Au fait, qu’est-ce qu’on fête ?

L'Histoire rappelle ceci : être reçu à l'Élysée ne signifie ni que l'on est honorable, ni que cela garantit une amitié durable avec le maître des lieux.
Officiellement, Antananarivo a eu droit à un feu d’artifice géant et à un podium pour fêter la Quatrième République. Mais la vraie raison, c’était pour marquer la semaine durant laquelle Monsieur Rajoelina a été reçu par le Président Sarkozy au Palais de l’Élysée (1). Le régime hâtif jette le peu d’argent public disponible par la fenêtre en faisant feu de tout bois dans des artifices inutiles : comportement immature, choquant, et infantilisant pour le peuple. Quelle incohérence de voir quelqu’un qui a fait un coup d’État en fanfaronnant le principe de souveraineté nationale, pour montrer ensuite tant de joie enfantine et de fierté d’avoir été reçu par le Président de l’ancienne puissance coloniale. Mais là encore, dans cette question de souveraineté nationale, et pas plus qu’en matière de sauvegarde des intérêts nationaux, de la démocratie et de la bonne gouvernance, Andry Rajoelina n’a jamais été capable de dépasser le stade des effets d’annonce.
De plus, le feu d’artifice de ce week-end pour fêter la Quatrième République a été organisé dans un contexte tout à fait inapproprié, avec les événements qui se sont déroulés à Toliara vendredi dernier. Des policiers y ont assiégé la prison pour réclamer la libération d’un des leurs, emprisonné après avoir été condamné par le tribunal à 5 ans de prison pour avoir vendu son arme à des bandits. Les actes de violence perpétrés par ces policiers dans leur rébellion ont entraîné le décès d’un magistrat, ce qui a mis le Syndicat des magistrats en grève. Pendant ce temps, RFI annonce que le policier sera libéré ce lundi par le Ministère de la justice. Telle est donc cette Quatrième République qui a droit à des feux d’artifice : celle d’un État défaillant dans lequel les actes de rébellion contre l’autorité officielle se multiplient ; où ce sont les mutins qui obtiennent raison ; et où ce sont les trafiquants d’armes qui se permettent d’ouvrir leur grande gueule.
Panem et circenses
« Du pain et des jeux de cirque » est une formule connue depuis l’époque des Romains pour anesthésier la capacité d’analyse, voire de réaction du peuple. Le seul problème, c’est qu’à Madagascar, il y a de plus en plus de jeux de cirque, et de moins en moins de pain. Amuser la foule ; dépenser de l’argent qui aurait été utile ailleurs en période de crise ; jeter de la poudre aux yeux avec des podiums et des feux d’artifice pour faire oublier le marasme économique dans lequel nous a plongés le coup d’État : cela est une décision tout à fait conforme à une gouvernance de DJ, et représente une insulte jetée à la face des Malgaches qui souffrent de cette crise née de l’ambition débridée de Rajoelina. Mais effectivement, cela ne concerne pas ceux qui peuvent acheter des Hummer ; exporter en douce des containers de bois de rose ; acheter des villas de luxe à Madagascar et à Maurice ; et racketter tout ce qui bouge à tous les niveaux. Normal donc que les fozacrates fassent la fête et tirent des feux d’artifice. Mais ils auraient au moins dû avoir la décence d’attendre le prétexte de Noël, au lieu de se précipiter hâtivement sur un motif bidon. Mais étaient-ils capables d’agir autrement ? On ne va pas s’attendre à ce qu’un cactus donne naissance à des kiwis.
D’ailleurs, pour en revenir au prétexte officiel qui serait le premier anniversaire de la Quatrième République, je serai assez intéressé qu’un griot hâtif m’explique ce que l’on fête vraiment. Le Chef d’État est toujours de transition ; le Gouvernement d’Union nationale (le vrai, pas celui du Camille qui se prétendait vital pour la vie de la nation) n’est en place que depuis un mois ; le Parlement vient d’être recomposé avec des parlementaires nommés et non pas élus ; et il n’y a pas de perspectives d’élections avant le second semestre 2012… Conclusion : quelque part, c’est la transition vers la Quatrième République qui commence enfin, et certainement pas cette nouvelle version de la République. Un an après ce référendum constitutionnel du 17 novembre 2011 que le Comité national d’observation des élections (CNOE) a par ailleurs qualifié de « pire élection qu’il ait eu à observer », aucune institution de la Quatrième République n’est en place. Et « on » se permet de faire un feu d’artifice ?
