenir des mouroirs.
Entre parenthèses, je me pose la question suivante : quel genre de morale et d’éthique peut avoir un médecin sorti de la faculté d’Ankatso, quand on sait que leurs professeurs sont eux-mêmes loin d’être des exemples dans le domaine ? Combien d’étudiantes en médecine ont subi en silence le harcèlement sexuel de professeurs de médecine, donc plusieurs tentent de monnayer la validation d’un stage en milieu hospitalier ou d’une thèse contre des faveurs inappropriées ?
Après la publication de la lettre ouverte d’Ando Raobelison, à laquelle d’ailleurs toutes les personnes de bonne volonté devraient contribuer à la diffusion la plus large pour avoir dans le contexte malgache le poids du fameux « J’accuse » d’Émile Zola (4), il y a d’autres questions pratiques qui se posent. Comment obtenir une punition exemplaire des fautifs de la part de l’administration ? Comment encourager les victimes à dénoncer de tels actes qui sont loin d’être pas isolés ? Comment les victimes peuvent-elles obtenir réparation ? Il est vrai que les problèmes ne datent pas du 17 mars 2009, mais le coup d’État les a démultipliés en entrainant une “fozification” des mentalités. Il est quasi-certain que ce n’est pas chez Mémé Krisy Mafy ou Riri le Django que les victimes vont pouvoir se plaindre, car elles risqueraient de se voir accusées d’atteinte à la sûreté de l’État ou toute autre douceur réservée à ceux qui critiquent les dérapages qui ont lieu sous le régime hâtif.
L’augmentation de la corruption et la détérioration de la gouvernance à Madagascar depuis l’arrivée au pouvoir d’Andry Rajoelina sont des réalités politiques (voir les indicateurs sur cet édito). En outre, quel que soit le point de vue, le personnel des hôpitaux publics sont des fonctionnaires de l’État. Les griots prétendent que Rajoelina est actuellement le chef de l’État : il est donc responsable de l’Administration et des fonctionnaires, au même titre que le Premier ministre. Par conséquent, la remarque qui se voulait narquoise de Vuze sur ma première réaction à la lettre ouverte de Mme Raobelison est tout à fait étonnante : « J’attendais impatiemment qui allait oser faire de la récupération politique de ce fait divers horrible… Zozorro et Ndimby (2 hautes personnalités « intellectuelles » et « reconnues ») ». Pointer du doigt l’inadéquation entre les besoins et les projets grandiloquents du régime hâtif n’a rien d’une récupération politique, sauf pour ceux à la mauvaise foi épidermique dès qu’on se permet de critiquer le petit gourou de la secte orangée. Il est donc amusant de voir comment Vuze le françafricain s’empresse de dédouaner son idole de ses responsabilités, juste pour le plaisir d’une rhétorique oiseuse.
C’est ce genre de mentalité, qui tente systématiquement de cacher la réalité et de détourner l’attention des insuffisances du clapier en matière de gestion publique qui fait que la crise perdure. A force de se complaire dans le subterfuge et la superficialité ; à force de prétendre qu’un coup d’État est une oeuvre de salut public ; à force d’insinuer qu’un régime qui ne tient que par la répression et la corruption est soutenu par l’ensemble du peuple ; à force d’essayer de faire prendre des vessies pour des lanternes ; il ne faut pas s’étonner que la reconnaissance internationale ait patiné pendant plus de deux ans et que la réconciliation nationale dérape périodiquement (5). Il serait intéressant que les griots hâtifs, dont l’ambassadeur Châtaignier, aillent expliquer à la victime mentionnée dans la lettre ouverte, à la bouquiniste Haja assassinée à Ambohijatovo par les bidasses à la solde des hâtifs, aux chômeurs à cause de la crise, aux parents qui ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école etc., que ce qu’ils vivent n’est qu’une illusion, et que ceux qui se permettent de critiquer le régime hâtif ne sont que des affabulateurs qui se versent dans une méchante démagogie.
Mais effectivement, la sagesse chinoise enseigne que « Quand le sage montre la lune, le fou regarde le doigt ».
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(1) La traduction du serment d’Hippocrate original est disponible en cliquant ici.
(2) Un service public est une mission générale ou une prestation particulière qui est due par l’État à tous les citoyens appelés usagers.
