Attention à l’électionnisme mora
Que ce soit pour les apparatchiks du régime hâtif ou pour les soi-disant Excellences diplomatiques, les élections ont été présentées la semaine dernière comme la porte de sortie de la crise. Sur le principe, tout le monde est d’accord. Toutefois, il serait utile de ne pas se verser dans un « électionnisme mora ». Appeler à faire des élections pour le plaisir de faire des élections, sans se soucier si le contexte est suffisamment apaisé pour les permettre, ne peut être que dangereux. Dès le 28 juillet 2009, votre serviteur titrait son édito ainsi : « Les bonnes questions font les bonnes réponses ». Et il me semble qu’à présent, la question fondamentale sur laquelle il faut se pencher est celle-ci : dans la configuration politique actuelle, le régime hâtif est-il capable d’organiser lesdites élections de façon propre, fiable, et afin qu’elles donnent des résultats qui s’imposent à tous ?
Le passé ne plaide pas en faveur de Rajoelina et de sa clique, arrivés au pouvoir par la force, et qui s’y maintiennent par la violence de la répression et de l’intimidation. De plus, de façon très concrète, le référendum du 17 novembre 2010 a été qualifié par la très respectable Commission nationale pour l’observation des élections (CNOE) comme étant « la pire élection qu’elle ait eu à observer ». La mise en place de la fameuse Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a donc rien apporté : normal, vu sa composition très discutable de vieilles planches prétendant constituer de nouveaux meubles. Aucune crédibilité donc pour la fanfaronnade de Rajoelina qui a publiquement et sans rire que le référendum de 2010 était le scrutin le mieux organisé de l’Histoire de la République à Madagascar. Avec ce pedigree peu flatteur, comment ce régime né d’un putsch militaro-civil pourrait-il prétendre à la moindre crédibilité en matière électorale ?
« Il est temps de redonner la parole au peuple » aime pérorer Andry Rajoelina. Mais diantre, pourquoi s’est-il alors permis de la lui enlever ? J’aimerai bien qu’il nous explique d’où vient son soudain respect du principe de scrutin au suffrage universel, alors qu’il n’a pas hésité à la fouler aux pieds il y a trois ans (remarque déjà effectuée le 9 juin 2011). Les gna gna de la Place de la démocratie et de la place du 13 mai n’étaient pas des élections. La foule de badauds qui s’y trouvaient n’étaient ni quantitativement ni qualitativement représentatives des citoyens malgaches.
Par conséquent, si d’une part les élections sont nécessaires, alors que d’autre part, le régime de transition n’a ni la capacité ni la volonté de les organiser suivant les règles de l’art, quelle est la solution ? Sans doute il n’y a que deux réponses possibles. Primo, mettre l’organisation des élections hors de la portée des auteurs du coup d’État, car ceux-ci n’auront que deux idées en tête : se mettre en pole-position, et écarter tous les adversaires dangereux. Avec une telle mentalité, comment envisager qu’ils aient envie d’élections équitables ? Secundo, créer un cadre normatif pour que ce régime hâtif sans foi ni loi cesse d’adopter un comportement à mi-chemin entre le Chicago des années 30 et le l’Afghanistan des Talibans. Cela implique le reformatage de la CENI (que nous demandons depuis sa création) ainsi que celui de la Haute cour constitutionnelle (HCC) : ces structures doivent être réellement indépendantes et neutres pour que la confiance s’instaurer. Une HCC dont le passé se caractérise par des jugements en faveur de celui qui distribue les prébendes ne saurait être respectable.
Si pour les vrais démocrates, qualificatif que nous refusons d’emblée à tout putschiste, les élections au suffrage universel sont une condition nécessaire, il ne faut pas oublier qu’elles ne pourraient être une condition suffisante. En effet, il y a d’autres conditions telles que l’équité, l’inclusivité et la compétition. Une élection sans réelle compétition ne pourra être qu’une farce. Une élection qui écarte ceux qui veulent se présenter ne pourra être qu’une bouffonnerie. Si le candidat d’État s’arrange pour écarter au nom de prétextes fallacieux les adversaires dangereux, afin de ne se retrouver que face à des comparses ou des tocards, il ne peut y avoir compétition.