Maintenant, pour parler du prétexte officieux, qui est l’accueil du putschiste de l’Océan indien au Palais de l’Élysée, et son corollaire qui est la reconnaissance internationale, ce sont sans doute des faits politiques majeurs, n’en déplaise à ceux qui continuent de refuser d’avoir les yeux en face des trous. Ils vont en effet bâtir une tendance internationale de plus en plus favorable au régime de transition. Le Conseil pour la paix et la sécurité de l’Union africaine a ouvert le bal en exprimant jeudi dernier « son intention de lever la mesure de suspension de la participation de Madagascar aux activités de l’Union africaine (…) », et en demandant à la communauté internationale et aux partenaires bilatéraux et multilatéraux d’appuyer les institutions de transition de Madagascar. La communauté internationale qui n’attendait que ce signe de dégel des organisations africaines, ne va pas se faire prier deux fois. Sans activités d’aide au développement, les organismes oeuvrant dans ce domaine ne peuvent justifier leur présence, et les chefs de missions diplomatiques ne peuvent faire ce qu’ils aiment : parader devant la presse et se faire prendre en photo à Iavoloha ou Mahazoarivo, pour donner l’impression qu’ils sont des gens importants.
Il y a un an, dans Réalisme amer, votre serviteur lançait un avertissement : « une partie de la communauté internationale se prépare à franchir un pas pour considérer le référendum comme un fait acquis malgré ses lacunes, et appuyer les élections restantes, avec en contrepartie un certain nombre de conditions. (…) Cela est l’illustration parfaite de la technique de « la carotte » et « du bâton » (…). Surtout que parmi les carottes, il y a quelque chose qui va énormément plaire à Andry Rajoelina : le droit de représenter Madagascar sur la scène internationale, autrement dit d’aller parader dans les sommets internationaux pour être pris en photo avec Obama, Medvedev, Sarkozy, et se croire enfin devenu un grand de ce monde ». A chacun de prendre le recul avec ce qui s’est passé depuis ces lignes.
En tous cas, depuis 2009, les bidasses hésitent de moins en moins à montrer que leurs kalachnikovs leur servent de cervelle. Les affaires de location d’armes de guerre impliquant des membres des forces de l’ordre ne cessent de défrayer la chronique. Question pour les griots hâtifs : quel est celui qui a amplifié le désordre dans la caboche des bidasses, en faisant organiser la mutinerie du CAPSAT, et en pérorant dès la fin du mois de janvier 2009 que désormais, ce serait lui qui commanderait aux militaires et aux policiers, alors qu’il y avait encore un pouvoir légitime et légal en place ? De la mutinerie du CAPSAT en mars 2009 à celle des policiers du commissariat de Mahamasina il y a quelques semaines, jusqu’à ces événements de Toliara, l’autorité du Grand Hâtif sur les forces de l’ordre tient de la farce. C’est le retour de la Loi de la jungle, grâce à laquelle règnent les détenteurs des armes : la démonstration du failed state anticipé dans l’éditorial du 21 octobre 2009 se fait jour après jour. Car un failed state, c’est tout simplement un État qui n’arrive plus à faire respecter son autorité, ni à fournir les prestations auxquelles les citoyens ont droit et pour lesquelles ils payent des impôts ou des factures. Cela va de la sécurité à la fourniture de l’électricité et de l’eau potable. Et pendant ce temps, les groupes mafieux proches du pouvoir s’en donnent à coeur joie.
Ainsi, alors que les délestages se marient au quotidien avec les actes de banditisme, Andry Rajoelina a l’outrecuidance d’organiser des feux d’artifice. Mais finalement, rien d’étonnant à cela : quand un DJ arrive à s’imposer à la tête de l’État par la force et à s’y maintenir par la répression, on ne peut s’attendre à rien d’autre qu’à des spectacles et du théâtre, afin de maquiller la réalité derrière des actes superficiels et des feux qui méritent leur appellation d’artifices. La gestion de l’État devient alors une tragi-comédie quotidienne.
Mais apparemment, la situation dans laquelle le régime hâtif a plongé les Malgaches ne semble pas gêner plus que cela la communauté internationale, qui s’apprête à avaliser cette farce. Par conséquent, il est utile de rappeler ceci à Nicolas Sarkozy et son suppôt Jean-Marc Châtaignier, et de manière générale aux apparatchiks de l’Union africaine, de la SADC, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale, de l’Union européenne et des autres pseudo-garants de l’ordre international : c’est une administration défaillante, marquée par les trafics, la corruptions et l’incompétence qu’ils s’apprêtent à cautionner par leur reconnaissance aveugle, motivée non pas par la conviction, mais par la lassitude. Car sans doute, le principal message de l’accueil de Monsieur Rajoelina à l’Élysée est bien un encouragement pour que le DJ persévère dans ses erreurs et ses bêtises. Alors, il ne faudra pas faire semblant de s’étonner si les bricolages foireux de cette sortie de crise forcée ne font que planter les germes de la crise suivante.