(3) La même situation peut être constatée dans l’éducation, avec un gonflement des effectifs dans les écoles publics suite à une arrivée d’enfants dont les parents ne peuvent plus assumer les frais de l’enseignement privé. C’est à cause de la crise qui a suivi le coup d’État : et ça, c’est aussi de la démagogie ?
(4) D’ailleurs, les éléments de l’opposition auront-t-ils l’intelligence d’exploiter ce fait pour mettre un peu d’animation au sein du Gouvernement d’union nationale et du Parlement, et se poser ainsi comme les artisans de l’assainissement au mileu de l’atmosphère actuelle de laisser-aller et de corruption ?
(5) La rencontre annoncée pour mercredi prochain entre le Président Sarkozy et Monsieur Rajoelina ne doit pas étonner. La France est logique envers elle-même dans son soutien envers son poulain, depuis que Châtaignier est allé faire des salamalecks à Ambohitsorohitra aux premiers jours du coup d’État. Si elle avait pu, elle aurait organisé cette rencontre depuis le 18 mars 2009, mais a été obligée de compter avec la résistance de l’Union européenne et des États-unis. Grâce à la feuille de route mora et au Gouvernement d’union nationale, les blocages psychologiques s’estompent sur le plan international, sans tenir compte de la forfaiture qu’est cette transition. Sans oublier que Rajoelina est en quête de soutien rapide pour couper l’herbe sous les pieds d’une tentative de second souffle chez l’opposition. Ne vous l’avais-je pas dit depuis le 9 janvier de cette année : 2011, une grande année pour le lapin ?
A lire aussi sur zinfos974.com: “sortie de crise malgache 2011= parcours du combattant pour le consensus” merci!
(…) il ne faut pas s’étonner que la reconnaissance internationale patine …(…).
Avec ce qui se prépare derrière les fagots, je serais moins péremptoire !
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Vu sur le site de l’Elysée
mer 7 déc 10h00
Conseil des ministres au Palais de l’Elysée.
11h45
Entretien de M. le Président de la République avec M. Timothy
GEITHNER, Secrétaire au Trésor des États-Unis, au Palais de l’Élysée
17h00
Entretien de M. le Président de la République avec M. Andry RAJOELINA,
Président de la Transition malgache, au Palais de l’Élysée.
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Après l’adoubement du PM Beriziky par l’ambassadeur JM Chataignier, les coups de boutoir de la COI en faveur de la HAT et l’imminente réunion de l’UA, le Président de la République française ne se prépare-t-il pas à ouvrir les vannes de la reconnaissance internationale à Andry Rajoelina et à son pouvoir de fait issu d’un coup d’Etat militaro-civil, qu’il a – faut-il le rappeler – officiellement et fermement condamné en son temps ?
Raison d’Etat, quand tu nous tiens …
Mba ampianaro ihany ny zaza e !
C’est une fameuse expression qu’on se faisait entre copains de classe dans une école professionnelle où le brassage ethnique a été le maître mot d’un certain Emmanuel R. ministre du Développement Rural dans le temps!
En fait, avoir une demi-culture est assimilée à FAIRE N’IMPORTE dans ce temps! Et tout le monde chahutait celui qui ne fait pas attention avant de faire quelque chose: REFLECHIR!
On nous apprenait dans ce temps: Voir, Juger et Agir! Mais maintenant le GH fait à l’envers: Agir, Voir pour ne rien voir et juger à coup de pelle!
Mba ampianaro ihany ny zaza e !
Pour plomber le moral des troupes, rien de moins qu’un edito qui n’évite aucune triste réalité h.a.t-ienne!
Aïeux (sans couronne!), que ne vous réveillez vous pas de vos tombes pour voir tout ça.
Je connais un peu les hôpitaux public pour y avoir été confrontée lors de mon dernier passage. Une vie s’est arrêtée à 20 ans. Je suis sortie par la petite porte en ayant voulu être solidaire de ce destin.
On peut aider financièrement, débarquer avec des euros, mais on ne peut pas diagnostiquer, on ne peut pas poser une sonde etc. Les malades, avant tout, remettent leur vie aux soignants et leur indifférence est la pire des choses. Blasés ? Pas de moyens? Je ne sais pas, ce que je sais c’est que tout n’a pas été fait.