Le dossier Ravalomanana.
Parler de sortie de crise implique de parler d’élections équitables, et parler d’élections équitables ne pourra se faire en éludant le sujet de la candidature de Marc Ravalomanana. Revendiquer cela ne signifie aucunement être pro-Ravalomanana et encore moins avoir la volonté de voter pour lui. Autoriser la présence du Chef d’État déchu aux élections est une condition sine qua non de l’apaisement, mais le régime hâtif n’y souscrira jamais, car les coûts seraient trop élevés pour lui.
Il y a sur ce sujet quatre points essentiels qu’il faut considérer par rapport à la résolution de la crise. Primo, le procès du 7 février qui sert de prétexte pour écarter le Président Ravalomanana n’était pas équitable : il n’a pas cité à comparaître les initiateurs de cette marche sur Ambohitsorohitra (MM. Rajoelina et Monja) ; et il n’a pas fait d’enquête sérieuse sur certains éléments, y compris balistiques, qui pourraient laisser penser qu’il y avait des armes du côté de la foule ; il n’a pas considéré les responsabilités des leaders qui ont amené la foule sur une zone rouge. Secundo, il y a des gens qui sont sous le coup d’une condamnation judiciaire, mais qui ont pourtant été autorisés à revenir au pays. Certains sont mêmes membres du gouvernement hâtif, avec une volonté affirmée de se présenter aux prochaines élections. Comment expliquer ce “deux poids deux mesures” ? Tertio, un Chef d’État écarté par la voie de la foule devrait avoir l’opportunité de se présenter devant les électeurs, afin que ceux-ci puissent réellement exprimer leur opinion sur le renversement dont il a fait l’objet. Quarto, il y a des citoyens, normaux, honorables et qui payent leurs impôts, et qui ont envie de voter pour Marc Ravalomanana. Au nom de quoi les gros bras, les grandes gueules et les petites cervelles qui pullulent dans le régime actuel pourraient-ils ôter leur droit à ces citoyens, au nom d’une certaine pensée unique ?
Les manœuvres dilatoires pour écarter Marc Ravalomanana des élections ne montrent donc finalement que la crainte hâtive de deux choses. Primo, la crainte de l’envergure d’un candidat potentiellement dangereux, qui a encore des réseaux, qui possède des moyens, qui est encore présent dans l’imagerie populaire, et surtout qui peut capitaliser la grogne et le ressentiment croissant actuel. Secundo, la crainte du camouflet si jamais il faisait un score honorable, faisant ainsi voler en éclats et au grand jour le mythe du soutien populaire intégral à la Révolution orange, ainsi que le mythe « du rejet de Ravalomanana par toute la population malgache », selon l’argumentaire pour justifier le coup d’État.
Mais quel que soit le cas de figure, le dossier Ravalomanana s’annonce épineux pour le régime hâtif. Option 1 : l’autoriser à revenir et à se présenter. Option 2 : ne l’autoriser ni à revenir ni à se présenter. Option 3 : l’autoriser à revenir à condition de ne pas se présenter. La première option est problématique, pour les raisons abordées précédemment. Les deux autres options sont également problématiques, car elles vont renforcer la fracture au sein de la société malgache, et développer la frustration : celle-ci sera un ferment pour la future crise, autant que la frustration des pro-Ratsiraka en 2002, et qui se sont empressés de manœuvrer pour soutenir un coup d’État dès qu’il y a eu une opportunité. Les frères Rapetou qui pensent donc que le dossier Ravalomanana est insignifiant par rapport à la sortie de crise font donc montre de légèreté (1).
La communauté internationale comme balise ?