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(1) Pour plus de commentaires sur la visite de Monsieur Rajoelina chez Monsieur Sarkozy, lire sur le blog Fijery « French Kiss à Paris, et le peuple se fait b… ».
Voyez vous ça http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/12/06/97002-20111206FILWWW00519-paris-envoie-10-m-a-madagascar.php 10 millions d’euros ça se fete quand même hein, il faut bien gaspiller les sous puisque ça commence a couler a flot. D’ailleurs, on parle de contrat mais évidemment on nous cache ce que la France doit exiger de Rajoelina en contrepartie de ses 10 millions d’euros?
Bonne question…
La France est, avec 0,5 % de son PIB, le plus « généreux » donateur parmi les grands pays industrialisés. Elle contribue à hauteur de 18 % à l’aide au développement apportée par l’Union européenne.
Mais alors que vont-ils bien nous réclamer en échange ? Eh bien, pour 10 M€, et en soutenant un régime corrompu et autocratique, ils comptent bien garder leur emprise sur le pays en soutenant un régime favorable à leurs intérêts. Bien-sûr, nous avons nos fléaux : des crises politiques à répétition, corruption, détournements, pillage des matières premières, … Et il serait absurde de les nier ou d’attribuer systématiquement la faute à la France. Cependant, le semblant d’ignorance véhiculé par la France sonne, non seulement, comme un mépris à nos yeux et mais est encore plus néfaste car il empêche tout espoir de changement. Je parle ici d’ « ignorance » car je ne pense pas que Mr Sarkozy soit bien au courant de ce qui se passe chez nous, en tout cas pas dans les moindres détails. Et vu le peu de temps qu’il a daigné accorder à Mr Rajoelina (à peine un quart d’heure), je ne pense pas que Madagascar fasse vraiment partie de ses priorités (paraît-il qu’une feuille de route a été signée, paraît-il que le PM est issu d’une autre mouvance, paraît-il que celui-ci a construit un gouvernement d’union nationale …). Cela dit, en tant que Chef de l’Etat, il est responsable de ce qui arrive aujourd’hui : adoubement d’un régime issu d’un putsch. Mais la CI elle-même, n’avait-elle pas déjà annoncé la couleur avec la déclaration du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, sur le progrès réalisé par la HAT en vue de la constitution d’un gouvernement d’union nationale ?
J’ai quand même du mal à croire que Sarkozy ignore autant ce qui se passe à Madagascar . Méfiez vous des apparences car je crois surtout que tous cela révèle bien d’une stratégie de communication à la veille de la campagne présidentielle de 2012 pour la France. Les dernières révélations sur les mallettes et valises africaines l’obligent à ne pas trop se montrer avec des dirigeants africains et surtout à ne pas trop médiatiser cela en France. Mais ce n’est pas parce qu’on n’a pas pipé mot dans les gros titre de l’actualité en France que cela a le moins d’importance pour Sarkozy ou qu’il l’ignore. Loin de là car une fois je suis tombé sur une émission qui durait plus de deux heures sur la Françafrique et il a été dit que le réseau françafricain à l’élysée est considéré presque comme un Etat dans l’Etat. Chaque dirigeant français qui se sont succédés depuis l’indépendance des pays Africains y accordent une importance tel que la nomination de celui qui devra être amené à diriger ce réseau est étudié minutieusement pour que comme vous le dites les intérêt de la France soit toujours maintenus dans ces pays. Enfin bref je ne peux pas résumer tous ce qui a été dis dans cette émission en quelques ligne mais ce qui est sûre c’est que cet ignorance n’est que de façade puisque Sarkozy préfère s’afficher au côté de Merkel en sauveur de l’euro voir du monde plutôt que de s’afficher avec un dirigeant africain qui pourrait nuire à son image surtout s’agissant d’un putschiste.
et je rajouterais même qu’à l’heure ou l’Etat français cherche le moindre centimes ( 1 centime pour les boissons sucré…) à taxer au peuple français pour résoudre la crise de la dette, Sarkozy ne va pas se permettre de donner le moindre centime a l’aveuglette à un autre Etat sans être sure d’avoir un retour d’investissement précis.
Très sincèrement, je n’en sais rien, Racynt. Tout comme moi, vous supputez sans réelles preuves à partir d’éléments plus ou moins objectifs (peut-être même que cette vérité, nous, ne la connaîtrons jamais). Mais n’est-ce pas aussi l’intérêt de ce forum où le débat peut être contradictoire ?