On ne guérit pas de ces choses là, on ne peut que chercher à améliorer le présent et le futur et j’espère que le témoignage publié sue Mada Tribune de cette femme sera le commencement d’une vraie prise de conscience.
Pour changer de sujet, mais toujours pour parler d’un grand malade qu’est le pays, le chef hat voit les choses de sa belle hauteur, qui je l’espère est si haut que la chute n’en sera que plus dure, le chef, disais-je donc balance des réprimandes à gauche à droite, une fois qu’il a placé les vrais pions et affirmé que l’ex président ne pourra pas rentrer ou pourra rentrer MAIS…L’obnubilation du régime qui tient en otage tous les Malagasy c’est d’empêcher ce retour.
Rencontre avec Sarkozy ? Et alors, on ne fera que rendre officiel un soutien indéfectible– pour l’instant du moins –de la reine mère.
On peut juste se demander pourquoi un président qui est propulsé dans le cercle des grands dirigeants de ce monde de par les circonstances très peu glorieuses—que vit le monde, pourquoi un président si « over –booké » prend la peine de recevoir un dictateur de troisième zone qui est si loin d’avoir rempli les critères de démocrate ?
Parce que la FranceAfrique nouvelle génération est arrivée, et à y regarder de plus près c’est quand même toujours le même souci de flatter les petits ego en retour de grrrrrrrrands service !
Pauvre monde. Ampianaro ny zaza o
Bien à toi.
L’exercice de la médecine doit s’appuyer avant tout sur des valeurs d’humanité consistant à prodiguer à tous, sans distinction, le meilleur des soins, tout simplement parce que la santé publique a un rapport direct à la vie et que, cela nécessite de maintenir les dernières bases de l’éthique ainsi qu’un minimum d’humanité. La corruption doit donc s’arrêter à l’entrée de la santé publique. Mais La corruption s’est tellement banalisée, y compris dans le milieu hospitalier, qu’aujourd’hui, aussi bien les malades que le personnel soignant trouvent cette pratique tout à fait naturelle. D’ailleurs, il n’est plus nécessaire que les infirmiers réclament des pots-de-vin puisque tout le monde est censé savoir qu’il faut tout d’abord payer si l’on veut être servi. Et ce type d’argument passe-partout que brandit le personnel hospitalier (faiblesse des salaires) pour justifier leur manque d’humanité et la corruption : « mon salaire ne me permet pas de faire vivre ma famille, à ma place quiconque aurait fait pareil » est totalement irrecevable. Je suis abasourdie devant un tel cynisme, une telle misère morale d’autant plus qu’ils influent directement sur la courbe de l’espérance de vie de la population. Il vaut donc mieux être riche quand on est malade et avoir de quoi payer un « petit cadeau » au médecin et au chirurgien sous peine d’attendre un soin des mois comme un numéro sans âme. Que deviennent donc ces familles de plus en plus nombreuses dont les conditions de vie se sont retrouvées tellement dégradées qu’elles n’ont même plus le choix entre se nourrir, se soigner et s’éduquer ? Et encore, je ne parle pas des ventes parallèles de médicaments, des retards ou de l’absentéisme.
Nous sommes très loin d’atteindre l’idéal d’intégrité auquel nous aspirons. Et avec des putschistes au pouvoir, ce ne sera pas demain la veille. La corruption est le plus grand mal qui nous ronge. Elle est présente à tous les niveaux. Nous la vivons au quotidien. Elle a fini par entrer dans nos coutumes (pour obtenir un passeport ou un acte de naissance rapidement compte tenu de la légendaire lenteur de l’Administration, pour voir un médecin venir à votre chevet à l’hôpital, ou si vous « graissez » suffisamment, une chambre d’hôpital décente, …). Sous prétexte d’arrondir les fins de mois, les fonctionnaires mal rémunérés par l’Etat, du plus haut au plus bas de l’échelle cautionnent ces pratiques pourtant répréhensibles sous d’autres cieux.