Dans les évocations de solutions possibles pour tenter de rendre un peu moins sales des élections qui ne pourront que l’ être a priori si elles sont sous influence hâtive, beaucoup de monde pense que la solution viendra de l’étranger. Les uns parlent d’élections organisées par l’ONU ; d’autres demandent une observation internationale pour valider les résultats ; et d’autres encore demandent à ce que la communauté internationale fasse pression de manière plus forte pour obliger le pouvoir actuel à revenir à une pratique plus orthodoxe en matière de respect de la démocratie et des droits de l’homme. Foutaises, comme disait dans un temps pas si ancien mon ami Basile Ramahefarisoa.
Sur le premier point (élections organisées par l’ONU), je pense que ce serait dommage de ne pas chercher à mettre en valeur l’expertise de techniciens malgaches pour organiser des élections propres dans leur propre pays. Il y a eu quelques rares expériences positives qui ont été moins pires que les autres (par ex. 1996/1997). La clé a été un contexte institutionnel qui a permis une relative neutralité de l’organisation et du juge électoral. Par conséquent, tant que cette neutralité n’est pas garantie dans les faits, on pourra appeler l’ONU autant que l’on voudra, ce ne sera que du temps perdu.
Sur le deuxième point, je ne crois aucunement en la capacité des observateurs internationaux à assurer une observation correcte des élections à Madagascar. La plupart du temps, il y a des équipes de quelques observateurs, qui vont faire semblant de visiter quelques bureaux de vote, de préférence dans des villes et à leur proximité. L’avis de ces observateurs internationaux, tout vazaha qu’ils sont, n’est donc qu’un parfum très très lointain de la réalité. Par conséquent, la seule solution est de renforcer les capacités des observateurs nationaux, qui sont les seuls capables de couvrir efficacement près de 18.000 bureaux de vote répartis sur tout le territoire.
Sur le troisième et dernier point, je ne crois pas à la capacité de la communauté internationale à faire pression. On a vu depuis trois ans son inefficacité à faire plier des dirigeants autocratiques pour leur faire adopter un comportement plus honorable. Puis, au mois de juin 2011, la Banque mondiale avait accordé un prêt dans le domaine de l’environnement, en agitant l’épouvantail de suspension en cas de non-amélioration de la situation dans le domaine des trafics de bois précieux. La communauté internationale a-t-elle encore la bêtise de se nourrir d’illusion sur sa capacité de pression, alors que les réseaux qui phagocytent la vie du pays sont de plus en plus étendus, et uniquement motivés par l’Intérêt supérieur de leur ration, au détriment de toute autre considération ?
J’ai longuement Skypé avec un diplomate il y a quelques jours. Face à mes critiques sur l’empressement de la communauté internationale à reconnaître le régime hâtif, alors que tant de sujets dans le débat de fond ne sont pas encore résolus, ce diplomate m’a en substance dit ceci : « vous avez tort de croire que nous sommes aveugles. Nous sommes conscients de tous les dérapages de ce Gouvernement, et de ses tentatives pour nous faire avaler des couleuvres. Mais nous sommes également convaincus que le seul moyen de limiter les dégâts est de dialoguer avec les autorités de transition. Les sanctions ont échoué. On ne peut pas espérer des avancées en matière de médiation tout en pratiquant une politique de la chaise vide. En revenant à un dialogue politique de haut niveau, on se donne la possibilité d’avoir une voix au chapitre (a seat at the table), et de pouvoir influer un minimum sur la suite des événements ».
La reconnaissance mora qui se profile est donc motivée par le prétexte « d’empêcher de ». Dernière (bonne) question : qu’est-ce qui garantit à la communauté internationale que ça ne va pas plutôt « encourager à » ?
_____________
(1) Il faudra s’attendre à entendre certains braire de bon coeur et de bon matin qu’aborder la question de la candidature de Marc Ravalomanana comme mesure d’apaisement incontournable et condition de la réconciliation signifie le soutenir, ou être téléguidé par lui.