Je suis tout a fait d accord avec vous lorsque vous dites que la france n est pas l unique responsable de ce qui se passe mais avec tous ca http://www.democratie-royale.org/m/article-89576001.html on se pose des question
Ici à Toamasina, les intellos ont remarqué LA première explosion : bleu-blanc-rouge (et j’ai la photo pour le prouver, les médias locaux ont la vidéo).
Rebonjour la colonisation
Mais c’est la suite logique des 200000 Euros obtenus pour le coup d’état pardi!!!!!
C’est du joli!
Les forces de l’ordre qui, dans l’armée ou la police nationale, font régulièrement une mutinerie pour des causes honteuses, comme peser sur la justice pour qu’elle ne s’avise plus à intervenir dans des flagrants délits de banditisme: vendre ou louer des armes aux truands!!!
Fêter une République dont le Parlement s’illustre par des “représentants du peuple” nommés et non pas élus…
Fêter avec éclat l’adoubement de Rajoelina par Sarkozy, dans un contexte où même l’eau et l’électricité font régulièrement défaut pour cause de délestage. Sans parler de la misère extravagante où est plongée la majorité de la population. Ni des actes de pillage national qui mènent à l’enrichissement soudain d’une caste au pouvoir, qui étale sans fausse honte ses biens aussi somptuaires que mal acquis…
A supposer qu’il faut se plier sans broncher à tous ces faits du Prince, et ce “pour l’intérêt supérieur de la Nation”, dans quels rouages Madagascar est-il en train de mettre les pieds? Nos institutions pourront-elles revenir indemnes d’un engrenage aussi périlleux et pourri?
Merci Sarko d’avaliser la déliquescence de nos institutions! Merci Chataîgner de cette connivence avec les liquidateurs de l’Etat de droit! Nos enfants, qui ne connaîtront plus d’autre perspective que la corruption, vous en seront gré.
Et je ne parle même pas du haut degré de tolérance de nos concitoyens, prompts à s’accommoder des arbitraires les plus honteux et les plus dévastateurs, pourvu qu’il y ait « du pain et du cirque ». Mais au train où ce régime bling-bling dilapide l’argent public, je crains que ces « démunis » ne verront pas trop la couleur de ce pain-là. Les hâtifs n’ont plus à faire leurs preuves dans ce domaine.
Le nouvel alibi à la mode, pour définitivement museler la critique? L’humanitaire: penser à cette population qui souffre ! Eh bien, on verra quelle part effective de cet argent sera affecté au développement du bien-être et de la sécurité de la population. Le pari est plus qu’incertain.
Si Voninahitsy Jean Eugène ( Les AS ) a révélé qu’ il y avait une pression de la part de Andry Rajoelina pour faire passer Mamy Rakotoarivelo ( TIM Historique ) à la présidence du CT , c’ est pour donner à Sarkozy la “preuve “de l’ existence dans cette crise malgache de la consensualité tant exigée par la Communauté Internationale.
C’ est aussi dans ce but que la démission de Raharinaivo ( TIM imitation – faosika ) du CT a été manigancée.
Personne n’ est dupe . Dommage que les journalistes soit disant leaders d’ opinion – n’ ont pas assez de professionnalisme pour en faire une large diffusion pour que le grand public n’ en soit pas induit à l’ erreur .
De la même manière que le film de série B tourné à Paris par Andry TGV et Sarko lorsque ce dernier assure au premier avec un tremolo dans la joie qu’ il se fera l’ avocat de la transition malgache auprès de l’ Union Européenne , des bailleurs de fonds , des Etats – Unis , de la Communauté Internationale … pour lever les sanctions à l’ endroit de Madagascar. Depuis le retour de Andry TGV , ses larbins reprennent en choeur le même refrain .
Quel sens à donner à tant de sollicitude ? Peut – on prendre au sérieux de tels propos de la part d’ un Sarkozy qui a bien d’ autres chats à fouetter dans son propre pays? Problème de la dette, instabilité de l’ Euro , élections en Côte d’ Ivoire , au Congo , en Guinée , au Niger … compte tenu de l ‘ avenir des intérêts français dans ces pays
Avec un Parlement – CST et CT – désigné et unilatéral unique en son genre au onde , la finition de la réhabilitation du Rova de Manjakamiadana passera encore comme tant d’ autres gros projets générateurs de “bizzn ” , au cours de cette transition , comme une lettre à la poste. Bref, une Transition unique au monde comme ils le disent ” avo enta ” .