Est-il étonnant dans ce cas que le pays s’enfonce de plus en plus et que les appareils de l’Etat aient perdu toute crédibilité ? Dans ce cas, changer de dirigeants suffirait-il pour éradiquer ce mal ? Bien entendu, l’exemple doit venir d’en haut. Si les dirigeants se comportent comme des voyous, il sera difficile de demander au peuple d’être irréprochable. Mais au-delà de tout cela, puisque la corruption est profondément ancrée dans nos mœurs, seule l’éducation à mon avis pourrait prétendre l’éradication de ce fléau. Car faut-il vraiment tout attendre des dirigeants ? Ces médecins ont beau être bardés de diplômes et être pétris de belles théories, encore faut-il vouloir les appliquer. Le diplôme n’est pas toujours un gage de bonne conduite. Il appartient à tout un chacun de s’impliquer, à son propre niveau, à changer les choses (par exemple, que le douanier d’Ivato montre un minimum de décence pour ne plus racketter les voyageurs des grandes lignes en réclamant sa part de « voan-dalana » d’un regard assez autoritaire, que l’ agent de circulation cessent d’intercepter les automobilistes pour son approvisionnement en boisson « chaude » les nuits d’hiver ou pas…)
Quelle importance que Rajoelina soit reçu par Sarkozy mercredi ?
Sarkozy a bien déroulé le tapis rouge à Kadhafi il y a 2 ans, avec componction et force salamalecs et courbettes. Poussant même le ridicule jusqu’à lui accorder l’honneur inédit d’installer sa tente du désert dans les jardins mêmes de l’Elysée…
Ca ne l’a pas empêché, dès que le vent de l’Histoire a tourné, de lui réserver un hazalambo forcené sous le couvert des Nations Unies. Il a inlassablement pilonné les positions de Kadhafi, les villes, les casernes, les aéroports, etc. Et il n’y est pas allé de main morte, puisque c’était une bonne chose pour les contrats de reconstruction à venir, car la Libye a les moyens de payer ! Et pour un peu qu’elle ne soit pas ingrate, à qui les contrats avec le pétrole libyen ?
On a donc fini de débusquer de son trou à rats (les égouts) celui-là même qui avait l’habitude de traiter ses contradicteurs de rats d’égouts… Avec la photo de son visage ensanglanté colportée ignominieusement dans toutes les presses mondiales.
Que valent au juste les sourires et poignées de main diplomatiques?
Bonjour,
Encore une fois, merci Ndimby A. de mettre en valeur, avec force de conviction et de rigueur, des preuves sur ce que cachait la couleur orange, les mots comme “democratie/vahoaka malagasy, ainsi que les “V” des doigts du 13 Mai!
Et vos ecrits suscitent tres tres souvent des reflexions sur divers themes; ce dernier-ci pourrait tourner autour de “ampianaro ny zanaka” des commentateurs precedents. L’objet principal d’une education n’est-elle pas, en effet, non pas de faire miroiter la possession d’un diplome, d’un titre au sein des institutions, de celui de “prezidA”…..”chef supreme des armees”, mais d’apprendre a saisir le sens des connaissances acquises ( sur les bancs des ecoles/en dehors de celles-ci) afin de devenir un adulte responsable ?
Maintenant je voudrais revenir au probleme souleve dans l’edito : la sante de la population.
Dans l’expression attribuee a Abraham Lincoln, le changement du mot “education” par celui “sante” donnerait : la sante coute cher ? Essayez les maladies.
On peut aisement imaginer, enumerer toutes les consequences de l’absence d’une politique de sante publique. Ne vont-elles pas jusqu’aux maladies psychologiques/psychiatriques….”hatives” ??????
On parle des $ 100 M de WISCO. Oui mais dans ce genre d”‘opportunite”, dans un pays “sans etat”, qui seraient les principaux beneficiaires de ROI ?
- commissions/retro-commissions ?
- interets a x % ?
- sur le long terme, amelioration de la sante de la population ?
D’autre part, j’ai deux questions auxquelles je n’ai toujours pas de reponse de la part des fatys:
1) quelle est-donc la vocation d’un regime de transition dans un pays “normal” ????
2) quelle mission se sont donc donne ceux qui en ont provoque et etabli un par un coup d’etat violent en 2009?