POST-SCRIPTUM.
Il me semble que le problème peut se résumer en une phrase. Si Rajoelina se présente alors que Ravalomanana est empêché de le faire, l’élection aura toujours une image d’inéquité et ses résultats seront contestés. Si les deux se présentent, le perdant refusera toujours les résultats, appellera à la fraude et et ses résultats seront contestés. La seule solution pour des élections apaisées est donc qu’aucun des deux ne se présente.
Le Grand Hâtif avait déjà annoncé publiquement son intention de ne pas se présenter. Mais actuellement, ses “stratèges” (lol) se creusent les méninges (re-lol) pour faire admettre sa candidature malgré cette promesse. Aux hit-parade des idées foireuses : il n’est plus tenu par cet engagement car la communauté internationale ne l’avait pas reconnu à l’époque, comme c’était prévu en contrepartie. Qu’on se le dise : son engagement en public était clair (y compris devant les caméras de France 24), et à aucun moment ne faisait état de conditionnalités.

Salut
Viens de voir en Français un JT rendant compte rendu des 4 jours de liesse populaire au palais : Effrayant on se croirait dans une prospère dictature Sud Américaine ou le président parle de ‘grâce’ pour les journalistes ayant été condamnés pour délit de presse et ou les Marriachis poudrés se plaignent de la concurrence étrangère ..
.Les onze millions de sous pauvres ? A la benne ……
Heureusement que Mamy . R et le représentant des entreprises ont rentabilisé leur déplacement en recadrant quelque peu le débat ….
Sans être adepte de la théorie du complot j’espère que les rumeurs du retour imminent de Marc .R ne sont que des rumeurs .
En effet vu le climat délétère au sein de la police , un assassinat politique suivi de couvre feu / d’état d’urgence et d’un directoire militaire favorisant la main mise de la HAT sur l’état pendant de nombreuses années n’est pas a exclure …
Plus d’interrogations ainsi quand aux futures élections .
Ces 4 jours de voeux outre leur coût ( peut on l’estimer ? ) m’intriguent ; ils ressemblent plus a un couronnement qu’a l’annonce d’un proche futur départ ….
A un des pays les plus appauvris au monde par l’avidité et l’incompétence de ses dirigeants où les kalachnikovs tirent des balles d’uzi ,où les policiers tuent les magistrats où le président, animateur de soirées disco, à besoin de quatre jours pour dire bonne année aux people , je souhaite de toutes mes forces courage et vigilance !
Marc.H
Harmelle,
Le DJ est un homme de communication. Il sait qu’il faut occuper les esprits et s’y positionner en association avec les symboles du pouvoir. Apparaitre dans des scènes théatralisées comme un ersatz de Roi-Soleil, et être vu le plus souvent possible au Rova, symbole de la Royauté : il faut être doté d’une cervelle d’écrevisse pour y trouver un quelconque intérêt. Beaucoup de paraître pour cacher le manque d’être.
Bientôt on va nous sortir les adidy ny mifidy pour des élections auxquelles nous n’adhèrerons peut être pas.
Mais c’est le moment à la population d’apprendre que voter est un droit et nullement une obligation, du moins dans notre pays. C’est le moment de comprendre ce que veut dire une élection démocratique : libre, transparente et régulière.
Car si on saisit facilement que l’empêchement d’un candidat à se présenter traduit que cette élection n’est pas libre, il ne faut pas que ça occulte d’autres faits comme par exemple celui d’un Ampanjaka qui dicte le vote à sa communauté, sans que personne trouve ça anormal.
Une alphabétisation électorale de masse est nécessaire, non pas dans le sens de vouloir boycotter toute prochaine élection qui se présente, mais pour espérer une amélioration de la participation responsable de la part des électeurs.