A quand la fin de tant d’ imposture à l’ endroit d peuple ?
Nous vous demandons le rétablissement de ce site.
La démocratie = Le démon crasse ici
Panem et circenses, voila ce qu’on retient de notre grand évergète dont le rôle se réduit à l’art d’empêcher que la plèbe ne s’ennuie. Qu’est-ce qu’on fête, au fait ? Rien de bien extraordinaire. Seulement, quelques farces de ce genre, de temps à autre, permettent d’habituer le troupeau à regarder derrière lui afin qu’il oublie son sort et ne voie pas où on le conduit.
Et en plus avec cette façon de sainte-ni-touche tout en infantilisant ce masochiste de peuple malagasy, par: “je suis le président de la transition qui fête la 1° anniversaire de notre IV° république”. Mais pourtant et en réalité c’est lui (Billy the kid) qui comme un enfant ignore totalement ce que c’est une parole d’homme (renier sa signature depuis Maputo jusqu’à l’application de l’actuelle feuille de route qui par exemple n’a point du tout stipulé qu’il faut “élargir” le CT et le CST qui par la suite voteront sur la libéralisation des détenus politiques). Et l’on aimerait bien que dans son discours tgv aurait fait un lapsus à son habitude on disant dimanche 11 décembre 2011: “je suis le premier président de la IV° république qui fête la 3° anniversaire de la transition !!!”. Et c’est peut-être pour cette raison que l’argent pour améliorer le vary mora ou le tsena mora a été transformé en afomanga mora. Et si ces feux d’artifice en retombant au sol ou plus exactement dans le lac Anosy deviennent non pas du vary mora mais des … foza orana mora, dia mahazoto mi-trèfle eo daholo è !
Bonjour,
Ca faisait fort longtemps que je n avais pas reagi a un article. La lassitude face a la situation a Dago, essentiellement.
A travers les msgs et les reactions, on semble ne voir qu un adoubement, celui de Sarko, qu une fete indigne, celle de TGV, et que des futilités d autant plus honteuses que la situation sociale et economique est catastrophique et que l Etat n en finit plus de se déliter et de se vendre, soit disant, a la France. Arguments maintes fois entendues, assez “porteurs” en temps de crise : la faute, c est l Autre et certains symboles en sont bien la preuve. Mais les choses importantes sont ailleurs.
Car peut on reprocher a la France en particulier et surtt a la CI dans son ensemble, de chercher une voie de sortie. La lassitude de la CI et probablement l effarement face au naufrage de Mada est certainement bien plus a la maneuvre qu un cynisme a la petite semaine, pathetique vu la maigreur des enjeux et incendiaire etant donné les risques constitués par la pêrpétuation de la crise.
Il faut bien constater qu il n y a quasi aucune reaction construite ou furieuse et désordonnée de la société malgache. Dans la rue comme au sein de la sphère politique, renoncements, lassitude sont aussi a la maneuvre. Pas de manifestations majeures d une alternative ou d un ras le bol majeur, alors que faire ? Acter la mise au ban définitive de Mada et les désagréments qui en découleront pour le malgache lambda ou tenter une voie, pas ragoutante, mais seule a ressortir des décombres. Faite d arrangement avec la legalité et la légitimité, de viol des Idéaux républicains et de malaxage de l Interet Supérieur de la Nation malgache, cette voie est sale, pleine de cailloux pointus et de déjections merdeuses, mais elle semble malheureusement la seule.
Car l unique responsabilité de ce qui se passe actuellement ne vient ni de la France, ni de la CI, ni meme de TGV et de ses sbires, elle vient uniquement de l acceptation – quelles qu en soient les raisons – silencieuse et complice, peut etre honteuse, mais qui s en soucie, de la société malgache de la situation actuelle. La HAT n est pas un pouvoir fort, au contraire et c est fort bien démontré dans cet article meme, l absence de réaction n en est donc que plus “criante” : elle signifie une acceptation aux yeux de l exterieur. Car en absence des instruments de la soumission, le silence du peuple vaut adoubement. Et cet adoubement des bouches cousues et des mains dans les poches est bien plus signifiant et devrait etre bien plus questionné que ce qui est en train de se passer dans les enceintes de l ONU ou de l Elysee.
+1
Je dirais même plus : +2 :-)
En effet, et ce d’autant plus encore lorsque nous sommes dans le pétrin, lorsque le déclin devient réel, notre mémoire devient sélective, nous nous raccrochons aux grands mots, et nous évitons d’assumer nos propres responsabilités : “arguments assez porteurs en temps de crise : la faute c’est l’autre”, comme vous le dites si bien.