Je suis plus que tentee de croire que ce coup d’etat n’avait pour but que de changer completement l’orientation politique du pays, depuis sa gestion quotidienne jusqu’au mode/type de partenariats. Apres l’elimination du MCA, la suspension de l’AGOA, voici publiee notre suspension de l’EITI :
http://eiti.org/Madagascar
On 25 October 2011, the Board suspended Madagascar noting that it did “not believe that the relationships necessary for effective EITI implementation in Madagascar are currently possible and capable of being sustained”.
Suspension jusqu’a quand ? EITI Madagascar soutient que “EITI Madagascar : La validation du rapport attend la reconnaissance internationale”
14/11/2011 – 00:00
Or, il est precise que “The revenue from the two biggest operations – Rio Tinto QMM and Ambatovy – amounted to US$70 million for 2007-09″, et dans La Gazette de la Grande Ile Date: jeu, 15/09/2011 – 15:36 ,
http://www.eiti-madagascar.org/fr/content/publiez-ce-que-vous-payez
on nous devoile que “Par contre, la société civile reproche au gouvernement de ne pas encore publier ce qu’il fait de l’argent reçu de ces compagnies.”
“Ampianaro ny ankizy” pour acquerir un esprit sain capable de faire la difference entre le paraitre, bling bling, apparat, “paroles”, et le gout du travail, de la temperence, de l’excellence!
Bonne journee
Kitana
Ampianarina inona moa ny zaza kanefa ny tena za tsy mahay ary ny mpampianatra tsy mahay no ny tena?
Anio ny fanontaniana dia ny hoe iza no hampianatra an’iza? dia inona no ampianarina?
Ohatra fotsiny amin’ireny ireo fanontaniana napetrako teto momba ny fanaovan-gazety.
Ohatra ankoatra ny maro tsy voatanisa ny momba ny “administrateur civil”.
Ireo fotsiny ihany ary raha tsy hilaza afa-tsy ireo, izay lazaiko indray fa fototry izao zavatra mitranga rehetra izao.
Mba mahita ihany ny tena aty Ampita aty hoe misy zavatra tsy zakan’ny vahoaka intsony mihitsy kanefa tsy hanongam-panjakana izany izy. Ary ny ireo karazan’olona lazaiko ireo dia tsy hampiditra mihitsy ny fireneny amin’izany làlana izany.
May Andafiavarata, may ny Rova, tsy hita ny Satroboninahitry ny Mpanjaka, ripahana ny hazo lafo vidy, henoko izao fa varotana ny zaza… Iza marina Ramalagasy ary inona no mahamalagasy azy?
Ka eo indrindra isika izao!
NRL anie ka anisan’ny manampahaizana @ Lalana sy ny Fitantanana ny Raharaham-panjakana e!
Soa ihany izy fa nianatra ary nampianarina!
Dia mahay tokoa kah!
Vous aviez bien choisi le terme HYPOCRITE puisque depuis mars 2009 à ce jour il y a tant d’hypocrisies de la part des dirigeants français (et non français tout court car nous sommes très loin de la xénophobie), à ne citer que “la France reste derrière la SADC et consorts pour toute décision quant à cette crise actuelle à Madagasikara” pourtant dès juin 2009 Jean Marc convoquait Manorohanta, en sa qualité de rien du tout puisqu’il n’était pas encore accrédité ambassadeur à ce moment, pour la décorer de leur légion de kouakouakoua. Puis arrivent les quelques fabrications de feuille de route “mora” présentées en forcing au président Jacob ZUMA en 2010 sans attendre le résultat des médiations africo-africaine. En outre tgv non seulement figure parmi les les 109 punis de la SADC (et à ma connaissance cette sanction n’est pas encore du tout levée jusqu’à maintenant) mais il est même en tête de cette liste, et pourtant ô combien de fois il a été reçu à Paris officiellement ou non. Et la liste d’hypocrisies des dirigeants français et loin d’être close. Dia ny mahagaga ny mbola misy mpiray tanindrazana sahy milaza hoe tsy misy idiran’ny mpitondra frantsay sy ny frantsafrika amin’izao kirizy iainan-tsika izao ? Et on aimerait bien chantant la chanson de Michel Sardou “si les Ricains n’étaient pas là, nous serions tous à Moronie”.
Je souhaite à toutes & à tous quand même BONNE ANNÉE 2012.