Je me répète, je sais, mais il est illusoire de parler de démocratie si les 3/4 des acteurs ignorent leurs rôles et les règles de cette démocratie. Cette Communauté Internationale qui se laisse mener en train par les putschistes devrait savoir travailler dans ce sens au lieu de penser à empêcher, alors qu’en effet ils encouragent et donnent largement les moyens.
Ce régime de pitres serait certainement capable d’édicter une loi où le vote sera obligatoire. Et je pense que si le Grand Hâtif avait cette lubie, la HCC se dépecherait d’entériner. Quand on a vu tout ce qui a été validé en 2009, on se dit que tout est possible.
Concernant l’alphabétisation et son importance dans la démocratisation, il faudra se pencher sur le cas du Mali, reconnu comme étant une démocratie alors que ses taux d’alphabétisation et de scolarisation sont moins élevés qu’à Madagascar.
Précisions : je parlais “d’alphabétisation électorale”, et non d’alphabétisation tout court, i.e, apprendre les bases d’une élection. Car pour une grande partie de nos électeurs, ils vont voter parce qu’on leur demande de le faire.
OK, autant pour moi. Mes maigres connaissances en science politique ne vont pas jusque là :-)
Wep … D’accord avec Ndimby.
Quel serait le seuil d’alphabétisation qu’il faudrait atteindre pour “décider” de la maturité des électeurs?
Et puis, il y a des analphabètes plein de bon sens et des gens éduqués … bref … La situation actuelle l’illustre bien.
Le pire étant toutefois les quasi-analphabètes vides de bon sens, et qui se retrouvent dans une situation de pouvoir quelconque…
Pitch, la question n’est pas d’évaluer si les électeurs sont mûrs ou pas avant d’avancer. Cela fait des années qu’on vote des Voninahitsy, des Jao Jean et assimilés parce qu’on a rien compris de l’essentiel des élections.
On ne va pas se retrouver du jour au lendemain avec des Mère Teresa remplissant nos hémicycles, mais quelque part il faut bien œuvrer pour faire augmenter les votes responsables.
Les 3 lignes de conclusions disent tout…
La communauté internationale a fermé les yeux devant le fait qu’il ne fallait pas grand chose pour décupler un ego si « anormalement démesuré » qu’il faut un pléonasme pour en approcher la taille !
C’est que tous ces petits gestes ne sont pas sans conséquences et pour longtemps sur un pays entier.
Il faut très peu de choses à celui qui est au pouvoir pour croire qu’il s’est élevé au firmament et aurait obtenu le droit de vie et de mort sur ce grand pays: une petite invitation par-ci, une petite lettre de créance par là etc… mais surtout les invitations il aime bien ça…
Il est judicieux et courageux de ta part de parler de Ravalomanana surtout que tu as toujours affirmé n’avoir jamais voté pour lui et pas plus l’intention de la faire.
Comme tu le dis ce sont les bonnes questions qui importent.
Personne ne veut mettre sur la table que cet homme est un des nœuds essentiels du problème. On entend souvent dire dire qu’il ne faut pas focaliser les problèmes du pays sur un seul homme.
Soit, mais faire comme si il n’a jamais existé pour le pays alors que d’une part on continue jusqu’à aujourd’hui à lui attribuer tous les maux du pays sans pouvoir dépasser cela révèle un grand malaise au sein des dirigeants actuels.
Les gens sereins tracent leur route non ?
C’est que prix fort à payer pour les coups d’état c’est la paranoïa et la paranoïa d’un pouvoir est source de beaucoup de maux en premier lieu la transgression de toutes les règles démocratiques.
Si on ne teste pas les Malagasy sur ce qu’ils en pensent réellement, il n’y aura pas d’apaisement et il planera toujours une ombre sournoise sur l’avenir politique du pays.
Je suis parfaitement d’accord que cette élection doit se dérouler dans de bonnes conditions et le début du début c’est de libérer toutes les formes d’expression afin que les journalistes et toutes les formes de conscience politique s’expriment pour le bien de tous les citoyens.
Je ne t’ai pas présenté mes vœux pour la nouvelle année, je voudrai plutôt me tourner vers le passé et te remercier toi et tous ceux qui ont continué à entretenir un vrai débat de citoyens malgré la lassitude que je devine rampante chez la plupart d’entre nous.
Merci d’avoir compris que la lucidité sur les vrais obstacles vers une vraie solution passe par un traitement du dossier Ravalomanana, si on veut une sortie durable, que l’on soit pour ou contre lui.
Merci cher, très cher Ndimby. Votre tenace et courageuse contribution depuis 3 ans pour éclairer le débat dans ce brouillard de coup d’état françafricain et guider notre réflexion dans ce cloaque de l’Entertainment politique imposé nous est précieuse comme l’étoile du berger !
À quand un article bien léché comme on les apprécie de votre plume sur l’exercice de la profession de journaliste à Madagascar et son impact sur la situation actuelle ?
J’apprécierais infiniment (et je ne pense pas être le seul) votre point de vue et votre analyse sur les questions d’éthique, de responsabilité et d’engagement professionnels, de formation, de motivations…
Si les journalistes ne s’imposent pas comme premiers empêcheurs de tourner en rond pour les citoyens et les hommes politiques de leur pays, alors à quoi servent-ils, sinon à une collusion pour la perpétuation de “l’ordre” élitiste établi et défendu par les tout-puissants mégalomen du monde ?
C’est délicat, je le conçois, mais c’est à votre portée, isn’t it ?
Amitié ;-)
CM
CM
On en reparlera très bientôt.
Bonjour,
Oui, tout semble etre “mora” dans la pensee et actes des tenants de ce regime jusqu’a reussir a retrograder ( et la “souillure” de l’image institutionnelle en decoulera) la place de Madagascar…..jusqu’a la ……”premiere place” des pays les moins “economiquement” avances :
http://www.forbes.com/sites/danielfisher/2011/07/05/the-worlds-worst-economies/
The World’s Worst Economies
Maintenant le dossier Ravalomanana.
Que contient-il exactement? Des elements relatifs a ses biens, a sa personne et sa famille ? Ces derniers temps, on apprend un retour inevitable, souhaitable, imminent, mais parallelement des oppositions se manifestent .
Mais que fait la “justice”, s’il y en a une dans ce pays ?????
Andry Rajoelina ( bien soutenu par le “juriste defroque” Ratsirahonana) n’a-t-il pas (A Maputo en Aout 2009) reconnu l’irregularite du proces qui a eu lieu en 2009, et a l’issue duquel des decisions ont ete rendues. On peut meme se permettre de dire , a sa place, que c’etait une pratique inquisitoire, la signature d’un de ces decrets politiques courants dans les regimes totalitaires.
Au-dela du cas Ravalomanana , du qualificatif “criminel” (contre l’Etat, la Nation = territoire et population) du coup d’etat 2009, de cette hate a organiser des elections dans des conditions tres tres peu favorables, on pourrait reflechir sur ce qu’est une transition, ses limites, delimitations et surtout le role de la Justice durant cette periode. Car c’est surtout l’intrumentalisation de cette derniere qui est en cause ( dernier exemple : Cote d’Ivoire et roles respectifs de leur CNEI/Cour Constitutionnelle).
Si l’on arrive a atteindre un consensus sur la pratique de la justice (surtout en periode de transition) nous construirons un pouvoir regulateur, un rampart contre l’arbitraire. Tout processus sanctions/reparations sera accepte aussi bien par les auteurs que les victimes ( et ayant-droits).
J’ai remarque le Vonjy Aina du Pr Raymond Ranjeva. J’y ai particulierement apprecie la volonte de recherche d’un cadre (juridique) dans lequel appliquer une ou des strategies visant surtout l’accompagement d’une reconstruction d’Etat ( ou tout simplement fiarahamonina ampilaminana maharitra).
Bon courage a Ndimby A. & Co
Kitana
Beaucoup aimeraient voir — comme moi — le portrait de cet illustre inconnu — le nommé René Rasolofo, CST de son état — qui ose réclamer haut et fort que les 25 millions Fmg/ mois que lui et ses congénères avaient touché avant d’ être revus récemment à la baisse à 13 millions fmg ne lui suffisent pas . Réduction pour cause d’ insuffisance budgétaire avance – t – on innocemment.
Chiche que lui et ses comparses aillent faire aussi la grève comme le font actuellement les membres du Seces ou avant eux les Fram, les paramédicaux et bien d’ autres encore catégories socio – professionnelles pour obtenir gain de cause. Sauf que le cas de ces derniers n’ ont rien de comparable par rapport à celui des CST et CT ( grassement payés pour ne rien faire sinon à lever la main à chaque dossier à voter dans lequel ils n’ y comprennent un traitre mot ! )
Ce que je trouve dommage c’ est que , à Madagascar , on n’ ait pas suffisamment d’ arguments intelligents et concrets pour faire valoir des revendications salariales et autres.
Nos braves enseignants , chercheurs et étudiants de l’ université au lieu de pleurnicher sur leur sort , de menacer de pas arrêter leur mouvement avant la « victoire finale » etc feraient mieux de brandir sur des banderoles gros comme ça des inscriptions du genre :
” Est – ce juste de payer des Cst/ Ct — désignés et non élus — dont parfois ce sont des couples , des gens d’ une même famille , des concubins et j’ en passe et des meilleurs dont le seul mérite est d’ avoir signé cette fameuse feuille de route qui permet à Andry Rajoelina & consorts de diriger ad vitam aeternam la transition ?”
Ou encore: ” Est – ce juste de voir des fonctionnaires – des commis de l’ Etat – rouler dans des véhicules 4 X 4 et / ou des berlines flambants neufs de plusieurs dizaines de millions d’ ariary carburants et entretiens et gros salaires en sus alors que plus de 85% de la population – le » fameux « vahoaka » chanté à hue et a dia – crèvent la dalle ? Alors que ce que réclame individuellement – et non en vrac comme a coutume de le faire le mégalo ministre des Finances – n’ a absolument rien avoir avec ce que dont disposent déjà – ou réclament individuellement encore les CST et les CT
Mais , franchement , qui est – ce Cst René Rasolofo ? Un numéro ? Un comique ? Son intervention a eu lieu , hier , au palais de Tsimbazaza … Comme toujours , nos journalistes , par manque de professionnalisme avéré seront comme toujours à côté de la plaque en n’ ayant pas des analyses intelligentes et justes face à ce genre d’ inepsie.
Est — ce que ce type sait au moins les graves problèmes auxquels font face aujourd’ hui les pays développés , la fameuse Communauté Internationale à laquelle ce CST René Rasolfo vient mendier au nom des « parlementeurs » malgaches pour que celle – ci apporte ses contributions sans lesquelles , d’ après le même René Rasolofo , les “parlementeurs ” malgaches ne pourront pas travailler sereinement ? Non, mais , ce type est vrai fou à lier ou quoi ?
René Rasolofo sait – il seulement que ,dans cette Communauté Internationale à laquelle il fait demander à Andry Tgv de l’ argent, il y a des personnes , des familles entières qui ne disposent même pas l’ équivalent des 13 millions ou 25 millions Fmg que lui gratifient déjà – à leur corps et leur coeur défendant – les contribuables malgaches ? Et voilà que René Rasolofo tend encore la main à la Communauté Internationale en plus de ce que celle – ci va donner – si bien sûr tout va bien ! – pour l’ organisation des élections.
Décidément, de nombreux malgaches sont aujourd’ hui à l’image du CST René Rasolofo dans leurs velleitées d’ éternel assistanat.